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Mgr Jean-Marie Benoît Bala: «On met quoi dans le souvenir?»

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De son vivant, l’évêque de Bafia avait posé cette question lors d’un enterrement. Alors que la terre se referme sur lui cette semaine, cette interrogation a guidé la démarche de votre journal auprès de ceux qui l’ont côtoyé.

«Après le sacerdoce, Mgr a entamé une nouvelle vie. Médiatique, très médiatique. Il est entré de plain-pied dans l’Histoire de la façon la plus violente, la plus cruelle, la plus brutale». A la procure de l’archidiocèse de Yaoundé, l’abbé Ambroise Tama Nana raconte, de très bonne grâce, le Jean-Marie Benoît Bala qu’il a connu. Il se souvient surtout de ce texto à lui adressé le 12 mai 2017. «Reste toi-même, ne t'invente surtout pas un personnage», lui recommandait alors, de son vivant, son camarade du petit séminaire à Mbog-Kulu (Mbalmayo). L’humeur change. Le «c’était bien lui» se confond avec le «ce n’est pas vrai», sortis de la bouche du curé de Ndong-Eton (Soa). «Le fait que Jean-Marie Benoît Bala soit parti laisse en moi un grand vide, explique-t-il, mais quelque chose, comme une présence, demeure. Personnellement, je le sens très présent». En paraphrasant trop longuement Nietzsche, on pourrait très bien dire que l’homme de Dieu comme le philosophe invoque aujourd’hui l’amour de la vérité, mais cette vérité-là lui fait mal. «J'ai eu l'annonce par téléphone. Je décroche et un journaliste me demande si c’est vrai que Mgr est porté disparu. Je lui réponds: Si c'est une blague, je ne l'apprécie pas», se souvient le prélat qui revendique une longue proximité avec l’ancien évêque de Bafia. Et le quinquagénaire de se confier sur la personnalité de son «frère». «Il a toujours été discret. Je ne l'ai jamais entendu se plaindre de quoi que ce soit (...) Il intériorisait les choses. On avait souffert tous les deux la même douleur de la séparation et de l'éloignement (...) Il ne parlait pas. Il se contenait. Il était généreux avec tous, mais pas avec lui (...) J'aimerais que les gens retiennent de lui sa capacité à écouter ceux qui sont dans la peine, la crainte. Cette façon de ne pas critiquer, ne pas juger mais comprendre», se rappelle-t-il.

 

Sur les bancs

Et s’il peut mesurer le quotient intellectuel de l’élève à la puissance de son érudition, Ambroise Tama Nana commence par l’élève quasi-exceptionnel qu’était Jean-Marie Benoît Bala. «Il était atypique, aimait échanger avec les profs. Souvent, après les cours, il venait voir le recteur dans son bureau pour discuter des choses et d’autres. Il se posait beaucoup de questions, il lui fallait des réponses», raconte l’abbé. Le poids des années ne lui a pas fait oublier ce jeune homme aux «cheveux mi-longs» qui «faisait l’admiration de tous au conseil de classe».

Son ami et ancien conseiller diplomatique, Pie Claude Assembe, se souvient encore de cet exposé, au grand séminaire de Nkol-Bisson. Sujet: «Historiographie du culte catholique». Temps limite: dix minutes. «Quand Jean-Marie Benoît Bala est passé, le professeur nous a lancé: On va faire une petite exception pour demander à votre camarade de continuer. Il a parlé, parlé et répondu lui-même à nos questions». Constat flagrant: au milieu de ses camarades (doués eux aussi) embryons de l’élite ecclésiastique, le jeune Bala  sort déjà du lot. «Il était original, se remémore Pie Claude Assembe. Ce jour-là, nous avions alors découvert un amateur de blagues potaches. C’était vraiment une seconde nature: faire un exposé avec un léger sourire, pas du tout prétentieux, presque amusé par l’audace de ses mots. Mais, on sentait une forme de conviction». «Ses qualités intellectuelles étaient indéniables, mais c’était le cas de beaucoup. Son truc en plus, c’est qu’il avait une vraie qualité dans les rapports humains… Elèves, profs, gardiens… Un bonjour pour chacun, regard droit dans les yeux. La marque de fabrique de son sacerdoce. Là, il disait, «En plus, sans jamais être anxiogène, la personne qui occupe le poste de berger des brebis doit être une éponge à stress. Plus la situation est complexe, plus on doit se montrer calme», relève Pie Claude Assembe. 

