Actualités Recentes https://journalintegration.com Sat, 22 Jul 2017 01:04:41 +0000 Joomla! - Open Source Content Management http://journalintegration.com/images/integration-logo.png Integration : La tribune des communautés http://journalintegration.com fr-fr Fête nationale française:Un 14 juillet sous l’aiguillon de la continuité à Yaoundé https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/917-fete-nationale-francaise-un-14-juillet-sous-l-aiguillon-de-la-continuite-a-yaounde https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/917-fete-nationale-francaise-un-14-juillet-sous-l-aiguillon-de-la-continuite-a-yaounde

14 juillet ! L’'élévation de cette date au rang d'événement national en France donne une place singulière dans la mémoire, tant dans l’Hexagone que sur le continent africain. Cette année encore, à Yaoundé, le 14 juillet s’est voulu une célébration collective. «En fait, nous ne sommes pas seuls à agir, à défendre la liberté, à lutter contre les totalitarismes et à combattre le terrorisme», a déclaré S.E. Gilles Thibault, l’ambassadeur de France au Cameroun. Et pour sa première commémoration en tant que chef de mission diplomatique, il a bien voulu organiser le contenu des festivités. Celles-ci se déroulent dans l’espace public de la chancellerie sise à Yaoundé. 

L’événement révolutionnaire, autrefois et aujourd’hui transformé en mythe, inscrit le présent de l’ambassadeur de France dans une option de continuité historique avec le peuple et les autorités camerounaises. «Une belle soirée pimentée en compagnie de mes compatriotes français et amis camerounais», a mentionné le diplomate sur son compte twitter. «Nous entendons pérenniser un esprit et un rituel amorcés par mes prédécesseurs. Et cela me permet de vanter les liens indestructibles entre nos deux pays», ne manque-t-il pas de souligner devant ses nombreux convives. 

Ceux-ci se recrutent pour l’essentiel parmi les amis de la France et des Français. Pour agrémenter la soirée, des orchestres, fanfares, harmonies jouent la musique créant un espace sonore propre à la journée. L’instant semble raconter à sa façon l'insurrection victorieuse qu'il célèbre dans une démarche patriotique. Si le tout rend tout le monde actif, la célébration n'est pas la réception abstraite d'un message politique mais, la communion d'une Nation actrice de sa propre histoire, avec à la clé, un banquet républicain. «Celui-ci est important dans les rituels de notre fête nationale parce qu’elle rappelle les démarches politiques des temps difficiles des Républicains, notamment sous la Monarchie de Juillet et sous le Second empire».

 

Speech

Dans le discours consacré, Gilles Thibault va saluer la présence à ses côtés de Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun. «En ce 14 juillet, nous célébrons la France, nous célébrons ce qui nous unit: ce goût absolu de l'indépendance qu'on appelle liberté, cette ambition de donner à chacun sa chance qu'on appelle égalité, cette détermination à ne laisser personne au bord du chemin qu'on appelle fraternité», a-t-il décliné. A en croire le plénipotentiaire français au Cameroun, «cela est le signe d'une amitié qui traverse les temps et qui est vouée à la continuité». Faisant référence à l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme, il a mis en valeur l’option continue et permanente de Paris à mettre fin aux bandes djihadistes au Sahel. 

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou ) Ambassades Thu, 20 Jul 2017 15:33:24 +0000
Accès au Conseil de sécurité de l’Onu: L'Union africaine entonne le chorus https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/912-acces-au-conseil-de-securite-de-l-onu-l-union-africaine-entonne-le-chorus https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/912-acces-au-conseil-de-securite-de-l-onu-l-union-africaine-entonne-le-chorus Accès au Conseil de sécurité de l’Onu: L'Union africaine entonne le chorus

Obtenir au moins deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité de l'Onu, l’Afrique toute entière en a fait une obsession. A Addis-Ababa, la capitale éthiopienne, lors des travaux du 29e sommet de l'Union africaine (UA), le ton est venu de Thomas Kwesi Quartey, le vice-président de la Commission de l'organisation panafricaine. 

