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Développement de l’agro-industrie: L’Afrique centrale prépare l’après-pétrole

Écrit par  Didier Ndengue

La 32e session du Comité intergouvernemental d’experts (CIE) de l’Afrique centrale tenue du 24 au 26 février 2016 à Douala, a traité essentiellement des questions liées au secteur agricole dans la région.

Ce vendredi 26 février marque la fin des travaux de la 32e session du Comité intergouvernemental d’experts (CIE) de l’Afrique centrale. Cette rencontre a précédé la réunion ad hoc d’experts de la même région qui se sont penchés sur la promotion du commerce intra-régional au moyen des technologies de l’information et de la communication (TIC). La rencontre du CIE qui a clôturé la semaine, avait pour thème central : «Valoriser le potentiel agricole de l’Afrique centrale pour le sécurité alimentaire et la transformation structurelle de la sous-région». Les réflexions dans ce sens avaient déjà été engagées lors de la précédente réunion du CIE à Brazzaville en République du Congo. Elles interviennent comme une sorte d’alternative à la chute mondiale des hydrocarbures. Celle-ci a des répercussions  négatives sur les économies des pays de la sous-région Afrique centrale. «La chute des cours internationaux du pétrole… a pour effet de détériorer les finances publiques et les comptes courants dans la majorité des pays de la sous-région qui en sont producteurs», a indiqué Emile Ahohe, directeur du bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA/BSR-AC). C’était lors de son discours d’ouverture de la 32e session du CIE à Douala. Si cette tendance du pétrole au niveau mondial se poursuit, le patron de la CEA est persuadé qu’elle engendrera «des risques multiformes sur les performances économiques et sociales de plusieurs pays de l’Afrique centrale». D’où l’urgence de se tourner vers les produits de base. A l’occurrence l’agriculture qui peine toujours à prendre corps dans les pays de la sous-région faute des infrastructures adéquates. Le secteur agricole a donc meublé les travaux du CIE. Le rôle des experts étaient cependant, de réfléchir sur les stratégies qui permettraient à leurs Etats de valoriser leurs immenses potentialités agricoles, avec pour objectifs d’assurer la sécurité alimentaire et de promouvoir la transformation structurelle des économies par le développement de l’agro-industrie.

 

Éliminer le chômage, la pauvreté et la famine et la malnutrition  

A lui seul, le secteur agricole constitue une manne pour la sous-région. Il représente diverses opportunités non seulement pour la réalisation d’une croissance plus rapide et inclusive, mais aussi pour la création massive d’emplois. Le directeur de la CEA en Afrique centrale qui fait ce rappel, est convaincu qu’ «une industrialisation du secteur agricole à grande échelle permettrait également d’éliminer l’extrême pauvreté, la faim et la malnutrition ainsi que les problèmes de sécurité alimentaire en Afrique centrale».  Avant d’y parvenir, il y a des obstacles à franchir. Parmi lesquels : le déficit de qualifications ; le coût élevé des facteurs de production ; la faiblesse des rendements pour les différentes cultures ; l’insuffisance des pistes rurales ; la fragilité des services d’appui ; l’étroitesse des marchés ; l’inorganisation des circuits de commercialisation ; les difficultés d’accès aux crédits bancaires ; ainsi que le déficit d’infrastructures et de services sociaux de base. Toutes choses qui ne sauraient contribuer au démarrage effectif de l’agro-industrie dans les pays concernés. Sur la base donc des documents élaborés par la CEA, les experts ont échangé sur plusieurs questions qui freinent l’envol du secteur agricole dans la région. Leurs travaux ont accouché de fortes recommandations qui seront soumises à la connaissance de la IXème réunion annuelle conjointe de la Conférence des ministres de l’économie et des finances, de la planification et du développement économique de la CEA qui se tiendra du 31 mars au 05 avril 2016  à Addis-Abeba, en Ethiopie sur le thème : «Vers une approche intégrée et cohérente de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation de l’agenda 2063 et des Objectifs de développement durable (ODD)».

