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Afrique : ce qu’il faut attendre du futur président français !

Écrit par  Engelbert Essomba Bengono

Depuis dimanche 23 avril 2017, la clarification en vue du deuxième tour de l'élection présidentielle en France est faite. Madame Le Pen, ex-présidente du Front national affrontera, le 07 mai prochain, M. Emmanuel Macron, président du mouvement "En Marche".

Nous avions déjà, dans cette même chronique, émis certaines opinions qui nous semblaient dignes de structurer une réflexion et des actions sur les attentes des pays africains membres de la Zone franc et de la Francophonie. Maintenant que les choses sont précisées, il est bon que nous tentions un examen des "nouveaux" paradigmes qui pourraient, dès le 07 mai 2017, orienter les relations franco-africaines, sachant que les deux candidats sont partisans de la fin de la France-Afrique d'une part, et favorables à une "nouvelle" forme de coopération d'autre part. Tous comptes faits et sans exhaustivité, nous avons identifié trois concepts qui pourraient fonder la nouvelle politique africaine de la France. Il s'agit de la continuité, de la rupture et du renouvellement.

La continuité de la coopération technique, militaire, économique et financière. Cette coopération étant fondée sur des accords non dénoncés par les Etats en présence, le bon sens voudrait qu'on les respecte et qu'on les applique. Le principe "pacta sunt servanda" ou le respect de la parole donnée y oblige la France et les Etats africains. Dans ce domaine, M. Macron continuera, par exemple, à soutenir la présence militaire quasi "anarchique" de la France en Afrique. Il continuera également à faire tenir et suivre dans les livres du Trésor français, les comptes d'opérations jusqu'à ce que les Etats africains de la Zone franc décident souverainement d'avoir leurs propres monnaies respectives ou une monnaie commune, le cas échéant. Les deux candidats ont fait un déplacement respectivement en Algérie pour M. Macron et au Tchad pour Mme Le Pen. Publiquement, ils ont exprimé la volonté de continuer la coopération, dans l'intérêt bien compris des "partenaires" français et africains. Le style va à coup sûr changer, mais, il ne faut pas s'attendre à une abrogation de la nouvelle version des accords militaires par exemple. Il ne faut pas non plus s'attendre à des changements dans les contrats de désendettement et de développement (C2D) au Cameroun. Il faut encore moins s'attendre à la dénonciation des accords intérimaires de partenariat économique (Ape) signés par le Cameroun et la Côte d'Ivoire, parce que dans ce cas, le cosignataire est l'Union européenne et non la France. Le prix bas du baril de pétrole étant une variable importante dans les nouveaux modèles de relance économique que les deux candidats proposent, le maintien des prix actuels est une aubaine dont ils espèrent les effets dans la durée. 

La rupture est le deuxième moteur de la dynamique nouvelle que portent les deux candidats. Rupture avec le passé "france-africain" et ses vieilles méthodes. Rupture avec les mauvaises pratiques. Mme Le Pen veut rompre avec l'Union européenne et la Zone euro. Si cet objectif est atteint, les Etats membres de la Zone franc subiront la fin de l'arrimage de leur monnaie à l'euro. La France devra in fine clôturer et solder les comptes d'opérations. 

Jusqu'ici, cette volonté de rupture s'est le plus exprimée sur les questions européennes et les conditions d'un retour au plein emploi en France. Avec des variantes fondamentales, selon que l'Europe est vue comme un atout dans le programme de M. Macron, ou comme un handicap dans celui de Mme Le Pen. On n'a donc pas encore entendu des choses extraordinaires inspirées par la rupture en relation avec l'Afrique, sauf sur la politique migratoire préconisée par Mme Le Pen. Il est donc possible, une fois de plus, que s'installe une gestion au cas par cas des dossiers, en fonction du contexte national propre à chaque pays africain ou à chaque sous - région. Au demeurant, les dernières déclarations de M. Alpha Condé, président de la République de Guinée et président en exercice de l'Union africaine nous révèlent même quelques atomes crochus avec M. Macron. Cette "proximité" peut-elle être dupliquée mutatis mutandis à d'autres chefs d'Etat du continent? Jusqu'où irait cette proximité? Peut-on imaginer que ladite proximité soit révolutionnaire au sens de bouleversement radical? M. Macron ayant vu passer de nombreux dossiers africains comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, peut-il tirer avantage de cette "connaissance préalable"? Sur quoi pourrait donc porter la rupture tant proclamée? Seul l'exercice du pouvoir par l'un ou par l'autre nous le dira.