Selon ce dernier, «en septembre 2017 à New-York, lors de la 72ème Assemblée générale de l’Onu, tous les pays du continent doivent faire bloc autour des exigences  d’équité internationale».

Dans ce sens, il a suggéré «une position africaine commune» telle que décrite dans le Consensus d'Ezulwini et la Déclaration de Syrte. «Ce sont les seules options viables pour remédier à l'injustice historique faite au continent africain», a-t-il expliqué tout en misant sur l’élaboration d’une stratégie pour relancer et redynamiser la campagne pour la position africaine commune.  

Les responsables réunis lors de la 29e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement ont également soutenu que l'Afrique doit continuer de rejeter toute approche intermédiaire ou transitoire de la réforme du Conseil de sécurité de l'Onu, car elles compromettent sérieusement la position africaine commune.

Dans cette optique, ils ont expliqué que cette position africaine commune doit toujours être un élément stratégique de l'ordre du jour et du plan de travail de l'Assemblée jusqu'à ce que la position soit réalisée. Ils ont soutenu que «tous les Etats membres de l'UA doivent, lors de la soixante-douzième session de l'Assemblée générale des Nations unies qui se tiendra en septembre 2017, réclamer une réforme globale du Conseil de sécurité de l'Onu basée sur la position africaine  commune dans leurs déclarations nationales respectives».

Dorénavant, ajoutent les responsables, le C-10 doit poursuivre ses efforts de sensibilisation de haut niveau avec les groupes d'intérêt et les Etats membres afin de consolider les gains réalisés et il doit continuer de solliciter les Etats membres qui n'ont pas pleinement ou pas encore soutenu la position africaine commune de créer l'impulsion nécessaire pour une réparation précoce de l'injustice historique que le continent africain continue de subir, ce qui permettra de renforcer le rôle du Conseil de sécurité.

Pour mémoire, c’est en 2005 que l'Afrique avait établi une position unie à propos de la réforme de l'Onu, appelant à l'inclusion de deux sièges permanents et de cinq sièges non permanents pour les pays africains au sein du Conseil de sécurité de l'Onu, et l'extension du pouvoir de veto aux nouveaux membres permanents. En 1945, lorsque l'Onu est formée, la plupart des pays africains ne sont pas représentés, et que c'est en 1963, lors de la première réforme, que l'Afrique est représentée mais pas dans une position très forte.

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou) Ambassades Tue, 18 Jul 2017 18:44:02 +0000
L’Oncle Sam à la peine… lui aussi https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/911-l-oncle-sam-a-la-peine-lui-aussi https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/911-l-oncle-sam-a-la-peine-lui-aussi L’Oncle Sam à la peine… lui aussi

Depuis le 30 juin dernier, onze États de la fédération américaine ont déjà annoncé qu'ils étaient en difficulté pour équilibrer leurs budgets.

«Les gouvernements des États avaient le mandat d'avoir un budget équilibré d'ici la fin de leur exercice financier fixé au 30 juin. Beaucoup d'États ont posé sur la table de faux budgets juste pour respecter le délai», soutient l’activiste. L’Illinois, par exemple est sans budget de fonctionnement depuis trois ans. Détroits, le Connecticut, le Delaware, le Maine, le Massachusetts, le New Jersey, l'Oregon, le Rhode Island et le Wisconsin, sont dans les mêmes sales draps. Alors que les budgets de la Pennsylvanie et du Michigan attendent encore difficilement d’être signés par le gouverneur.

 

Au niveau national, les USA ont une santé plus critique. La dette nationale brute est de près de 20 milliards de dollars, et le déficit fédéral actuel atteint plus de 350 milliards de dollars pour cet exercice financier. Le produit intérieur brut, lui-même une estimation trompeuse de l'économie, augmente d'environ 1 à 2% cette année, mais la création d'emplois se fait dans les emplois à bas prix ou à temps partiel, principalement des emplois de services, ce qui génère peu de revenus ou les dépenses accrues. En plus de cela, la productivité boite à peine à 0,5% par an.