 

Accaparement des terres

Les assises de la 32e session du CIE ont rendu public leur rapport dans l’après-midi du 26 février dans la capitale économique camerounaise. En dix pages, ce document approuvé à l’unanimité par les participants, est riche en propositions. D’abord sur l’état des lieux portant sur le thème principal de la réunion dressé par deux panélistes, on retient que «les conditions sont propices à la pratique de l’agriculture en Afrique centrale, mais que l’offre agricole y est insuffisante par rapport aux potentialités physique et humaines. Il apparaît notamment que la structure nationale des exportations agricoles montre une forte dépendance de chaque pays à l’égard de 1 à 3 produits seulement». Grâce aux recommandations formulées à la suite de ce triste constat, la sous-région peut envisager un meilleur avenir agricole. Seulement, les experts ne s’arrêtent pas que là. Ils poussent le pion un peu plus loin dans leurs analyses en mettant en relief les problèmes de productivité auxquels sont confrontés les opérateurs du secteur agricole de l’Afrique centrale dans un contexte caractérisé par l’insécurité. «Ils ont déploré l’impact négatif de l’instabilité sociopolitique sur les éleveurs et le bétail qui sont souvent contraints aux déplacements en période de crise», renseigne le rapport des travaux. L’un des panelistes a également passé en revue les implications des changements climatiques et de l’accaparement des terres pour la valorisation du potentiel agricole en Afrique centrale. Sur le premier point portant sur l’accaparement des terres, les experts sont formels : «l’Afrique centrale est au cœur d’enjeux stratégiques à en juger notamment par l’intérêt croissant des industries pharmaceutiques, cosmétiques et biotechnologiques ainsi que les producteurs de biocarburants pour ses forêts et ses terres agricoles». Ils ont déploré le manque de transparence dans le processus d’acquisition de grandes surfaces de terre en Afrique centrale.


  

Réaction

 

Emile Ahohe, Directeur de la CEA Afrique centrale

«Promouvoir le développement par l’agro-industrie»

Nous avons pris l’initiative, avec l’appui du Bureau de liaison et de partenariat de la FAO au Cameroun, d’organiser au cours de cette session du CIE, une série de discussions dédiées à un thème central. Ces discussions se justifient par la nécessité de réserver un cadre spécial permettant aux experts des pays de la sous-région de réfléchir et d’échanger sur les stratégies qui permettraient aux pays d’Afrique centrale de valoriser leurs immenses potentialités agricoles, avec pour objectifs d’assurer la sécurité alimentaire et de promouvoir la transformation structurelle des économies par le développement de l’agro-industrie.

 

Obone Assoumou Horpy Chancia Epse Ebackaub, Directeur adjoint du commerce extérieur du Gabon

«Le Gabon est déjà dans l’après-pétrole»

Les travaux se sont bien déroulés. C’est une plus-value en ce qui concerne le développement de notre sous-région. Parce que pour cette réunion, les thématiques ont été claires. C'est-à-dire la promotion des échanges via le e.commerce, et deuxième thématique : «valoriser le potentiel agricole de la sous-région».  Notre délégation est satisfaite de ces assises. Au Gabon, le secteur agricole promet. En ce moment même, nous avons un projet qu’on appelle «Graine» qui est là parce qu’il faut valoriser bien sûr le secteur agricole gabonais. Le projet «Graine» fait partie des piliers phares de notre président M. Ali Bongo Ondimba, et qui porte vraiment une grande attention sur ce secteur. Pour lui, la stratégie est le développement de l’après pétrole. Vous conviendrez avec moi qu’en ce moment, ce secteur a un petit souci. C'est-à-dire une baisse significative du prix du baril qui est là. Je crois que ce projet «Graine» vient, à ne point douter, renforcer la stratégie de notre élu président de la République.

 

M. Béringar Maïna Ndomnabaye, Représentant résident de la BDEAC au Cameroun

«Nous attendons des projets concerts»

C’était un thème très important au moment où il est de plus en plus question de la diversification des économies. Notamment dans ce contexte de baisse des prix des hydrocarbures qui impacte de manière très importante les pays qui sont exportateurs de pétrole au niveau de notre sous-région. Et nos différents pays sont à vocation agricole. Il était donc important de réfléchir sur cette thématique de manière à proposer aux décideurs des axes pour la mise en œuvre effective de politiques efficaces d’appui à la production, à la conservation et à la transformation de produits agricoles diversifiés, pour la consommation interne et à l’exportation. La BDEAC y voit une opportunité, en ce qui concerne les projets qui pourraient faire l’objet de son intervention, aussi bien au niveau de l’accompagnement de la production paysanne ou industrielle qu’au niveau de l’agro-industrie. Nous attendons au niveau de la Banque que les axes qui ont été définis donnent lieu à des projets concrets, bien étudiés et qui soient bénéfiques aussi bien pour les producteurs et  les transformateurs, que pour ceux qui vont en assurer la commercialisation.

Propos recueillis par Didier Ndengue

 

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