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Tannerie traditionnelle de Madjeema: Du cuir… bien dur à cuire

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou, envoyé spécial

A l’Extrême-nord, un travail artisanal de longue haleine gouverne encore les peaux de bêtes.

Les pieds plongées jusqu’aux genoux, Hassan trempe des peaux d’animaux dans de minuscules étangs remplis d’eau mélangée à des liquides chimiques toxiques. Fiévreux, le jeune de 25 ans s’arrête de temps en temps pour tousser, un mal hérité de son travail et qui, selon ses médecins, pourrait le tuer un jour. «Certains jours, je suis trop malade pour travailler», explique Hassan, qui inhale depuis des années des fumées de chrome et d’autres produits toxiques utilisés pour transformer les peaux brutes en cuir souple. Ici à la Tannerie traditionnelle de Madjeema, une usine en plein air, rien n’a changé depuis en dépit de conditions de travail terribles. Autrefois une zone semi-rurale paisible, l’endroit a été transformé en un mélange de marais toxiques, de décharges et de montagnes de déchets de cuir en décomposition. Près de 1 000 personnes vivent dans ce quartier et en particulier sur les rives du ruisseau, l’un des plus pollués de la ville. 

A côté, sont nées quelques dizaines de petites usines de recyclage. Elles  brûlent les déchets pour produire de l’alimentation pour la volaille et les poissons. Des fumées noires s’échappent de ces installations et l’air est saturé d’une odeur pestilentielle. 

«C’est pire que l’enfer mais nous n’avons pas le choix», déclare Maouwé, 19 ans, qui a développé des problèmes respiratoires depuis qu’il travaille sur le site. 

La Tannerie traditionnelle de Madjeema est la plus grande et la plus ancienne de Maroua. Ici, 17 ouvriers travaillent le cuir - parfois pour seulement 15 000 francs CFA par mois - pour des chaussures et produits de maroquinerie vendus au marché central de la ville. Et depuis que Boko Haram recule, l’activité est en plein essor sous l’effet d’une demande en hausse en Occident de produits de maroquinerie à petit prix. 

 

Activité

Quand on parcourt cet endroit, on arrive dans la salle de stockage des peaux. On mesure à quel point il est unique au Cameroun. «Il n’y a presque plus de tanneries qui produisent des peaux entières dans notre pays. On les compte sur les doigts d’une main. On travaille des cuirs épais parce que nos concurrents ne savent pas le faire. C’est ce qui nous sauve», vante Karimou Bele, le président de l’association. 

Dans les rayons du stock, on touche un cuir exceptionnel, teinté dans la masse, avec son grain naturel. Avec les quarts ou les demi-peaux qu’elle vend désormais, cette PME répond aux besoins de la maroquinerie et à ceux des fabricants de canapés. 

Madjeema œuvre en sous-traitant pour des distributeurs. Dans certaines foires commerciales, ses tanneurs se retrouvent en contact direct avec le client final. Y a-t-il une prise de conscience de la valeur du «made in Cameroon»? «Oui, mais elle s’arrête aux dimensions d’un porte-monnaie», répond un homme. Cela étant, les gens ont besoin de savoir comment et où ça a été fait. C’est vrai depuis quatre ou cinq ans. Et cela nous rend service.

Ce qui compte le plus dans l’argumentaire de la corporation, c’est son adaptabilité absolue aux désirs du client. Plus grand, plus petit, plus jeune, plus vieux ? Tout le monde parmi les acheteurs trouve son compte, car tout est fait quasiment à la pièce. Actuellement, 700 peaux sont fabriquées par jour. Pour mieux répondre à l’accroissement de la demande, un nouvel atelier de 500 m² a été ajouté au bâtiment existant, portant la superficie totale à 2 300 m². Il doit permettre d’augmenter la production d’environ 10 %, mais surtout d’améliorer les conditions de travail et la flexibilité des équipes. Mais cela ne suffit pas. «Nous serions flattés de voir émerger ici ou ailleurs dans la région, une autre tannerie industrielle», projette le porte-parole du site.

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