Beaucoup d'États de la fédération américaine criblés par la crise économique se démènent avec divers projets temporaires. L'État de Washington a relevé des impôts fonciers de 1,6 milliard de dollars, mais la majeure partie du fardeau va tomber sur les familles de la classe moyenne qui ne peuvent pas se permettre la hausse massive. Le propriétaire moyen de Seattle paiera 400 $ de plus en taxes foncières par an. Plutôt que d'augmenter les impôts sur le revenu ou les gains en capital, qui abaisseraient davantage les familles riches, la législature mettait le fardeau sur les familles des classes inférieures et moyennes.

Le sénateur Reuven Carlyle, D-Seattle, a déclaré que «ils peuvent tenir tout ce qu'ils veulent à ce stéréotype que c'est une augmentation d'impôt pour les gens riches, mais la vérité est que ce sont les gens de la classe moyenne à l'échelle de l'État  qui toucheront du doigt la réalité lorsque les factures d'impôt arriveront. Et il y aura sans doute des répercussions dans la boîte des électeurs».

Mais peut-on sauver la première économie mondiale de l’effondrement ? Oui, avance Angela Vullo. A condition d’adopter le Glass-Steagall qui fut la feuille de route de l’ancien président Franklin Roosevelt. «Depuis janvier 2017, dix-sept législatures d'Etat ont proposé des résolutions bipartites, sous diverses formes, demandant des mesures qui inverseraient la trajectoire à la baisse de l'économie. Les résolutions les plus complètes décrivent un programme de récupération de style FDR à quatre points, qui fait écho aux politiques du système américain qui ont construit le pays. Il comprend le rétablissement de la législation Glass Steagall de l’ère de la Dépression, la création d'une Banque nationale hamiltonienne pour l'emploi et la construction d'infrastructures et la mise en place d'un programme spatial avancé en tant que pilote scientifique», décrit Angela Vullo qui continue en appelant «la population, y compris les fonctionnaires du gouvernement de l'État d’influencer  le Congrès pour l’ adoption de  la solution  qui sauva l’Amérique de Roosvelt de la dépression»

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info@journalintegration.com ( Célestin Ngoa Balla à New York) Ambassades Tue, 18 Jul 2017 18:07:12 +0000
Françoise Mouyenga: «On ne soigne pas le terrorisme d'un coup de bistouri» https://journalintegration.com/index.php/supplement-afrique-centrale/item/908-francoise-mouyenga-on-ne-soigne-pas-le-terrorisme-d-un-coup-de-bistouri https://journalintegration.com/index.php/supplement-afrique-centrale/item/908-francoise-mouyenga-on-ne-soigne-pas-le-terrorisme-d-un-coup-de-bistouri Françoise Mouyenga: «On ne soigne pas le terrorisme d'un coup de bistouri»

En un mois, on a assisté à une vague d’attentats kamikazes dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun et dans d’autres pays limitrophes à cette zone. Qu’est ce qui explique cela selon vous ?

Le constat a montré que la période du ramadan est souvent jugée propice par les islamistes de Boko Haram pour commettre des attaques. Pour eux, c'est une occasion privilégiée de mourir pour aller droit au paradis. Ce que l’on remarque est une concentration d’attaques kamikazes que justifie peut être une forte présence de ces assassins qui doivent être en rupture logistique et sont obligés d’agir à travers des attaques d’une part, et, d’autre part, ces terroristes partent forcement de certaines habitations où la suspicion d’une grande complicité dans ces zones entre des habitants et des terroristes Boko Haram est réelle.

Par ailleurs, selon un schéma que l’on a déjà observé ailleurs, les réseaux de trafic d’armes, de mercenaires, de drogue, d’êtres humains et d’argent sale peuvent devenir des instruments de «renaissance» de cette secte barbare. Ce sont des réseaux profondément enfouis dans un système informel et opaque qui alimente «la nouvelle vie» de Boko Haram. C’est une chaîne dont l’origine se perd au loin et qui serait une image correcte de la relation entre l’action terroriste et ce qui a contribué à la faire naître. 

Il faut aussi mentionner que les combattants de Boko Haram, généralement des supplétifs, retournent à un état de dormance à un moment donné. Cachant leurs armes, ils regagnent bourgs et villages, réintégrant leurs communautés respectives protectrices, ils redeviennent dès lors des gens ordinaires et inoffensifs. Ceux-là redeviennent dangereux à tout moment.