 

Leçon de vie

Le propos ne manque pas de suggérer un entrelacs de caractères chez l’ancien  grand séminariste de Nkol-Bisson (Yaoundé). «Mgr Jean-Marie Benoît Bala aimait la simplicité et la discrétion, les rosiers et les animaux, jouer au scrabble et faire la sieste dans l'herbe .Quand il y avait une araignée dans sa chambre, il la prenait délicatement et allait la déposer sur une plante du jardin. Il expliquait: Si elle existe, c'est une créature de Dieu qui a quelque chose à faire dans le monde, mais pas dans ma maison», se souvient André Bikoun, l’un de ses voisins de banc.  En évitant de s’étendre sur les circonstances de la mort de son camarade, cet ancien inspecteur des impôts se souvient «d’un prêtre brillant par son absence apparente de caractère distinctif, de sa simplicité au sens le plus ordinaire du terme». 

En préambule, le retraité met sur la table l’art de la simplification de tout. «Depuis le séminaire, Mgr Jean-Marie Benoît Bala ne s’encombrait pas de choses compliquées», avance-t-il. La suite déballée s’appuie sur une anecdote: «Il m’a dit un jour qu’il voudrait, en tant qu’évêque, instruire aux prêtres de son diocèse d’accorder un point d’honneur à la simplification du culte. Pour lui, dire la messe vite pour ne pas vexer les fidèles était une exigence au moment où  certains appréhendent le culte catholique comme appauvri ou une banal». En écho, l’abbé Ambroise Tama Nana revivifie une expression très courante parmi les pensionnaires de Nkol-Bisson: l'«ordinaire de la messe».  A travers elle, analyse le prélat,   Mgr Jean-Marie Benoît Bala pouvait dire une messe en français, sans pompe, sans chants extraordinaires, sans extase pendant l'eucharistie, «sans reverser une tendance de fond».

De même, révèle l’abbé Gervais Owono Ebédé, «ce n'est pas grand-chose. De temps à autre, il passait lui-même le balai dans la sacristie, rangeait les armoires entre deux messes, tournait et retournait les pages de son missel, oubliait ses mots, un paroissien l'aidait. Et puis certaines fois il n'y avait personne. Un jour, je l'avais vu, seul derrière son autel, dire la messe devant des bancs vides ou tournait lentement dans le cloître de son presbytère».

A la fin de l’année 1997, Mgr François Xavier Amara vient lui rendre visite dans son bureau aux dimensions très modestes de la paroisse de Ndzong-Melen (Yaoundé). Le prêtre émérite dit avoir découvert «un homme doux et presque timide, qui parle d’une voix discrète. Le contraste avec sa stature m’a surpris d’emblée. J’ai aimé sa rigueur, sa capacité à donner chair à une abstraction. Cela fait un drôle d’effet», souffle-t-il aujourd’hui.

 

«Regards païens»

La sémiologue Henriette Ekoumou a analysé le portrait de Mgr Jean-Marie Benoît Bala. L’image réunit, selon elle, des «éléments contradictoires mais complémentaires, le tout dans une dimension philosophique». Pour l’universitaire, c’est d’ailleurs l’une des raisons de plus d’aller voir le symbole du temps qui passe. «A mes yeux, théorise-t--elle, sa soutane reste en droite ligne avec un genre pictural qui fait penser à une vanité modernisée, tout en décrivant la vacuité de l'existence».

Quelques semaines après la mort constatée de l’évêque, l’artiste One Love a réalisé une chanson qui met en parallèle la mort du père Hamel en France et le destin tragique de Mgr Jean-Marie Benoît Bala. Dans un morceau apaisé, le rappeur camerounais estime que «tout ce qui conduit à la mort ne peut pas venir de Dieu, quel que soit le nom que nous lui donnons». Le disparu, le chanteur le connaissait bien. C'était même lui qui avait enterré ses parents. A cette occasion, l’officiant avait démandé à l’assemblée de méditer sur une question: «On met quoi dans le souvenir ?» Pour aider les vivants à mieux parler des défunts. Pour parler de l’homme, il l’assimile à un fruit: «Il ressemblait à la noix de coco, dur à l’extérieur, doux à l’intérieur. Il avait un cœur digne de ce nom». Dans son studio d’enregistrement sis au Carrefour Essomba (Yaoundé), il scande le refrain de son morceau consacré au dignitaire catholique: «Dans l’eau ou en haut et même au couteau, on va tous dans le même sens, on a tous le même sang». En guise de pause, One Love relève le goût prononcé pour la vie qu’avait Mgr Jean-Marie Benoît Bala. «Il ne pensait pas que son heure viendrait si vite. Rien n’a laissé poindre une telle mort de mon évêque», glisse-t-il.

