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Décryptage: Le nouveau Biya

Écrit par 

Registre de langue, posture… Enjeux d’une métamorphose calculée.

La leçon est passée

«Qui veut aller loin, ménage sa monture». Paul Biya, le président de la République du Cameroun le sait. Lui qui, au crépuscule de son nième septennat, semble guidé par une envie de prolonger son bail à Etoudi. Alors, il envoie déjà des signaux pour indiquer cette envie. À cette période où son régime fait face à plusieurs vents contraires, il a, selon les observateurs du dedans et ceux du dehors, commencé une campagne pour baliser le terrain de 2018. Et depuis, il se pose en candidat capable de «surmonter les épreuves», de «changer les choses».

La première qu’il a changée, c’est son langage. Il parle déjà, « un peu comme au quartier », comme cela se dit au quartier justement. On observe que dans cette nouvelle manière de dire les choses, Paul Biya s’en tire avec un bonheur certain et un certain bonheur. On comprend alors que «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément», comme l’écrivait Nicolas Boileau dans le « Chant I », de son « Art Poétique ». Que dire donc ? L’époux de Chantal Vigouroux a bien préparé ce qu’il nous offre depuis peu. Et pourquoi ? A cette question a priori simple, il n’existe pourtant pas de réponse définitive et consensuelle. Les politistes ont longtemps défendu la thèse d’un changement du comportement présidentiel c’est-à-dire une réduction de l’écart entre le patron d’Etoudi  et les masses.

Dans son ouvrage qui ne manque pas de piquant «Qu'est-ce qu'il s'agit dedans?», l'écrivain Anne Queinnec recense les plus belles perles langagières des présidents français. On retient de ce document que certains mots ont permis à François Mitterrand de gagner une élection ou de mettre en ballotage le général De Gaulle. «Ces mots-là, révèle Anne Queinnec, Mitterrand les a utilisés bien avant le lancement officiel de la campagne». Plus loin, on lit: «Danielle, sa compagne, s’employait à affermir cette démarche par des sorties ayant pour principal don de captiver l’attention médiatique». Visiblement, à Etoudi, la leçon est passée. Pour 2018, le couple Biya veut  signifier autre chose apparentée au couple Mitterrand. C’est-à-dire montrer d’abord qu’il existe un trait d'union d'une nature particulière entre lui et les Camerounais; un rapport spécifique, d'essence mystique, affective, sentimentale, passionnelle. Et que pour l’instant, un septennat de plus n’est pas la vraie visée. Même si, à l’épreuve de la vérité, le grand spectacle narcissique, les postures, les petites phrases et annonces bidon finissent par trahir le contraire.

Jean-René Meva’a Amougou


Curiosité: Pourquoi les Biya s’inspirent-ils du quartier ?

Le langage et les gestes du bas peuple se sont glissés  depuis peu dans le discours et comportements du couple présidentiel camerounais. Analyse.

Cela fleure bon les pseudos : Popol et Chantoux. Le couple présidentiel camerounais se résout-il désormais à ouvrir ses frontières à tout-va ? A-t-il choisi cette nouvelle posture comme une grande innovation de fin de septennat ? Pour ceux qui fréquentent Paul et Chantal Biya, il y a tout de neuf. «C’est une nouvelle séquence, celle dans laquelle la parole vient au secours de l’image pour le cas de l’époux, et  celle dans laquelle le geste vient au secours de l’image pour le cas de l’épouse. Dans l’un et l’autre cas, cela alimente la machine médiatique», théorise d’emblée Raoul Olivier Bikoundou, spécialiste des études d’opinion chez Ipsos France. La suite de son analyse révèle que «c’est une construction qui vise à installer durablement dans l'opinion l'image d'un président copain et bon vivant d’une part, et d’une première dame déployée pour faire tomber les bastilles présidentielles d’autre part». A décrypter cette posture, Paul et Chantal Biya sont dans le bain. En guise de tour de chauffe, ils abreuvent l’opinion publique de mots et de gestes. Ils paraissent presque «naturellement» faits pour le rôle. «En recevant les Lionnes indomptables au palais de l’Unité, le couple présidentiel a dû opérer une transfiguration en se prêtant au jeu des selfies. Les images, comme l’ont pouvait s’y attendre, sont affichées partout. A ce jour, elles continuent de porter un message», expose Raoul Olivier Bikoundou.

 