On peut aussi associer les conditions économiques et climatiques favorables à la circulation des personnes et des armes de toutes natures. Vous savez que certaines frontières ont été réouvertes récemment et cela n’est pas à négliger. 

De ce point de vue, le retour de Boko Haram tient à divers facteurs: une mosaïque incohérente de zones contrôlées par des combattants, chacun imposant chez lui sa loi par la force; le réservoir sous-régional d’armes lourdes et de mercenaires djihadistes, où chacun peut se servir librement, et tenter d’implanter militairement des Etats salafistes un peu partout.

 

Mais le plus inquiétant réside dans la concrétisation effective des attentats. Faut-il dès lors conclure que c’est tout ce que vous venez d’évoquer qui favorise cela?

Une guerre anti-terroriste ne se mène pas d'un claquement de doigts. C'est comme un cancer, avec des métastases, on ne soigne pas le terrorisme d'un coup de bistouri. C’est une guerre qui se mène sur un front double. C’est-à-dire que pendant que l’attention est tournée vers l’ennemi, il faut également veiller sur le moral des troupes.  La réapparition, si on peut l’appeler ainsi, met en lumière des conditions structurelles propres, qui se concrétisent dans un sentiment de frustration ou autre. Elle demande aussi des motifs précis et appropriés de révolte, avec des sujets ou des événements conduisant à transformer l’insatisfaction en laisser-aller. 

 

Vous semblez évoquer là le problème de la discipline parmi les soldats. Ces derniers laisseraient-ils faire ?

Ce qui se passe à l’extérieur est certes important; néanmoins, l’indiscipline observée parmi les hommes au front a un impact dévastateur à l’intérieur. Ce n’est pas étonnant que les attentats kamikazes prospèrent comme rempart de Boko Haram là où on croit avoir suffisamment sécurisé la zone. Cela n’amène qu’à une contraction supplémentaire sur le champ de guerre, qu’à des oppositions de plus en plus violentes où chacun se focalise sur les conséquences et non plus sur les causes.

Vous savez, dans la guerre contre Boko Haram, nous vivons un phénomène terrible sans en prendre tout à fait conscience. Comme la grenouille plongée dans l’eau froide, portée progressivement à ébullition, la hiérarchie militaire ne se rend pas compte de la menace qui pèse sur la cohésion des troupes. Le risque d’une rupture profonde grandit de jour en jour. Pour saisir toute la genèse, toute la nature du processus en cours, les chefs militaires doivent prendre un recul supplémentaire. Toutes ces «fièvres» notées ces derniers temps sont bien les symptômes multiples d’un malaise global et profond qui affecte durablement et simultanément l’essentiel des troupes et remet en cause les fondements de la discipline. Et ce n’est pas l’un des moindres paradoxes de la croisade contre Boko Haram que d’avoir réussi à enclencher une dynamique à fronts renversés.  C’est pourquoi, annoncés comme moribonds, les membres de cette secte font leur retour remarqué sur la scène sahélienne. Cette question est affaire de conjecture, d'évaluation et d'intuition, car nul ne sait de quoi demain sera fait.

 

Certains parlent aussi de la différenciation des cultures militaires. Quel est votre avis là-dessus ?

La différenciation des cultures militaires entre les forces de la FMM n’est pas à négliger. Dans certains cas, on a fait état du refus, par certains contingents, de «stratégiser» les opérations. Je pense que les outils mis en place par la communauté internationale pour fixer la sécurité dans la zone de conflit ont été insuffisants ou trop longs à se concrétiser, car elles manquent, à mon avis, d'épaisseur stratégique. 

D’autres problématiques émergent du procédé de dispersion. Il dilue les responsabilités et les opportunités tactiques si les réseaux ne sont pas construits dans une logique hiérarchisée à partir d’une discipline d’emploi au niveau des États-majors et des unités.

 

Le coût de cette guerre ne pousse-t-il pas à cette situation que vous décriez ?

