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Année scolaire 2017-2018: Démarrage au petit trot chez les sourds-muets

Écrit par  Bobo Ousmanou

Une semaine après la rentrée officielle des classes dans la capitale, la cour de l’Ecole spécialisée pour enfants déficients auditifs (Eseda) de Yaoundé ne grouille pas encore de monde.

Quartier Messa, ce 06 septembre 2017. L’angle sous lequel se révèle l’Eseda est à contre-fil de ce à quoi l’on s’attendait d’emblée en cette période de rentrée scolaire. Pas de bruit. Pas de fourmillement d’élèves. Justement quelques dizaines d’anciens qui déambulent dans la cour. Les parents, eux, se comptent au bout des doigts. Par un langage précautionneux, un vigile lance que «c’est ouvert !». A la direction, un homme ceint d’un tablier blanc, renseigne deux parents. «Nous avons une école spécialisée… Mais, je dois vous dire tout de suite que ce n’est pas une école ordinaire ; vous avez des enfants déficients, leur prise en charge est colossale», dit-il. La suite qu’il déroule souligne que si les notions d’éducation et d’inclusion ont acquis une légitimité nationale,  elles ne vont pas de soi. «Elles sont un processus et non un état», appuie-t-il prenant l’Eseda pour référence. Dans le couloir qui talonne la direction, une dame, parent d’un enfant souffrant du syndrome d'Usher (une maladie génétique qui le prive peu à peu de sa vue et de son audition) veut inscrire ce dernier. «C’est dur d’être dans cette posture. C’est d’autant plus dur que tout se résume à une forte somme d’argent qu’il faut débourser à cette rentrée», marmonne-t-elle. 

 

Spécificité

A la réalité, la scolarisation des enfants déficients sensoriels appelle des «moyens» particuliers. «Parce qu’il est de fait assez évident qu’on ne peut pas apprendre à lire à des sourds-muets par les voies ordinaires de l’apprentissage de la lecture chez les enfants normaux, que la scolarisation des enfants sourds suppose la mise en œuvre de techniques spécifiques», argumente  Mme Ruth Mpanjo Ebongue, la directrice. Elle indique que pour cette année, ce n’est pas encore la grande affluence. «Nous atteignons parfois les pics de 200 élèves. Nous sommes presqu’à une centaine d’inscrits. Nous attendons!», souffle-t-elle en rappelant que les frais de scolarité  dans cet établissement de sept classes   (de la maternelle au niveau huit qui correspond à la classe de 6è de l'enseignement francophone) créé en 1972, varient entre 80 000 et 100 000 francs CFA. «C’est tous frais inclus : examens médicaux et appareillage, éducation et rééducation à la parole, apprentissages scolaires et formation socioprofessionnelle», appuie-t-elle.

 

Griefs

«L'ennemi numéro 1, quand on a un enfant handicapé, n'est pas le handicap en lui-même, mais le système éducatif», maugréé un parent, en échos à  l’éducation inclusive au Cameroun. Si pour lui celle-ci a trouvé une consécration législative avec la loi N° 2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées, la rentrée dans les écoles spéciales coûte cher. Et cela est dû à la moindre attention accordée aux souffrances des géniteurs des «cas» qu’on amène ici. La pilule de la rentrée est d’autant plus amère que certains parents soupçonnent de l’affairisme. Ce à quoi le Pr Titi Nwel, président du Conseil d’administration de la Fondation pour l’éducation et la promotion des personnes déficientes auditives (Feppda), répond: «ceux qui dirigent cette école ne font pas de bénéfice. Il nous faut 60 millions de francs CFA par an dans notre budget, mais nous réussissons difficilement à les obtenir. Nous atteignons à peine 45 millions de francs CFA, grâce aux contributions de donateurs».

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