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Crise anglophone: Akere Muna dans l’oeil du cyclone

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou

L’affaire a déjà emballé de gros bonnets du droit, avec plus ou moins de malheur. Pour l’avenir, un épais nuage empêche toute lisibilité.

Un nom, un label. Maître Akere Muna ! Le 24 mars dernier, ce fauve a, sur convocation  du lieutenant-colonel Serge Aleokol (le chef du Service central des Recherches judiciaires à la Gendarmerie nationale) déboulé dans le fumoir du Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). Selon nos informations, il y était pour avoir «intellectuellement amplifié la crise anglophone». Arrivé vers 09 heures, l’avocat au barreau du Cameroun est reparti libre à 14 heures sans faire de déclaration sur le menu de l’interrogatoire auquel il a été soumis. A en croire des sources introduites, l’exercice a consisté à entendre l’ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats du Cameroun au sujet des multiples sorties médiatiques. «C’est notamment celles contenues dans le quotidien Le Jour, l’une en décembre de l’année dernière et l’autre en janvier 2017 qui auront constitué les socles de toutes les questions posées à notre confrère. Il a donné des éclaircissements par rapport à ses dires dans cet organe de presse et a été remercié tout simplement pour sa disponibilité», souffle Maître Ebénézer Etoundi. Pour la suite, Maître Jackson Francis Ngnié Kamga (actuel Bâtonnier de l'Ordre des Avocats au barreau du Cameroun) indique que celle-ci dépend de l’usage que les enquêteurs feront des réponses fournies par Maître Akere Muna au cours de son audition. «C’est une procédure ouverte dans un contexte bien connu, celui de la crise qui traverse les régions anglophones du pays. On attend…», a balancé Maître Jackson Francis Ngnié Kamga à la presse. 

 

Encore au gnouf

Les pandores du Sed ont donc laissé cet autre « client » regagner sa résidence sise au quartier Bastos (Yaoundé) en liberté. Ce dont n’avait pas bénéficié Paul Ayah Abine (67 ans). Parti de son domicile en milieu de matinée du 21 janvier 2017 pour répondre à convocation du Sed, l’avocat général près la Cour suprême y a été retenu. Malgré la demande de mise en liberté introduite par ses avocats le 21 mars dernier à l’attention du Tribunal de grande instance de Yaoundé (TGI) Centre administratif, le magistrat hors-hiérarchie est toujours en détention au Sed. Il doit, selon le TGI, répondre des faits de complicité et apologie de terrorisme, rébellion et propagation de fausses nouvelles dans le cadre des revendications relatives à la crise anglophone. Bien avant (le 06 mars 2017 précisément), Paul Ayah Abine a publié une déclaration sous serment. Il y décrivait les conditions de son arrestation et soulignait aussi en ignorer les motifs. 

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu plusieurs articles sur le sujet pour savoir que la crise dite «anglophone» qui traverse le Cameroun n’est pas née d’une seule sensibilité ou dans un seul sillon. Au fil des jours, elle place devant la barre des individus. Le 23 mars 2017 au tribunal militaire de Yaoundé,  25 leaders et activistes anglophones ont été présentés au Commissaire du Gouvernement. Elles sont poursuivies pour, entre-autres, hostilité contre la patrie, rébellion et coaction d’actes de terrorisme. L’affaire a été renvoyée en délibéré au 7 avril prochain, et au 27 du même mois pour la suite des débats.

 

A qui le tour ?

C’est la question que l’on se pose. «Cette crise dite anglophone est une affaire enchevêtrée qui se met à fonctionner dans un contexte d’accusations difficilement partagées», analyse Maître Ebénézer Etoundi. Partant de cette approche, cet avocat propose d’envisager de façon chronologique la suite «à partir des boucles et des dynamiques dont elle est constitutive». Les faits lui donnent raison: le 21 mars 2017, Minette Libom Li Likeng, la ministre des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL), a annoncé, le retour de la connexion internet dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, plus de deux mois après la décision de rupture. «Tout est mis en œuvre pour que la sérénité revienne, que l’Internet soit disponible partout dans le pays».En tout état de cause, «ce n’est qu’une question de patience», a assuré la ministre, se désolant du fait qu’«il y a des situations désagréables pour lesquelles certaines décisions sont prises».

Et maintenant que réserve la suite ? Là réside tout le mystère. On ne sait pas ce que révèleront les enquêtes, surtout dans cette ambiance où chaque accusé se lâche, critique et égratigne le pouvoir.


Francophonie, Commonwealth: Sirènes hautes, bas bruits

Le contexte sociopolitique dans le pays a contribué à atténuer l’ambiance de la célébration de la journée de l’une et l’autre institution.

On a dit célébration, le mot a rappelé l’attrait et l’effervescence infinie que les journées du Commonwealth  et la Francophonie suscitent souvent au Cameroun.  Cette année, ni le ronronnement des médias, ni le léger bougé des slogans sur les murs de quelques associations n’ont pas suffi pour que le Commonwealth et la Francophonie écrivent une autre page de leur chronique dans le pays. Partout, on attendait  le « Club des Gentlemen » cheminer au travers d’une thématique ramassée sur une déclinaison originale : «A peace building Commonwealth». 

Le 07 mars à Yaoundé, Bamenda et Buea, l’événement n’a pas emprunté son versant habituel. Ce jour-là, la CRTV-radio rapportait que «seuls les membres de la communauté ont fait un don aux victimes de Boko Haram et aux réfugiés de guerre». Le 09 mars 2017, le même média annonçait l’ouverture du village du Commonwealth. Sur le site, juste une poignée d’exposants et une table ronde peu courue.  Le 11 mars, des activités sportives seront exécutées à Buea. Juste une marche de paix et un match de cricket avant «l’apothéose» quasiment ignoré  le 13 mars 2017 à Buea « sur le haut patronage du président de la République, Paul Biya ». 

 

Message

« J’aime, je partage » #mon 20 mars ». Tel était le thème de la Semaine de la Francophonie (20-24 mars 2017).  Quatre jours au cours desquels seuls ont été répertoriées des sorties de quelques puristes de la langue de Molière à Yaoundé notamment. Cette occasion a permis à Michaëlle Jean de porter un message vers tous les peuples ayant la langue française en commun. « Nous savons, face aux menaces, aux défis et aux urgences du moment, que c’est collectivement qu’il faut répondre, pour faire advenir un monde plus équitable, plus harmonieux, plus stable. Plaçons cette Journée internationale de la Francophonie sous le signe du partage : partage de ce que l’on aime, de ce que l’on est, de ce que l’on fait, de ce qui nourrit nos convictions et nos engagements. Saisissez cette occasion pour montrer ces gestes que vous posez autour de vous, ces idées que vous défendez à votre façon, à grand renfort d’imagination et de créativité, votre volonté de coopérer, de co-constuire un projet à la hauteur des aspirations et de la dignité de toutes les femmes et de tous les hommes », a dit la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.

 

Approches

Ce message, certains l’ont lu au prisme de l’actualité nationale. Dans une déclaration sur les ondes de Yaoundé Fm 94 (la chaîne de proximité de la CRTV), le Dr Elvis Akem Ngenko estimait que «le manque d’effervescence observé cette année. On ne sait plus ce que ça fait. On en vient même à se demander si ce jour est vraiment arrivé…». A en croire cet enseignant retraité, «les réserves d’interprétation et l’officialité de la Journée du Commonwealth et de la Semaine de la Francophonie n’ont pas réussi à obscurcir le débat sociopolitique de l’heure au Cameroun à défaut de l’envenimer».

Jean-René Meva’a Amougou

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