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Cécile Léonie Akame Mfoumou: La «fille du père» porte la Croix-Rouge

Écrit par  Bobo Ousmanou

Au delà d’être l’héritière testamentaire de William-Aurélien Eteki Mboumoua, la nouvelle présidente nationale de l’institution humanitaire est surtout une femme en marche pour la réalisation d’un programme.

«Mater! Mater!» En chœur, quelques bénévoles ont répété le mot au perron du siège national de la Croix-Rouge camerounaise (CRC). C’était le 21 août dernier. Visiblement, ce jour-là, la valeur affective de ce «camerounisme» trahissait l’attrait qu’exerçait sur tous, celle qui, quelques heures après, allait devenir la première femme présidente du CRC. Pour rendre compte (en direct) du résultat du scrutin à la succession de l’emblématique William-Aurélien Eteki Mboumoua, Jean-Pascal Tsala, journaliste à Magic FM (une radio de la capitale) se fend en prose. «Voici Cécile Léonie. Belle voix grave. Phrasé très précis. Le tout servi par un anglais et un français impeccables. Voici Mme Akame Mfoumou. Teint noir ciré, œil clair. En évidence, une  coiffure à la géométrie simple. Voici la «Mater», une présence sans nuance et  profonde. Voici la présidente nationale de la CRC, une femme allurée, domptant sa cinquantaine avec flamboyance et qui, depuis sa tendre jeunesse, se passionne pour l’humanitaire… Il faut dire que sa journée a été rythmée par l’adrénaline, même si parmi les ingrédients qu’elle a mis dans le mixeur électoral, il y a surtout le calme, la savante ordonnance des arguments et l'harmonie de la pensée. Juste de petites énergies, très loin des traits rageurs et instinctifs de certains candidats. Son succès qui ne se dément pas il est également attribuable à sa loyauté à la CRC…»

«La femme»
Sujet épuisé par le reporter ? Que non ! Dans la salle du vote ce jour, quelques personnes le prolongent. Certains apprécient celle qui, depuis des années, a su tenir «sa place» derrière son polygame de mari et ancien ministre d’Etat. Du fait de son flegme, d’autres l’apparient à Margaret Thatcher. Et elle tient le rôle en se montrant en porte-à-faux avec son identité matrimoniale. «La CRC vient d’élire une femme et non un couple», recadre-t-elle. Pour Régine Amougou Noma, «c’est un détail auquel elle tient ; cela l’absout ou du moins relève la femme, et la venge des inculpations vulgaires».
Dans l’entourage de «Madame la Présidente», les témoignages s’appuient sur son point de vue et sa perception des événements marquants de sa vie, les dualités qui sculptent son caractère, ses réussites et ses échecs. «Parfois, on peut penser à des marques de désordre sans frein, mais c’est surtout une femme, une vraie, qu’on a en face de soi», atteste un membre de son équipe de campagne. En cette journée d’élection, l’ex-membre du comité de direction de la CRC l’a encore démontré à travers une politesse, une bienveillance et un naturel exquis qui mettent à l’aise. «Elle donne l’impression d’aller vite, mais en même temps,  elle attire sur elle la sympathie par le charisme qu’elle dégage», analyse Calvin Foinding.

Cette réalité, Cécile Léonie Akame Mfoumou l’appréhende. Elle s’est elle-même chargée de la transformer avec pragmatisme, déconcertant du coup les tartuffes pour qui, «la Mater» serait «l’œil du cabinet civil de la présidence de la République à la CRC». Sur cet aspect, contre son gré, elle s’attarde furtivement. En quelques secondes, elle confronte les observations les plus fouillées, les analyses les plus lucides, les remarques les plus mordantes aux critiques les plus injustes, aux formules les plus méchantes ou aux élans les plus acerbes et à forte charge dénigrante, elle lâche: «Pour moi, les querelles d’égo, la surenchère de petites phrases mesquines, des postures parfois à l’envers n’augurent généralement rien de bon quand on veut avancer !» Comme pour dire qu’à la CRC, la vision se déplace du présent vers le futur.

