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Gouvernance politique: Ce que veulent les Camerounais

Écrit par  Aboudi Ottou

Forme de l’Etat, mandat présidentiel, système électoral… A un an de l’élection présidentielle, un thinktank camerounais a sondé l’opinion. Voici leurs principales conclusions.

Voici un second sondage sur la gouvernance politique au Cameroun. Il est l’œuvre du Nkafu Policy Institute. Un think-tank camerounais apparenté à la fondation Denis & Lenora Foretia située dans le 6e arrondissement de Yaoundé. Et cette enquête d’opinion est en concordance avec la première menée par l’université de Yaoundé II-Soa pour le compte d’Afrobaromètre, un réseau de recherches panafricain présent dans plus de 30 pays d’Afrique. Comme la première, cette seconde enquête indique en effet que la majorité des Camerounais n’a pas confiance au système électoral et pense que le Cameroun n’est pas une démocratie. Le sondage de Nkafu Policy Institute a par ailleurs exploré d’autres aspects de la gouvernance politique qui n’avaient pas intéressé Afrobaromètre. Il s’agit notamment de la forme de l’Etat. Une question notamment introduite du fait du débat né de la crise dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest. Pour arriver aux conclusions que nous présentons dans ce dossier, 669 Camerounais âgés d’au moins 20 ans ont été interrogés. Face aux réserves exprimées sur cet échantillon par les experts présents le 27 juillet dernier lors de la présentation des résultats de l’enquête, Melaine Nsaikila, l’analyste qui a conduit l’étude a expliqué que «cet échantillon a été pondéré et équilibré afin de prendre en considération les estimations démographiques de 2013 par âge, sexe, région d’origine et statut socioéconomique» avant d’ajouter que de ce fait, «la marge d’erreur, basée sur l’ensemble de la taille de l’échantillon, est de plus ou moins 4 points de pourcentage».

 

I- Le fédéralisme à la cote

La majorité des personnes interviewées (60, 2%) préfèrent le système fédéral, en lieu et place du système unitaire en vigueur. Sur le plan national, le fédéralisme est prôné dans les proportions suivantes : 47,7% (Centre/Sud/Est); 42,9% (Adamaoua/Nord/Extrême-nord) ; 68,3% (Littoral/Ouest); et 96,1% (Nord-ouest / Sud-ouest). Dans le même ordre d’idées, 44% des sondés se réclamant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RPDC) préfèrent un système fédéral.

Naturellement, la majorité des Camerounais (93, 5%) militent en faveur de l’autonomie budgétaire des régions. Plus spécifiquement, 52% recommandent une autonomie complète alors que 41% suggèrent qu’elle soit placée sous la supervision du pouvoir central de Yaoundé. En majorité (91,8%) encore, ils sont contre la nomination des gouverneurs de région, et préfèrent qu’ils soient élus. 75,2% des personnes se réclamant du RDPC pensent de cette façon. 

 

II- Un besoin de réformes démocratiques

Pour ce qui est de la démocratie, 72,13% des participants pensent que le pays ne s’arrime pas aux idéaux démocratiques. A ce niveau, les hommes (74,01%) sont plus pessimistes contre près de 64,72% des femmes qui partagent le même point de vue. S’agissant des tendances régionales, les parties Septentrionales (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord) sont plus optimistes et confiantes quant à l’état actuel de la démocratie. Dans ces zones, 43,9% des participants sont tout à fait d’accord que «le Cameroun est un pays démocratique». Cette opinion est peu partagée dans les régions du Centre, Sud et Est (20,7%), Littoral et Ouest (9,7%), Nord-ouest et Sud-ouest (2,1%). Déjà en décembre 2015, une autre étude d’opinion, menée par l’université de Yaoundé II-Soa pour le compte d’Afrobaromètre, un réseau de recherches panafricains présent dans plus de 30 pays d’Afrique, était arrivée aux conclusions similaires. Selon cette enquête qui a interrogé 1 200 adultes (autant d’hommes que de femmes) repartis dans les 10 régions du pays (aussi bien en milieu rural qu’urbain), 56% des Camerounais ne sont en effet pas satisfaits du fonctionnement actuel de la démocratie. 

Le système électoral souffre d’un manque de confiance. Et pour cause, près de 87,3% ne lui accordent aucun crédit. Toutefois, 16,3% y croient fermement. Une frange non négligeable (57%) milite pour sa refonte complète. Des résultats également corroborés par l’enquête d’Afrobarometre. Selon ce sondage, 53% des Camerounais ne font pas confiance à Elecam, l’organe chargé de la conduite du processus électoral. On y apprend également que 67% des sondés émettent des réserves sur l’équité du décompte des votes. 21% sont même convaincus que les votes ne sont jamais équitablement comptés. D’autres parts, 73% des citoyens admettent l’existence de l’achat de conscience. 26% pensent même que les électeurs sont toujours soudoyés. En outre, ils sont plus de la moitié (59%) des Camerounais qui pensent que le gouvernement intimide l’opposition. Pour 11% d’entre eux, cette intimidation est même systématique. 

En ce qui concerne le nombre de mandats présidentiels, 94,8% des personnes interrogées s’accordent sur le principe de la limitation. Près de 83.9% préfèrent que ce mandat soit renouvelable une seule fois. Par contre, 10,9% veulent un mandat d’un terme non renouvelable.

 

III- Une politique économique peu convaincante 

Neuf Camerounais sur dix, soit 90,72%, ne sont pas satisfaits des performances économiques du pays. Dans le même registre, 59% sont très insatisfaits, 26% un peu insatisfaits, 3% très satisfaits, 5% plutôt satisfaits et 6% neutres. Sur ce plan, l’on relève une remise en cause générale du gouvernement. Près de 83% des Camerounais sont d’avis que les stratégies de développement et politiques publiques actuelles sont peu favorables à la croissance et donc ne peuvent conduire à l’émergence.

De l’avis des auteurs, «le gouvernement du Cameroun devrait prendre des mesures immédiates et procéder aux réformes institutionnelles appropriées. Le plus rapidement serait le mieux. Les Camerounais sont de plus en plus impatients car le changement est une condition du progrès».

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