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Cameroun-Tunisie: Une coopération modelée à l’intégration économique

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou
S.E. Janel Snoussi, le maître-d’oeuvre. S.E. Janel Snoussi, le maître-d’oeuvre.

A Yaoundé, le Forum d’affaires entre les créateurs de richesses des deux pays a débouché sur une unanimité: servir de bagage doctrinal à une nouvelle stratégie de transformation des relations économiques en Afrique.

Exemple

Le Cameroun et la Tunisie ont décidé de surfer ensemble sur la vague de la coopération. En vertu de compétences spécifiques à l’un et l’autre pays, cette coopération se développe dans un cadre bilatéral. Parce que confrontés aux grands défis actuels comme la mondialisation des échanges, la globalisation financière et les crises afférentes, l’accroissement démographique ou les changements climatiques, qui ne peuvent que les fragiliser et y créer de nouveaux déséquilibres, le Cameroun et la Tunisie écrivent depuis peu une nouvelle étape dans la lente histoire de la coopération Sud-Sud. D’un côté comme de l’autre, on se montre partisan du développement de la collaboration dans différents domaines: travaux publics, médecine, études supérieures, communication, agro-industrie, recherche scientifique, tourisme et sécurité entre autres.

S.E. Janel Snoussi, l’ambassadeur de Tunisie au Cameroun, a démontré toute la vitalité de ce qui tend à être érigé en exemple en Afrique, en termes d’intégration économique. Selon le diplomate, les chiffres de cette coopération multisectorielle sont éloquents. Les importations tunisiennes du Cameroun en 2012 ont été évaluées à 7182 millions de dollars américains, soit 4,291 milliards de Fcfa. En 2013, ce chiffre est passé à 13,29 milliards de francs CFA. Les exportations vers le Cameroun ont par contre été de 14 milliards 492 millions 500 mille francs CFA pour l’exercice 2012, contre 16 milliards 232 millions en 2013. Le Cameroun, selon les statistiques officielles, figurait en 2016 à la 52e place des fournisseurs de la Tunisie, dont il était alors le 31e client. 

Depuis qu’il séjourne au Cameroun, Janel Snoussi ne cesse de marteler que «l'économie africaine est aujourd'hui encore trop morcelée entre plusieurs organisations régionales construites sur des bases héritées de la colonisation et qui correspondent de moins en moins aux réalités vécues au quotidien par les Africains. En sortant de ces schémas, l'Afrique peut relever le défi d'une mondialisation qui ne se fera plus à ses dépens, d'une intégration mondiale dont elle saura capter les flux pour corriger les inégalités dont elle a trop souvent souffert». A la fois promesse de développement pour le continent, l'intégration économique voulue par son pays est aussi une promesse de croissance pour l'économie  d’Afrique centrale, tant le Cameroun est présenté par les économistes comme le pivot de cette sous-région. Au travers des missions économiques pilotées de part et d’autres, des perspectives nouvelles d’investissement apparaissent. Et des capitaux importants sont orientés avantageusement vers des secteurs porteurs de croissance. C’est l’idée d’une coopération Sud-Sud conjuguant les apports d’un  grand ensemble économique entre les deux pays disposant d’une population, d’une main-d’œuvre, d’un espace industriel et d’un climat politique et économique favorable aux investissements. 

 

Le dernier forum économique entre le Cameroun et la Tunisie des 28 et 29 juin dernier à Yaoundé en est une parfaite illustration.

De l’analyse réaliste de la coopération Cameroun-Tunisie, qui débouchait il y a quelques années sur une stratégie mal définie, les deux pays sont, depuis peu, passés à une politique gagnant-gagnant, au sens vulgaire du terme. On l’aura encore expérimenté tout au long du récent Forum économique entre «le géant d’Afrique centrale» et son partenaire d’Afrique du Nord. C’est qu’«un grand dessein demeure, comme une référence séduisante, comme le signe d’une autre solution possible qui, peut-être un jour, servira de bagage doctrinal à une nouvelle stratégie de transformation des relations économiques en Afrique», a dit S.E Janel Snoussi face à la presse le 28 juin dernier à Yaoundé. Et au ministère camerounais de l’Econommie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), parrain de l’événement on pense que «cette autre rencontre entre les opérateurs économiques camerounais et tunisiens s’est construite sous les auspices d’une vision à long terme». 