Une question de simplicité
C’est finalement de cela qu’il s’agit. Ceux qui la connaissent bien l’assurent : dans le privé, elle est raccord avec son image publique. Ses collaborateurs le disent à l’unisson : «Quelles que soient les circonstances, elle vous fait sentir qu'elle vous parle en tête à tête, sans se laisser distraire» «Elle écoute toujours tout le monde, explique l'un d'eux, y compris les sans-grades». «Cette dame, c’est un cœur, jamais à faire la gueule», jure une nièce. Elle le reconnaît : être ami avec Cécile Léonie Akame Mfoumou présente peu de risques de subir d’inopportunes humeurs. «C’est comme les vieux bouledogues: ça n’aboie plus très fort mais ça se respecte», appuie un cadre de la cellule de communication, citant William-Aurélien Eteki Mboumoua.

A l’ombre du «père»
A la CRC ce matin, ce dernier revient parmi les vivants. Et cela de manière solennelle. L’instant est porté par Cécile Léonie Akame Mfoumou qui dit être «la fille du vieux». Facile alors de débusquer l’origine de ses motivations à se porter candidate à sa succession. «Depuis le décès de son mentor, elle a affiché avec vigueur sa volonté de faire prévaloir l’effet générationnel à la CRC», confie Régine Amougou Noma. La maire de Yaoundé IV ajoute qu’ «il y a surtout la volonté de fructifier les acquis emmagasinés des années durant sous l’aile du père».

Pour avoir travaillé avec le «père» pendant au moins une décennie, la «fille» reconnaît volontiers avoir de l'admiration pour l'homme de qui elle a reçu l’onction. «Nous avons au moins une chose en commun. C’est le calme. Il était toujours serein et peu bavard», avoue-t-elle avant d’ajouter qu’ «aujourd’hui, même ses pires ennemis reconnaissent qu’il a toujours cru en ses combats: les jeunes, les pauvres, les réfugiés, les victimes des catastrophes et autres couches vulnérables».
Raison pour laquelle la «Mater» veut reprendre le flambeau en se muant en machine à citations. «Le père disait que celui qui aspire à exercer des fonctions de président de la CRC doit se forger une image qui ne heurte pas les autres, rivaux ou associés d’aujourd’hui ou de demain ; ceux qui vont travailler avec moi me reconnaîtront en cela», conclut-elle dans un premier temps. L’instant d’après, elle sort une autre bulle estampée William-Aurélien Eteki Mboumoua. «Humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalisme. Pas d’autre boussole!», balance-t-elle. En fait, de «Monsieur le Président à Madame la Présidente», le changement de signifiant n’a pas obéré grand-chose du signifié. «On n’est pas humanitaire à moitié, on l’est dans toutes les dimensions de la vie. Croyez bien qu’on n’est pas non plus président à moitié», dixit William-Aurélien Eteki Mboumoua. En cette boutade, Cécile Léonie Akame Mfoumou se reconnaît et prévient qu’elle ne trahira rien de son «père».

Une présidente, un programme
Si sa candidature a recueilli un pourcentage honorable de suffrages exprimés (31 voix sur 58 possibles), c’est qu’elle a agrégé un programme sur son nom. «La CRC doit créer des espérances et des perspectives. Pour moi, c’est un impératif d’ordre public», assume l’ancienne secrétaire générale du Cercle des amis du Cameroun (Cerac). Cela passe, selon elle, par un ingénieux tissu de projets. Parmi ceux-ci, figurent le développement des activités génératrices de revenus, l’aménagement des sièges départementaux et le renforcement des relations avec les différents partenaires dont l’État et les bailleurs de fonds.


Selon l’ancienne vice-présidente de la CRC, le tout est de procéder chaque jour à une démarche d’évaluation, œuvrer à la fois pour une hiérarchisation des priorités, une cohérence entre les moyens et les objectifs, une redéfinition des périmètres entre les administrations qui se recoupent et un décloisonnement de l’information. Consciente que dans l’action humanitaire, les querelles de clochers ont toujours existé, Cécile Léonie Akame Mfoumou et les autres membres du comité directeur (Aboubakar, Rose Eboutou, Marthe Bonde, Sibama Pichoc, Marie Laure Oumarou, Mme Régine Amougou Noma, Rose Musonge, Constantin Zibi Zibi, Calvin Foinding, Mme Caroline Yembe et Guillaume Koum Bwem) entendent tenir le pari.

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