 

Le sportif

Durant son enfance, Jean-Marie Benoît Bala avait goûté à tous les sports, pour finalement se tourner vers la natation à l'âge de 12 ans. Pacôme Etoa, l’un de ses camarades à l’université catholique d’Afrique centrale, souligne que lors d’une causerie, Mgr Bala ambitionnait furtivement de reprendre les entraînements car son palmarès ne l’impressionnait pas personnellement. «Néanmoins depuis mon adolescence, lui avait-il confié, il s’est écoulé du temps. Des décennies, c’est long, dans la vie d’un athlète. Tu repars de zéro. Tu as perdu tes acquis». Dans le sport nautique, Jean-Marie Benoît Bala y voyait, selon Pacôme Etoa, des exigences liées à la complexité de cette discipline. «Mais, ajoute-t-il aussitôt, mon ami se félicitait d’avoir embrassé la pastorale ; tout comme la natation, il déclarait que son métier est âpre, chronophage, dévorant, qui au mieux empiète largement sur la vie privée, au pire la met entre parenthèses».

Jean-René Meva’a Amougou


Comment Oveng fait son deuil

Après l’enterrement à Bafia, des rites traditionnels sont prévus dans la localité d’origine de Mgr Bala. Ambiance.

Séance de désherbage de la scène prévue pour les rites traditionnels.

«Oveng, c’est mon village. C’est un endroit pour parcourir le livre sonore de la nature : chant des oiseaux, craquement des branches et ruissellement des cours d’eau, loin de la ville… Oveng, c’est un village gai. Chaque matin, les habitants vont à leurs champs pour travailler…» Théophile Omgba, épuisé dans son esprit, n’a pas trouvé mieux de présenter quelques lignes écrites, en avril 1971, par Mgr Jean-Marie Benoît Bala, alors jeune élève du Cours moyen 2. Ce 27 juillet 2017, sur le mode d’une intense charge émotionnelle, le frère aîné du défunt évêque de Bafia rumine sa douleur. «Quand je regarde ce qui est écrit dans ce cahier et ce que tout le village vit actuellement, je ne sais quoi dire!», ponctue-t-il difficilement. Depuis l’annonce du décès de «l’un des brillants élèves de l’école catholique du coin», une  indicible douleur a envahi les populations. «Une unanime onde de tristesse s’est déclenchée. L’ambiance dit clairement à quel point Oveng a perdu une des plus belles parts d’elle-même»,  décrit Marc-Joseph Ombga, l’un des cousins du défunt sermonnaire. Même s’ils s’égaillent entre les maisons, le sujet préoccupe les enfants. Chez ceux-ci, l’inhumation de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, programmée ce 03 août 2017 à Bafia, agit comme une commotion, provoque des sortes de courts-circuits et flashs de la mémoire. «Ce ne n’est peut-être pas vrai ! Mais, je pense que c’est vrai que Mgr est mort et va être enterré», marmonne Alain Mendomo, 08 ans. Les interminables lamentations de quelques vieilles femmes donnent la mesure du traumatisme subi par les adultes. L’une d’elles, dit des choses et exécute des gestes qui  disent ce qui est impossible de dire. Au moins, cela a le don d’exprimer ce qui est «trop grand» pour leurs pauvres mots. 

Dans l’ensemble, les regards doivent s’ouvrir à une autre dimension. Une dimension que, depuis peu, le quotidien et ses soucis empêchent de voir. Empruntant les chemins rustiques de la mémoire, de l’exploration intime, un vieillard grabataire se représente l’image de l’endroit où sera enterré Mgr Jean-Marie Benoît Bala. «Si seulement j’avais la force de me rendre à Bafia, regrette-t-il, je l’aurais fait pour voir la tombe». Sur son lit désordonné, il met en scène, un Oveng à l’agonie, agonie dont il est, malheureusement, le témoin tour à tour désemparé, enragé, distancié, nostalgique. En bon mystique, il revit la première messe dite ici par le prélat décédé. «C’était un grand moment pour nous d’avoir l’un de nos fils parmi les appelés de Dieu», remonte-t-il par son éwondo dont il est l’un des dépositaires endurcis.   

