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Cinquantenaire de la fête de la jeunesse: L’émoi de la désillusion juvénile à Yaoundé

Écrit par  Rosine Biloa, Stagiaire
Des jeunes dans une boîte de nuit: l’alcool comme exutoire Des jeunes dans une boîte de nuit: l’alcool comme exutoire

Paradis perdu et enfer qui dure, jardin des délices et surtout des supplices, tel est le quotidien des jeunes pour qui la célébration du 11 février n’est autre qu’un non-événement.

«Destin !» Le prénom pourrait en effet sans dommage parler d’un avenir brillant. «Certainement que c’était joli quand mes parents me le donnaient il y a une trentaine d’années…» Pas très économe de gestes, le gaillard égrène sa misère avec une fluidité telle que son corps semble parfois flotter à côté des mots. Ils sont tristes et drôles, lointains et concrets. Du «grand» auquel il aspirait, il ne lui reste aujourd'hui qu'une paire d'escarpins bleus, une étrange coiffure qui lui hérisse le crâne et un Master II en économie. A 32 ans, Destin est partagé essentiellement entre ennui, aigreurs, contrariété, indifférence et irritation. En parfait équilibre entre douleur et douceur, il ponctue: «c’est rien, la fête de la jeunesse !», un refrain censé nettoyer le plateau d’une tension qui revient aussitôt: «Au fil du temps et des thèmes superbement agencés,  on a donc vite oublié le concept initial pour ne retenir que les mélodies addictives, la douce mélancolie et la force du beat qui pousse fortement les jeunes vers les dancefloor du pays . Et le soleil a tellement grossi qu’il menace d’exploser. De grâce, laissez-nous souffrir en paix!». Depuis la fac et un stage en entreprise, Destin a creusé son trou à Mokolo. En dix ans, le jeune a alterné sous-traitance et démarchage, passant de garçon de course à chômeur. A quelques mètres au lieu dit «Salon Android», Linda O., une jeune fille coiffe une dame brune. Les mèches qui pendouillent entre ses mains édifient le reporter sur un tas de hantises alliant la décadence et le délaissement. Et pour pester contre la Fête de la jeunesse, Linda O. (BTS en comptabilité) lâche: «La fête de la jeunesse c’est comme si un bidonville poussait sous la surface de nos cités prospères. Si cela ne dépendait que de moi, on aurait déjà décrété la date de péremption de cet artefact qui s’est enrichi cette année d’un pagne». Impression corroborée par d’autres voix d’hommes qui déclament: «Allez avec çà ailleurs!». Ici, tout fait sens et non-sens: dans ce monde ébréché, les jeunes se disent privés de leur substance fonctionnelle, livrés à une sorte d’errance immobile, ils pensent qu’ils sont arrivés là «par effraction». La rêverie angoissée qui entoure leurs mots renvoie très directement aux méditations désenchantées qu’ils font sur la fête de la jeunesse. «Un bluff, la répétition d’un discours: un orateur rode son texte avec une poignée de journalistes, et un débat s’ouvre entre ces derniers et des hommes politiques sans envergure. Les uns et les autres questionnent  des lieux communs sous prétexte de revisiter la dimension socio-politique de on ne sait quoi. L’exercice est gai et consensuel. Voilà la fête de la jeunesse», tempête Destin. L’effet «redite» est d’autant plus pesant que Destin pense qu’il est difficile de croire qu’elle n’injecte pas une maladie supplémentaire sur la jeunesse. Au milieu de deux récits entrelacés à deux générations de distance,  Linda O. semble débiter un émoi juvénile, une histoire de survivance et de résilience. «C’est un événement entretenu par ceux qui disent être éternellement jeune et qui sont aux affaires, on supporte çà malgré nous avec la peur viscérale que nous pouvons mourir sans voir le bout du tunnel». Le temps des rêves véhiculés par la célébration du 11 février est pour elle celui de la débauche, des mauvaises bières, des fêtes organisées dans les hangars, des premières amours… que le réel vient très vite saborder, imprimant sa noirceur, entraînant les jeunes dans un tourbillon de bastons, de larcins, de stupéfiants. 

 

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