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Selon l’Onu: La persistance des tensions politiques entrave les progrès vers la paix dans la sous-région

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Au cours des six derniers mois, les crises principalement liées à des processus électoraux récents ou à venir, ont persisté dans certains pays d’Afrique centrale. C’est la ligne de force du récent rapport du Secrétaire général de l’organisation internationale sur la question.

Faisant état de tensions en continu qui ont entravé les progrès vers la consolidation de l’état de droit, la paix et le développement, François Louncény Fall (Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) qui présentait le rapport a craint pour les droits de l’homme, notamment les libertés d’expression et de rassemblement, alors même que l’espace politique ne fait que se rétrécir.  

Avant de passer en revue les principaux faits survenus dans la sous-région en matière de paix, de politique et de sécurité, Fall Louncény Fall a dit avoir maintenu un contact régulier avec les parties prenantes, en particulier les gouvernements et les responsables politiques, «pour faire le plaidoyer en faveur de la résolution pacifique des différends à travers un dialogue inclusif et franc».

 

D’un pays à l’autre

Commençant par le Gabon, il a indiqué que le dialogue national, tenu du 29 mars au 25 mai, avait produit une série de recommandations concernant notamment les réformes institutionnelles et électorales. Cependant, comme des critiques ont été formulées par certains chefs de l’opposition quant au résultat de ce dialogue, il a fait part de son intention d’utiliser ses bons offices pour continuer à apaiser les tensions entre tous les acteurs.

Au Cameroun, a poursuivi le Représentant spécial, les tensions semblent s’apaiser progressivement suite aux mesures annoncées par le gouvernement pour répondre aux revendications formulées par des avocats et des enseignants dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest. En outre, après trois mois d’interruption, Internet a été restauré dans ces régions.  Il s’est toutefois inquiété de la détention de 24 civils, dont trois dirigeants du mouvement anglophone.

Par ailleurs, en République du Congo, où Fall Louncény Fall s’est rendu, les tensions liées à l’élection présidentielle de mars 2016 et la crise qui a suivi dans la région du Pool entre le Gouvernement et l’opposition ont continué de s’envenimer. Il a donc encouragé les parties prenantes, en particulier le Gouvernement, à promouvoir le dialogue et à garantir un accès humanitaire à cette région.

En ce qui concerne la République centrafricaine (RCA), dossier sur lequel le Conseil de sécurité s’est penché récemment avec l’exposé du Représentant spécial Parfait Onanga-Anyanga, il a rappelé que le Secrétaire général avait lancé un plan d’action pour répondre à la récente flambée de violence dans le sud-est du pays. Le BRENUAC, a-t-il assuré, collaborera étroitement avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) pour revitaliser le processus de paix.

Alors que les membres du Conseil de sécurité se sont rendus dans la région du Bassin du Lac Tchad en mars dernier, M. Fall leur a rappelé combien les activités de Boko Haram avaient sapé le développement et exacerbé les difficultés économiques.  En dépit des progrès militaires réalisés par la Force multinationale mixte (FMM), le groupe terroriste continue de menacer la stabilité régionale.  Dans ce contexte, deux équipes du BRENUAC se sont rendues au Tchad et au Cameroun le mois dernier pour évaluer l’impact de Boko Haram sur la population.

Il ne faut pas sous-estimer la menace posée par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), a également averti M. Fall, d’autant plus que l’Ouganda et le Soudan du Sud se sont retirés de la Force régionale d’intervention de l’Union africaine après le désengagement des Forces spéciales des États-Unis.  Il s’est préoccupé de l’impact de ce retrait qui va créer «un vide sécuritaire» laissant la possibilité de l’exploiter à la LRA et à d’autres groupes armés dans la région.  La Minusca n’est pas mandatée pour mener des opérations militaires contre la LRA et les Forces armées centrafricaines ont encore besoin d’être formées, s’est-il de plus inquiété.

Le Chef du BRENUAC a ensuite fait part de l’évaluation de la situation en matière de paix et de sécurité dans la sous-région lors de la quarante-quatrième réunion ministérielle du Comité consultatif permanent des Nations unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale, qui s’est tenue à Yaoundé, Cameroun, du 29 mai au 2 juin.  Les membres du Comité ont adopté une déclaration dans laquelle ils préconisent un certain nombre de mesures relatives aux méthodes de travail du Bureau, dont un renforcement des synergies avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

M. Fall a par ailleurs salué l’entrée en vigueur, le 8 mars, de la Convention de l’Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et de toutes pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage - aussi appelée «Convention de Kinshasa».

En termes de coopération, il a fait part des efforts qui ont permis de renforcer celle-ci entre le Bureau et ses deux principaux partenaires sous-régionaux - la CEEAC et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Le BRENUAC, a-t-il assuré, continuera de renforcer sa collaboration avec les envoyés et représentants spéciaux du Secrétaire général, les directeurs régionaux des entités du système des Nations unies, ainsi que les coordonnateurs résidents présents dans la sous-région.  Il continuera aussi de mobiliser l’architecture de consolidation de la paix des Nations unies, y compris le Fonds pour la consolidation de la paix et la Commission de consolidation de la paix, en vue de la poursuite des objectifs communs de prévention des conflits et de consolidation de la paix en Afrique centrale.

«Le BRENUAC souhaite un engagement résolu du Conseil de sécurité en faveur de la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique centrale, et réaffirme son engagement à travailler étroitement avec les États Membres dans la sous-région d’Afrique centrale en vue d’atteindre cet objectif», a conclu le Représentant spécial. 

Après cet exposé, le représentant de la Bolivie a tenu à exprimer ses inquiétudes face au nombre -10 millions- de personnes de la région du bassin du lac Tchad qui ont toujours besoin d’assistance humanitaire, appelant la communauté internationale à venir en aide à cette population.

La violence causée par le groupe terroriste Boko Haram a réellement mis à mal les populations de la région du bassin du lac Tchad, a renchéri son homologue uruguayenne.  Vu le nombre de personnes concernées, il s’agit là d’une des plus graves crises humanitaires de la planète, a-t-elle souligné.

Préoccupé lui aussi par la détérioration de la situation socioéconomique et humanitaire en Afrique centrale, le représentant du Kazakhstan a jugé crucial de s’attaquer aux causes profondes des conflits de la région en mobilisant tout le soutien des organisations régionales et des institutions spécialisées des Nations unies. 

Fall Louncény Fall a toutefois réaffirmé l’engagement résolu du BRENUAC de continuer à travailler avec les États Membres et les partenaires de la sous-région à l’objectif de prévention des conflits et de consolidation de la paix.

Source: Onu

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