 

Rage

Ce matin, à Bavek, au nord du village, c'est d'abord à l'insulte que le micro est tendu. La scène raconte des larmes sur commande: «La presse fait semblant de pleurer mais jubile intérieurement. C'est la double morale médiatique !», s’emporte un fonctionnaire retraité, en rappelant que «le Cameroun sort déshonoré d’un tel spectacle qui bafoue l’émotion considérable qui a parcouru le monde entier à l’annonce du décès de Mgr Bala». Ce qui domine cependant quelques hectomètres plus loin est le silence, l'émotion contenue, partout présente un manteau de peine sur les uns et les autres. «Sa mort, on l’aurait pleurée avec peine, mais là on pleure avec rage», réagit quelqu’un parmi les jeunes. Leur rage est due aux images qu'ils n'ont pas le pouvoir d'effacer, celles de la détermination de tout un peuple qui dit simplement: «Adieu, merci», qui affirme surtout «on continue». Et la litanie reprend: «On va enterrer Mgr…». Les mots leur manquent. 

Des sujets polémiques que l'on ne refuse pas de discuter mais dont on ne peut jamais discuter tournent en boucle. Les arguments les plus crasses sont utilisés. «Quand je pense à ce que nous étions, quand je vois ce que nous sommes devenus !», s’exclame une vieille dame, adossée au muret d'une modeste maison. C’est que, confrontée à des discours plus ou moins maladroits, les personnes ici se murent dans le silence. Certains changent même de trottoir par peur de ne pas savoir quoi dire. Dans des circonstances qui, pour les gens du coin, sèment le doute et la colère, d’autres continuent de privilégier la thèse de l’assassinat même si les rapports de l'autopsie ont conclu à la noyade de leur «fils».

 

Rites 

Au micro, tandis que le rictus défigure le visage de deux intervenants, on évoque les hommages traditionnels qui seront rendus ici à Mgr Bala. A une date qui reste à fixer, l’Essani (danse funèbre) sera exécutée, apprend-on. Un comité d’organisation  est à pied d’œuvre depuis le début de la semaine dernière. Un autre monde est en voie de se créer, «pour conjurer le mauvais sort qui, le 02 juin dernier, a choisi Oveng pour se déployer», à en croire Barthélémy Evega, un proche de la chefferie. Le vœu général, selon ce dernier, est de disposer d’un endroit propice au recueillement mais pouvant accueillir suffisamment de monde pour les cérémonies d'hommage. De fait, on insiste sur le dispositif d’animation. «On prévoit des heures de danse funèbre qui vire à l'orgie, rythmée par une musique traditionnelle puissante de chez nous, signée des meilleurs joueurs de tamtams», annonce Barthélémy Evega. 

En attendant, la scène est déjà prête. Des jeunes se sont pleinement investis pour la propreté du décor. Bertin, un jeune, indique que sur le site, depuis une semaine, l’horaire est à la rallonge.  Il renseigne que Oveng met les petits plats dans les grands en fédérant plusieurs institutions notamment la sous-préfecture de Mbankomo et les services de sécurité. «La séance d’Essani n’entend pas cautériser la plaie, mais, d’une manière plus globale, étouffer la douleur d’un village qui, le traumatisme passé, devra continuer de vivre», assure Barthélémy Evega. 

 

A Oveng, beaucoup s’adressent d’ailleurs déjà à Mgr Bala dans leurs prières: «Mgr, protégez notre famille». «Merci Mgr pour mon entretien d’hier, je l’ai réussi» «Mgr, nous te confions notre village pour qu’il ait une vie paisible». Des vêpres sont célébrées quotidiennement en la paroisse Saint-Joseph, apprend-on. Le maître de céans, l'abbé Jean Martial Eloundou, y voit d’ailleurs un raffermissement de la foi dans le coin. «La cicatrisation sera longue mais cela nous a renforcés dans notre irrésistible désir de mieux vivre en fraternité. Pour que à jamais les fils et les filles d’ici  vivent unis dans l'espoir et dans la paix. Malgré l'indéniable horreur, des ponts se sont consolidés. Cette convergence humaniste fait du bien dans ce climat d'inquiétude. La vie reprend le dessus», se console-t-il.

