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Après le rapport d’Amnesty International: Le Pentagone enquête au Cameroun

Écrit par  Célestin Ngoa Balla à New York

Le ministère américain de la Défense veut savoir si certains de ses éléments  sont impliqués dans les présumés actes de violation des droits de l’Homme  dans la guerre contre Boko Haram.

C’est une photo contenue dans le récent rapport de Amnesty International qui a attiré l’attention du haut commandement militaire américain. Celle-ci montre des soldats dans l’un des lieux indiqués par l’ONG internationale de défense des droits de l’Homme. L’image décrit une scène de torture infligée à des présumés membres de la secte Boko Haram. En plus d’être inquiété par ladite image, le Pentagone a porté son attention sur deux témoignages. Portés par deux personnes détenues à Salak (Extrême-nord) par le Bataillon d’intervention rapide (Bir) et relayés par Amnesty International dans son dernier rapport, ces témoignages précisent avoir vu des hommes blancs s’exprimant en  anglais (aux côtés des soldats camerounais), porter des coups à leurs camarades. Plus croustillant encore, Amnesty International rapporte que ces « blancs » étaient des Américains. 

 

Prise au sérieux 

En s’adressant à la presse mercredi dernier, la capitaine Jennifer Dyrcz, l’une des porte-paroles de l’armée américaine, a déclaré que le Pentagone avait ouvert une enquête à la suite d’un récent rapport de Amnesty International sur les tortures et autres exactions subies par les adeptes de Boko Haram par les militaires camerounais. Mais jusqu’où ira l’enquête du Pentagone et que nous réserve-t-elle? Questions que Jennifer Dyrcz dit pour le moment ne pas avoir de réponse.

Dans une lettre adressée à Amnesty International, Michael Hoza, l’ambassadeur des Etats-Unis  à Yaoundé, s’est empressé de rappeler que certaines unités du Bir méritaient d’être sevrées de l’assistance militaire américaine. « L’embargo » avait été prononcé à la suite de dénonciations d’Amnesty International. Laquelle épinglait les militaires camerounais les accusant entre autres de graves atteintes aux droits des présumés terroristes de Boko Haram. Le gouvernement local, par la voix de Issa Tchiroma Bakary, son porte-parole, avait réagi en insistant sur les manœuvres de déstabilisation du pays. 

 

Dans le rétroviseur

C’est en octobre 2015 que le président Barack Obama avait annoncé d’avoir autorisé l’envoi de 300 militaires américains au Cameroun pour aider le pays et d’autres de la sous région aux prises avec Boko Haram. C’était sur la base d’un mémorandum d'entente signé le 23 octobre 2915 entre Joseph Beti Assomo, le ministre camerounais délégué à la présidence chargé de la Défense et le général David M. Rodriguez, le commandant d'Africom (forces américaines pour l'Afrique). Ces deux personnalités annonçaient simplement que  «l'accord régit la coopération entre le Cameroun et les Etats unis dans la lutte contre Boko Haram».  Tout au plus, à cette date-là, le document encadrait les dons de matériel pour un  montant  de plusieurs milliards de francs CFA  au bénéfice de  l'armée camerounaise. Et selon une annonce faite le 29 septembre 2015 par le Pentagone (ministère américain de la Défense), la firme américaine Insitu Inc, basée à Washington, avait reçu du gouvernement camerounais une commande de drones de combat de type Scan Eagle, pour un montant total d'un peu plus de 5 milliards de francs CFA. A l'ambassade des Etats unis au Cameroun, on expliquait alors que l'essentiel du travail de ce contingent consistait à la manipulation des drones et à la formation des soldats camerounais à cette tâche.

Pour leur déploiement au Cameroun, les soldats américains n’étaient pas censés s’impliquer dans les batailles mais, juste un travail d’espionnage et de renseignement. Depuis l’éclosion de la secte terroriste nigériane en 2009, les Américains avaient toujours refusé de lever le petit doigt pour aider les pays attaqués par cette vague sans précédent d’islamistes en Afrique noire. A en croire certains observateurs aujourd’hui, Barack Obama avait été contraint d’envoyer des troupes au Cameroun, pour parer la nouvelle arme de Boko Haram qui consistait à faire porter des ceintures d’explosion à des jeunes filles dont Washington soupçonnait être parmi des élèves enlevées à Shibok au Nigéria. En clair, c’est l’entrée en jeu des américains dans la chasse au tresor dans le golfe de Guinée.

Le nouveau patron de la Maison Blanche, Donald Trump semble avoir donné une autre orientation à ces troupes américaines au Cameroun. En e ffet, dans une lettre adressée au Congrès le mois passé, Trump assigne une mission d’espionnage et de surveillance et des opérations de reconnaissance dans la sous-région aux troupes américaines au Cameroun.

 

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