 

Participation

On comprend alors pourquoi une quarantaine d’opérateurs économiques tunisiens ont participé à cette rencontre, dont le but était «d’identifier les possibilités de coopération; établir un cadre de partenariat ; conclure des accords de commercialisation de services, d’équipements et de produits ; examiner les possibilités d’investissement, de joint-venture et de financement de projets mutuellement avantageux». Les hommes d’affaires tunisiens présents à cet évènement avaient divers profils : Ils se recrutaient dans les filières telles que l’agriculture et l’agro-industrie, les énergies renouvelables, les TIC, l’industrie, l’ingénierie, l’énergie et l’eau, le BTP, la santé, l’industrie pharmaceutique, le tourisme, les études et conseils. L’intention était, selon Janel Snoussi, «de développer une offensive économique tous azimuts et  multi-niveaux. C’est pourquoi ceux qui sont venus sont des acteurs qui  mobilisent , dans le plus grand pragmatisme, des outils aussi variés que les accords bilatéraux, plurilatéraux, les intégrations régionales dont ils sont membres et les organisations multilatérales, sous couvert d’un discours  préconisant l’intensification de la «coopération Sud-Sud». Le plénipotentiaire tunisien a poursuivi en affirmant que «les rapports Cameroun-Tunisie ont évolué vers une perspective plus inclusive, cherchant à associer davantage leurs les opérateurs économiques de tous les horizons, pour coopérer dans le cadre d’un agenda désormais élargi à de multiples domaines»

Côté camerounais, indépendamment des gains économiques en présence, les retombées s’apprécient ici encore en termes d’image pour les deux acteurs. Au Minepat et dans les milieux d’affaires intéressés, on a déduit que les efforts en vue d’harmoniser les marchés entre les deux pays et créer un marché élargi à l’échelle de l’Afrique sont grands, étant donné que les intérêts commerciaux de la Tunisie et du Cameroun ne s’arrêtent pas nécessairement aux frontières de leur CER. On a également déduit que dans le domaine des échanges commerciaux entre Tunis et Yaoundé, il y a de la place pour la coopération entre les pays du Nord de l’Afrique et ceux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

 

Potentiel

Pour cela, on capitalise sur les tendances actuelles: «Celles-ci montrent, à travers les intérêts en jeu et le potentiel des partenaires en présence que le plus important reste à venir. La recomposition actuelle des paysages politiques en Tunisie et la stabilité camerounaise laissent également présager de ce que le moment est venu pour une intensification des relations bilatérales». Dans le cas spécifique des relations entre la Tunisie et le Cameroun, l’existence d’un potentiel réel d’échange tel que suggéré par la différence de niveau de développement et la différence de spécialisation devrait être exploité.

En matière de relation avec les autres acteurs de l’intégration économique, Louis-Paul Motaze, le Minepat, a salué le changement d’approche de l’intégration économique sur le continent. «Avec nos partenaires, nous vivons désormais une intégration par les acteurs pour contourner les obstacles politiques à l’intégration, c’est une approche pragmatique qui prend en compte le secteur privé. Car le secteur privé  à travers son expérience a montré que toute politique d’intégration qui ne met pas les acteurs non étatiques au centre des stratégies développées est vouée à l’échec», a-t-il déclaré.


Marouane Mabrouk, industriel tunisien

«Ce forum occasionne des approches l’intégration économique»

A travers ce type d’événement, les débats théoriques sur le rôle de l’intégration économique sur le continent africain comme étape ou obstacle à la mondialisation et comme mode d’insertion dans l’économie mondiale vont connaître un renouvellement. Ce forum occasionne des approches l’intégration économique entre les pays africains comme un moyen d’insertion dans l’économie mondiale compatible avec une plus grande ouverture au niveau mondiale. Le contexte de l’économie mondiale résolument ouverte et libéralisée ira de pair avec les théories de l’intégration économique.

 

 


Hamadi Bousbai, homme d’affaires tunisien

«Il est temps de penser autre chose»


Les résultats en termes de vulnérabilité aux crises, de fragilité politique et institutionnelle et surtout le panorama socio-économique désastreux en Afrique obligent, à critiquer les fondements économiques qui émanent des bailleurs de fonds occidentaux. Il est temps de penser autre chose et c’est ce que nous faisons chaque jour pour jouer notre rôle dans le champ de l’intégration économique africaine.

 

 

 


 Valère Ebobissé, homme d’affaires camerounais

«Très enrichissants»

Les perspectives de création d’un partenariat entre deux pays africains pour le développement de leurs économies me semblent porteuses ; car très enrichissants. Ce forum va permettre aux décideurs, au secteur privé et aux représentants des institutions impliquées dans divers secteurs d’être en mesure de prendre des décisions pertinentes sur le développement de certaines filières. A mon avis, il servira également de forum pour l'échange de connaissances sur le potentiel des investisseurs africains et sur les défis connexes, en procédant à l’analyse des obstacles au transfert de technologies, au partage des expériences.

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