Former un soldat est difficile, surtout quand on le paie 200 chèrement par mois et que l'analphabétisme est aussi répandu. Mais on peut le former en deux-trois mois, alors que former un capitaine prend 3-4 ans et un général toute une vie. Vous le savez, plusieurs soldats sont morts. Chaque pays du Lac Tchad a dû remplir au moins un corbillard et c’est coûteux.

Voyez-vous, créée depuis 2015, la FMM n’est entrée véritablement en action qu’à partir de février 2016 où les premières opérations d’envergure ont été menées pour lutter contre Boko Haram. On peut en citer au moins quatre : celle du 11 au 14 février 2016 dans la ville nigériane de Ngoshe ; l’attaque du 24 février dans la ville de Kumshe au Nigeria près de la frontière camerounaise considérée comme une base arrière de Boko Haram ; celle du 16 mars 2016 dans les localités camerounaise et nigériane de Djibril et de Zamga ; et celle du 10 au 16 mars 2016 dans la forêt de Madawya au Nigéria. Par sa présence et ses actions, la FMM a contribué à une relative amélioration de la situation sécuritaire dans les localités autour du Lac Tchad. Mais en termes de bilan humain et financier, c’est lourd surtout que le manque de soutien financier de la FMM par l’Union africaine n’est pas à démontrer.


Au terme de 06 mois d’action dans l’Extrême-nord

Le CICR sonne la cote d’alerte

A en croire cet organisme international, la situation  au théâtre des opérations de la lutte contre Boko Haram nécessite un accroissement de moyens pour éviter la catastrophe humanitaire.

Au cours d’une conférence de presse tenue le 05 juillet 2017 à Yaoundé, Simon Brooks  a dressé le bilan de son action. «Entre janvier et juin 2017, au Cameroun, des centaines de personnes ont été contraintes de fuir leurs villages, en abandonnant leurs biens et vivent désormais dans des communautés d’accueil ou dans des sites spontanés. Cette situation entraîne des besoins humanitaires accrus tant pour les personnes déplacées que pour les communautés d’accueil, avec pour conséquence une augmentation du niveau d’insécurité alimentaire», a dit l’ancien chef de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour l’Afrique centrale (il a été remplacé par Markus Brudermann, NDLR). 

Dans le détail, il a fait état de 4 500  ménages soit 27 000 personnes qui vivent dans l’extrême précarité alimentaire dans les arrondissements de Makary, Mora et Fotokol. Le désastre n’épargne pas 450 000 bovins et petits ruminants. 51 100 personnes manquent d’eau potable.

Sur le plan sanitaire, Simon Brooks  a dit que ses équipes et lui-même ont remarqué une résurgence des maladies infectieuses sur plusieurs kilomètres carrés, partant du Lac Tchad vers la partie sud de la région de l’Extrême-nord.  Sur cet espace géographique, le CICR évalue à 10 781 le nombre de consultations effectuées. 

Dans les prisons de Kousséri, Maroua et Garoua, 4 500  détenus (dont plusieurs présumés Boko Haram) exigent au moins deux kilogrammes de ration et 690 000 litres d’eau tous les jours ; en plus de la prise en charge médicale quotidienne dont bénéficient au moins 1 600  personnes privées de liberté.   

«Ce chiffre est juste indicatif pour dessiner une situation qui s’aggrave chaque jour ; si rien n’est fait on vivra l’une des catastrophes humanitaires les plus graves de ce siècle», a souligné Simon Brooks.

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou) Supplément Afrique Centrale Tue, 18 Jul 2017 16:24:25 +0000
Décès de Mgr Bala: Le Vatican recadre la com’ de l’église https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/900-deces-de-mgr-bala-le-vatican-recadre-la-com-de-l-eglise https://journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/900-deces-de-mgr-bala-le-vatican-recadre-la-com-de-l-eglise Décès de Mgr Bala: Le Vatican recadre la com’ de l’église

Parce que rumeurs et contre-rumeurs, affirmations et infirmations autour de la mort tragique de Mgr Benoît Bala ne cessent de s’élever à des hauteurs vertigineuses, l’espace de prise de parole au sein de la Conférence épiscopale du Cameroun (CEC) est cette fois comme verrouillé. A la solennité et la véhémence de la sortie de Mgr Samuel Kléda le 13 juin 2017 à Yaoundé, a succédé une communication qui rampe, se redressant à peine quand elle ne plante pas. A ses dépens, la presse nationale et internationale l’a vécu le 09 juillet dernier au siège  de la CEC sis à Mvolyé (Yaoundé). 