Jean-René Meva’a Amougou


Assassinat de Mgr Bala, naufrage du Mundemba: peuple du Cameroun, donne tout ça à Dieu !

Décidément funeste ce deuxième trimestre de l’année 2017 au Cameroun. Après la mort inexpliquée de Mgr Jean Marie Benoit Bala en mai dernier, c’est le naufrage du Mundemba, un bâtiment logistique du Bataillon d’intervention rapide (Bir) Côte qui est venu endeuiller le 16 du mois courant, la nation camerounaise.

Et nous passons avec peine et compassion sur les nombreux anonymes dont les obsèques et les programmes d'inhumation sont lus sur les ondes des nombreuses radios qui, depuis 1990, année de la libéralisation de la communication sociale, émettent jour et nuit dans les villes et les campagnes du pays. 

Et le peuple s’interroge : que nous arrive-t-il ? Comment comprendre que dans ce pays où on prie tant de dieux, des gens aient pu concevoir, préméditer et réaliser sans hésiter, l’assassinat d’un évêque ? Comment expliquer et convaincre que le Cameroun est encore ce pays de paix, de convivialité et de fraternité qui a, depuis de longues années, sacralisé le religieux ? Que d’hommes de Dieu tués en si peu d’années sans qu’on puisse établir qu’il y a une guerre de religions ! 

Que se passe-t-il donc ? Qu’est ce qui explique que tant de prêtres catholiques soient devenus la cible de tueurs déterminés ? Une plainte contre X a été déposée. Elle oblige le parquet de la République à faire rechercher les auteurs du crime. Les rechercher, les interpeller et les traduire devant des juges qui devront les punir conformément aux lois en vigueur. Franchement, n'est-ce pas rêver beaucoup ? Tout cela n'est-il pas trop lourd sur les seules épaules frêles du parquet ? Fallait-il vraiment porter plainte contre X ? Qui est X ? Qui se cache derrière X ? Ne fallait-il pas laisser à Dieu la charge de cette enquête, de la rétribution et de la vengeance ? Au demeurant, Dieu omniscient lui, mieux que le parquet, sait qui est X. Ne faut-il pas retirer cette plainte pour accélérer la sanction divine ? Confions donc le cas de Mgr Jean Marie Benoit à Dieu ! Il saura lui-même punir X. La punition que Dieu lui infligera dépassera celle de Sodome et Gomorrhe. La punition sera telle que X enviera assurément le sort des Egyptiens à qui Dieu a infligé sept plaies terribles. 

Comment expliquer qu’on puisse perdre sa vie en servant son pays? Les 34 occupants civils et militaires du bateau logistique du Bir-Côte voulaient juste servir leur pays. Ils étaient en service. Faut-il rappeler que grâce à des compatriotes comme ceux que nous pleurons aujourd'hui, nous pouvons dormir la nuit d’un sommeil profond. Nous pouvons aller et venir, du nord au sud, de l’est à l’ouest sans crainte. Grâce à eux, le Cameroun offre à tous ses fils et à toutes ses filles, un cadre d'épanouissement en nette amélioration des conditions de sécurité. Recommandons donc à Dieu les âmes de ces vaillants soldats. Lui seul, dans son infinie miséricorde, saura rétribuer des hommes qui sont tués lâchement dans l’exercice de leur fonction par une mer en furie. L’ironie du sort veut donc que ceux qui ont frappé l’Evêque de Bafia aient pu agir dans le pays du Bir, du GSO, des Esir, du Gipgn, etc. Sans crainte de rien, même pas du Bir. Nous aurions pourtant tant aimé que les assassins de Mgr trouvent sur leur chemin les éléments du Bir ou quelque autre force de sécurité. Mgr Bala serait peut-être encore en vie. Quel funeste contraste ! Peuple du Cameroun, parle ! Exprime-toi! Des confins du Logone dans l'Extrême-nord jusqu'aux cataractes du Ntem dans le Sud, dis ta prière ! Dès l'aube, dis tes laudes! Au crépuscule de tes journées, sonne l'Angélus ! Dieu, assurément, t'écoutera et t'exaucera !

 Engelbert Essomba Bengono

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