Il y a enfin le renouvellement. Le renouvellement n'a pas encore de contenu clair. Mais, il suit la rupture. Nous ne sommes pas sûrs qu'il signifie absolument le rajeunissement. Autant M. Macron et Mme Le Pen peuvent clamer la nouveauté dans leurs offres politiques respectives en France, autant il serait imprudent de leur part de jouer avec le feu dans ce domaine en Afrique. M. Macron affirme par exemple qu'il ne gouvernera pas avec ceux qui ont déjà gouverné en France. D'où le renouvellement annoncé, de vaste ampleur chez lui en particulier, mais aussi chez Mme Le Pen, du personnel politique. Le renouvellement pourrait également être compris comme une dynamique vers plus d'ouverture vers la multi culturalité et la diversité pour ne pas reproduire le modèle qu'on dénonce, en prenant en compte la diversité raciale, la diversité religieuse, la diversité ethnique, la diversité linguistique et la diversité des profils des élites. Le renouvellement, enfin, serait synonyme de parité homme/femme d'abord, puis parité entre les hétérosexuels et les homosexuels ensuite, parité dans les investitures des candidats aux législatives, contexte français oblige. La composition du premier gouvernement devrait, de ce point de vue, être révélatrice de cette volonté d'établir la parité hétéro/homo, mais aussi homme/femme jeunes et expérimentés. C'est à juste titre que M. Macron parle donc de refondation du système politique français. Mais, jusqu'où cette pratique là-bas pourrait-elle influencer les pratiques des pouvoirs en Afrique? Car, transposé dans le contexte africain, le renouvellement est synonyme de révolution, tant les systèmes politiques sont figés et parfois archaïques. Le renouvellement voudra donc dire s'exposer à un haut risque d'instabilité généralisée et irradiante, à l'échelle des trois quarts du continent. S'ils y renoncent, que vont-ils dire aux opinions africaines assoiffées, elles aussi, de rupture, de changement et de renouvellement des hommes et des pratiques? Que vont-ils dire ensuite aux africains assoiffés eux aussi de progrès et de bien-être? Que vont-ils dire ensuite et enfin aux africains affamés de démocratie et de justice? Pourront-ils parler de rupture et de renouvellement aux chefs d'Etats qui sont au pouvoir depuis deux ou trois décennies sans discontinuer? Que diront-ils à ceux qui, à peine élus, envisagent une modification de la constitution pour s'aménager, dans l'avenir, un nouveau mandat? Que diront-ils enfin à ceux qui, à peine installés dans l'opposition, piaffent déjà d'impatience de gouverner?

Pour ne pas briser ses adducteurs diplomatiques par un écartèlement inconsidéré, le futur président français pourrait finalement faire exactement ce que font tous les hommes sages, à savoir attendre... Attendre que les peuples africains eux-mêmes forgent leurs destins respectifs, démocratiquement. Attendre que des hommes créent l'harmonie entre leur destin personnel et celui de leur peuple. Attendre que les jeunes africains mettent leur continent en marche et en rupture d'avec le passé. C'est un principe de réalité.

L'exemple libyen montre les conséquences ineffables du choix irresponsable de M. Sarkozy qui a cru que les obus de canons et les balles de fusils peuvent remplacer les bulletins de vote. En clair, le prochain président français pourrait n'offrir à l'Afrique que ce qu'elle sera capable de se donner à elle-même.

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