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Décret présidentiel du 15 mars 2017: Entre effet d’aubaine et effet de contexte

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou

L’intitulé est clair: «Décret N° 2017/097 du 15 mars 2017 portant nomination des membres de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme».

A la faveur de ce texte, Peter Mafany Musongue (ancien Premier ministre, Grand Chancelier des Ordres nationaux, président du Groupe parlementaire du RDPC au Senat et membre du Bureau politique du même parti) est promu président de la CNPBM.  Il est assisté, au poste de vice-président, par Oumarou Djika Saidou, ancien fonctionnaire du ministère des Mines. Treize autres personnalités complètent la liste. Celles dont les patronymes sont plus claquants sont : David Abouem A Tchoyi (ancien gouverneur des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest), Benjamin Mutanga Itoe (ancien ministre des Transports puis de la Justice), Ama Tutu Muna (ancienne ministre des Arts et de la Culture) et l’abbé Jean-Marie Bodo.

A décrypter la configuration de cette équipe mandatée pour cinq ans «éventuellement renouvelables», d’aucuns ne ménagent pas leur réflexion. «Paul Biya a encore été fidèle à sa méthode à savoir rendre illisibles ses recrutements», analyse Raphaël Babang. Pour ce membre du Social Democratic Front dans la région du Centre, «la désignation par décret présidentiel des membres de la CNPBM au moment où les débats au sein des deux chambres du parlement sont rythmés par de nombreuses interrogations sur la crise anglophone, résonne comme une instrumentalisation de cette crise au service de la stratégie de celui qui a signé ce texte». Au moins en première analyse selon cet homme politique, «il s’agit d’un effet d’aubaine consistant à effacer subitement de l’ardoise de l’urgence la problématique de la décentralisation effective et de la gestion du vivre-ensemble». Pour conforter cette posture, Raphaël Babang indique que les effets systémiques du décret présidentiel du 15 mars dernier se résument à une logique univoque. «En fait, dit-il, le président de la République a juste saisi la fenêtre d’opportunités que lui offre la  présente session parlementaire pour procéder à une redistribution partielle et assez aléatoire des cartes». 

Dans un registre proche, Rémi Tchougang, un acteur de la société civile, estime qu’ «à travers ce décret, l’on ne peut s’empêcher d’y voir un Paul Biya gagnant une image d’homme d’Etat et de fin politique». Il en veut pour preuves l’intention du chef de l’Etat de profiter pleinement d’une aubaine qui paraît à la fois évidente et majeure : «la proximité du décret avec l’agenda parlementaire». Celui-ci, avance Rémi Tchougang, va traiter sans véritable enjeu les thèmes qui touchent de près la question anglophone: la décentralisation et l’ordre de préséance au sommet de l’Etat. Et l’économiste Dieudonné Essomba d’assener: «Voilà 20 ans qu’on s’est proposé de mettre en place la décentralisation, et voilà 20 ans qu’on tourne en rond, on ne sait pas pourquoi ! Et au lieu de résoudre le problème, qu’est-ce qu’on propose ? On veut l’enfumer dans des mesures artificielles comme le recrutement de quelques strapontins, toujours dans la logique de l’Etat omnipotent et ubiquitaire que les Anglophones récusent précisément».

 

Une réelle dynamique

De l’avis d’autres citoyens, le dispositif mis en place la semaine dernière par le président de la République participe d’un ancrage à une situation particulière. «Au moment où il y a péril sur notre vivre-ensemble, ce décret enclenche véritablement une vraie dynamique de fond pour la promotion de l’unité», assure Mohamadou Kalban. A en croire ce militant du RDPC, la «Commission Mafany» intervient dans un contexte où l’opinion est à même de mieux comprendre comment des acteurs peuvent collectivement actualiser leurs croyances et leurs raisons d’agir, et par ce biais légitimer le changement par une mesure de politique publique. 

En cohérence avec le décret, le Dr Léon Kelbe estime que «le contexte de l’entrée en scène de la CNPBM combine les contraintes positionnelles et la poursuite intelligente de l’intérêt  national». L’universitaire ajoute: «les nouvelles attentes sociétales exigent parallèlement une nouvelle approche du vivre-ensemble et dans ce cas, les acteurs nommés dans ce décret  bénéficient d’un contexte qui fait l’unanimité à savoir une même perception du problème à traiter, des résultats à atteindre et des moyens les plus appropriés pour y parvenir».

Jean-René Meva’a Amougou

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