 

Enigmes

A cette occasion en effet, Mgr Samuel Kléda, le président de la CEC, n’a pas répondu aux attentes des hommes et femmes de médias accourus, dans l’espoir d’obtenir la réaction du clergé catholique camerounais, suite au communiqué publié le 04 juillet 2017. Le document signé Jean-Fils Ntamack, le procureur en charge de l’enquête, révélait que «la noyade est la cause la plus probable de la mort de l’évêque». Interrogé sur le sujet, l’archevêque de Douala s’est juste contenté de dire, sous un ton monocorde et administratif, que «par rapport à cela, notre position reste la même». Le propos est laborieusement complété par «un corps ne disparait jamais», pour éteindre les élans d’une presse fouinant, sans retenue, sur la date probable des obsèques de l’évêque de Bafia.  

 

Echos des off

Cette tonalité, pas revendicative mais pas muette non plus, a laissé perplexe. Tant elle s’est chargée d’entrecroiser le début de la 11ème assemblée plénière ordinaire de l’Association des Conférences épiscopales de la région Afrique centrale (Acerac) et l’actualité autour de la mort de Mgr Jean-Marie Benoît Bala. De fait, ce dernier aspect de par sa délicatesse, a favorisé les prises de paroles en off. C’est donc en aparté qu’un prêtre, commis au protocole de ces assises sous-régionales, soufflera qu’«il y a une lettre du Saint-Siège parvenue à nous qui nous oblige à la retenue vis-à-vis de ce sujet, pas plus !» 

Venu du Gabon, un autre sermonnaire n’y ajoutera pas grand-chose. A l’en croire, «les évêques, fidèles aux principes d’obéissance,  ont choisi de ne plus parler de cette affaire comme la presse le souhaite». Pour la suite, il révélera que «tout ce qu’on vous dit là n’est que bricolage». 

 

Minimas

Dans la cour et à toutes les entrées, ces bricolages sont compensés par une avalanche de portraits du défunt évêque de Bafia. «C’est ce qui peut rendre lisible notre douleur. Mais, on reste attaché aux directives du Saint-Siège par rapport à la communication sur la mort de Mgr Bala», renseigne, sous la soutane, un prêtre du diocèse de Bafia. Dans cette ambiance, les minimas langagiers observés à la CEC reflètent à chaque instant la modulation (à distance par le Vatican) des sorties médiatiques. On le verra encore lorsque Mgr Kleda ordonnera à un jeune prélat de l’archidiocèse de Yaoundé de «libérer les journalistes». Le spectacle prend illico des allures de sabbat communicationnel qui, à tout ordre de marche, semble entretenir le black- out sur la position de l’Eglise catholique du Cameroun sur la suite de ce feuilleton qui mêle à la fois la justice locale, la CEC et l’opinion publique nationale et internationale.

En effet, personne ne veut s’étendre amplement sur le programme des obsèques. Tout au plus, l’on s’active à fidéliser le public sur la thèse de l’assassinat plutôt que sur celle du suicide. 

Sur ce chapitre, le courroux de la CEC est affiché. «Ne parlez pas de suicide, ne vous alignez pas derrière ceux qui veulent vous manipuler! Nous sommes clairs: Mgr a été assassiné, amen!», peste une religieuse, balayant toute allusion à un certain Barnabé T. Cadre dans une société de téléphonie mobile installée au Cameroun, le nom de ce jeune de 26 ans, originaire de Soa, cristalliserait en lui toute «l’affaire». En fait, selon des informations difficilement vérifiables, il aurait fait chanter l’évêque de Bafia. « C’est ce détail qui aurait suscité  le recadrage de la com’ », analyse Camille Ntemde Bouli, sociologue.

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou) Cameroun Mon, 17 Jul 2017 00:00:00 +0000