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Sécurisation des titres identitaires au Cameroun: Des étrangers brandissent la carte de l’ignorance

Écrit par  Mercedes Beleheka (stagiaire)

Plus de deux semaines après le décret définissant les nouvelles caractéristiques de la carte nationale d’identité (CNI), de séjour etc., le message n’est pas encore arrivé auprès de certains ressortissants des autres pays.

Alamine est un couturier sénégalais, il est installé au quartier Briqueterie à Yaoundé. A l’évocation du sujet sur la nouvelle carte de séjour ou de résident, il a l’air surpris. Comme ci la langue d’échange lui était inconnue et pourtant seul le sujet l’est. «Je ne sais pas de quoi il s’agit, je n’en ai jamais entendu parler, d’ailleurs expliquez-moi». C’est en ces termes que le jeune homme s’exprime. Dans ce quartier populeux dans la capitale réputé pour sa forte concentration des communautés ouest-africaines, le décret du chef de l’Etat signé le 04 août dernier définissant les caractéristiques de la carte nationale d’identité, de la carte de séjour, de résident  et de la carte de réfugiés n’est pas encore connu. Ici, le quotidien suit son cours normal. Les questions liées à la sécurité ou à l’identité ne sont pas toujours les plus débattues. Ces étrangers qui, pour la plupart vivent dans la psychose, ne sont pas des plus accueillants. Surtout lorsqu’il s’agit d’un visage inconnu. Aboubacar, 31 ans, est Malien. Installé au Cameroun depuis 04 ans, le jeune homme éprouve de la gêne à la seule évocation du sujet. Outre le fait qu’il ne soit pas informé, il n’a jamais établi une carte de séjour. Comme lui, nombreux sont ses compatriotes qui vivent dans l’anonymat et ne s’intéressent guère aux modalités d’acquisition des titres identitaires pour étrangers.

 

Engouement

Au quartier Nlongkak, précisément au commissariat de l’Émi-immigration du Centre, l’envie d’identification est perceptible chez les étrangers. Debout, assis, en rang, ils attendent renouveler  leurs titres de séjour au Cameroun. Reste que beaucoup  n’ont pas l’air informés. Selon une source proche dans ce commissariat, l’information n’a pas encore été reçue par ceux qui viennent vers eux. «La plupart des étrangers que nous recevons depuis la publication de ce décret ne sont au courant de rien, ceux qui le sont, ont l’air  plutôt ravis. Mais nos frères de l’Afrique de l’Ouest ne le savent pas encore en majorité», confie cette source. Pourtant les nouvelles mesures de sécurité ont été prises pour renforcer leur sécurité et éviter les manipulations frauduleuses. Selon certains responsables du HCR, une phase de sensibilisation se prépare. Elle donnera l’occasion de montrer quels sont les changements qu’apporte cette nouvelle carte et comment elle mettra en sécurité ceux qui l’auront.


Les limites de la nouvelle CNI

Dans une tribune libre parvenue à notre rédaction, Genestar Technologies, entreprise spécialisée dans l’identification biométrique se prononce sur sa mise en place. 

«Les conditions ne sont pas encore réunies pour doter notre pays d’un système d’identification fiable et pérenne». C’est l’analyse faite par Jean Génestar Priso, expert sur les questions de Carte nationale d’identité (CNI) et parallèlement directeur de l’entreprise Genestar Technologies installée au Cameroun depuis bientôt trois ans. Dans sa contribution technique sur les titres identitaires au Cameroun, il multiplie les interrogations sur la qualité tant vantée de la nouvelle CNI et la capacité réelle du Cameroun à se l’offrir. Morceaux choisis: «Avons-nous aujourd’hui une gestion rassurante de l’état-civil de notre pays sur tout le territoire national, pouvant produire des actes de naissance avec un minimum de sécurité et d’authenticité ? Quels sont les pays en Afrique qui utilisent les cartes à polycarbonate? Qu’adviendrait-il si cette machine tombe en panne, le service après-vente est assuré par qui? Et les pièces détachées sont-elles disponibles, en cas de perte de la CNI ? Comment de manière pratique un citoyen camerounais qui se trouve à Nkongsamba, Buea, Bafoussam encore moins à l’étranger peut-il refaire sa carte d’identité ?» La liste des questionnements n’est pas exhaustive. Face à toutes ces questions, l’expert apporte des éléments de réponse tels que : «L’état civil camerounais ne dispose pas encore un moyen de sécuriser l’acte dès la naissance. L’identification unique apporterait la réponse à la question de la sécurité et de l’authentification de l’acte de naissance. Gemalto  n’a pas une représentation technique au Cameroun et n’est même pas fabricant de machine. On nous annonce deux data center, un sûrement à Yaoundé et un autre au Nord, zone à risque. Cela ne devrait pas être envisageable pour l’instant. A moins que ce choix ne réponde à d’autres motivations. Les cartes polycarbonates sont plus fragiles, ce qui conduit à les proscrire lorsqu’il s’agit de cartes à utilisation fréquente, car elles ont une durée de vie de 3 à 5 ans». 

L’un des problèmes majeurs que rencontre également ce projet, selon Jean Génestar Priso, c’est la centralisation de la production de la carte nationale d’identité, qui aura un impact sur la sécurité dans le traitement, compte tenu des échéances électorales. Pour défendre sa position, l’expert utilise, comme le disait Galilée, le langage par lequel Dieu créa l’univers, c’est-à-dire les mathématiques. «Gemalto nous annonce une machine qui produirait 600 cartes/ Heure. Faisons le calcul : Par jour : 600 x 12 =7 200 cartes. Par an: 7200 x 360= 2 592 000 cartes. Donc il faudra plus de 9 ans pour doter les 24 millions de camerounais de la nouvelle carte. Entre temps les premières cartes délivrées seront déjà périmées deux à trois fois, puisque leur durée de vie est de 3 ans maximum».

En outre, ce dernier revient sur le fait que le Cameroun sera le premier pays en Afrique à utiliser une CNI dotée d’une puce ce qui selon lui devrait susciter des appréhensions chez  les dirigeants et populations camerounaises. «Si c’était un  bon plan d’autres pays l’auraient adopté avant le Cameroun». Pour le directeur de Génestar technologies, la solution viendra d’un bon temps de préparation pour un projet d’une telle envergure. Ce qui permettra d’éviter un résultat précipité, coûteux et inefficace comme cela est en train de se dessiner.

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