Message parlant

Glisser du statut d'homme et de femme d'Etat à celui d'individus normaux, c’est le cheminement adopté. Imperceptible tout d'abord, même aux yeux des entourages. Reste que c’est une métamorphose qui s'accomplit peu à peu et dont les premiers signes sont à chercher dans la perspective de 2018. « Dans ce sens, le message est clair : aller à l'élection présidentielle est un renoncement aux oripeaux de roi ou de reine. Ce n'est non plus une entrée au monastère. Mais une nouvelle hiérarchie des priorités, dont l'absence ouvrirait un boulevard aux concurrents », soutient Belinga Zambo. Le politologue cite entre autres : la nuit éreintante de Chantal Biya aux Canal d’or et l’irruption de l’argot populaire dans le discours présidentiel. Au stade, au palais, il use d'une expression qui est très vraie pour la présidentielle, remarque Bertin Mboulé. Pour le linguiste, «c’est une équation pas très visible aux observateurs. Pourtant, par une étude plus fine et détaillée, on voit ressurgir de manière continue des camerounismes jalonnant son discours. Paul Biya prépare intensément ses interventions médiatiques, et possède plusieurs plumes à son service. Sa communication ne laisse donc que peu de place au hasard». Dès lors, il faut tenter de comprendre comment cet usage des mots (« dans la sauce… Faire çà cadeau» relève d’une stratégie de communication. Le chef de l’Etat ne cesse en effet de vouloir se détacher de l’image d’homme de rigueur, technicien froid. « Vu sous cet angle, utiliser des termes triviaux dans le champ politique peut ainsi apparaître pour lui comme un moyen de se différencier et d’adapter son discours au plus grand nombre », observe Bertin Mboulé.

Pour ces analystes, on peut aussi s’interroger sur la chronologie de cet usage. L’emploi de ces « mots du quartier » apparaît en effet plus fréquent ces derniers temps. «C’est une clé précieuse pour entrer frauduleusement en campagne. Tous les hommes politiques le savent. La proximité mimée par l’usage d’un langage familier (parfois l’éloignement lorsqu’il est utilisé à mauvais escient) a pour ambition de combler le gouffre qui semble s’être constitué entre gouvernants et gouvernés. Cet usage d’un répertoire familier lui permet également d’affirmer une plus grande proximité politique à l’époque où celle-ci est de plus en plus réclamée aux hommes politiques».

Jean-René Meva’a Amougou


Que cache le « nouveau Biya »

L’illusion ou le mystère longtemps entretenus par Paul Biya commencent à utiliser leurs cartes. En se mettant en scène à la veille du périlleux virage de 2018, le couple présidentiel camerounais ne fait que préciser son ambition : prolonger le bail à Etoudi. Et pour prouver cette fois-ci qu’il est de la partie, il ressort des tiroirs de la rue des mots de campagne. Recevant les Lions indomptables, champions d’Afrique 2017 au palais de l’Unité, Paul et Chantal  Biya ont ramené plus d’un dans le droit chemin. « Dans la sauce », cette partition n'est pas neuve. « Elle a pris une note de plus pour une entrée en campagne », professe le Dr Eric Nkeng, sociologue. En effet, s'inscrivant dans une stratégie électoraliste, «ce morceau de musique constitue une aubaine pour le président». 

 

Brouillage

Dans la préface de « Politique en dehors », Julien Vaqual rappelle que la « loi première pour entrer en campagne n’est autre que « d’y arriver en amusant».  De là, on suppose que ce « nouveau Biya » peut en partie éclairer une dimension de son ambition pour 2018. «Même si on reconnaît en lui le traditionnel  homme des surprises, homme à la fois rusé et enjoué, contrairement à la stratégie politique antérieurement adoptée, ses discours et  apparitions continues sont pleins de sens sur le dévoilage intentionnel dans les médias», énumère le Pr Belinga Zambo. Dans un brouillage des positions les enthousiasmes qu’elle suscite deviennent multiples. Dans les médias à capitaux publics,  on rentre en pleine époque de communication publicitaire. « Ici et là, observe le politologue, tout s’organise afin de rendre une meilleure visibilité de l’image présidentielle dans le but de dynamiser l’adhésion des masses ». Il n'est pas exagéré de dire que le petit monde des grands médias nationaux et internationaux s’empare de cette perspective chaque jour.

 

Signaux

Fini la campagne tranquille à une poignée de caméras et moins de dix journalistes. Naguère hostiles aux images, Paul Biya s’ouvre aux prises de vues. Car, «le compte à rebours a commencé». En effet, depuis la séquence des appels à candidature, le locataire d’Etoudi a résumé l'enjeu du scrutin de 2018. S'il ne faut à priori pas s'attendre à une déclaration de candidature, le président de la République a déjà envoyé le «signal de candidature».  Si le doute planait dans le camp des biyaistes même, le chef de l'Etat a déjà disséminé de nombreux indices, prémices d'une campagne, depuis l’année dernière. Pendant la Can féminine 2016, ses posters géants ont fait ombrage aux affiches annonçant la compétition. Une campagne de communication politique a mis en quarantaine les principales actrices de cette Can historique, à qui un maigre espace a été consacré. A en croire les partisans du régime, l’organisation de la Can 2016 a été une « réussite » qui est attribuée à Paul Biya. Lui qui, à 84 ans, dont 35 ans au pouvoir, n’avait pas encore réussi à organiser depuis son arrivée au pouvoir (1982), une Coupe d’Afrique des nations. On croyait en avoir assez vu à travers les campagnes d’affichage qui précédent souvent les élections présidentielles où ses images sont présentes partout. Dans les ministères, les bureaux, les routes, les salles de classe, les maisons, les chambres, les radios, les banques, sur les stades... Un culte de la personnalité qui enjoint parfaitement le griotisme à outrance dans lequel excelle son équipe de campagne.

Cette fois-ci, il semble tenir cette ligne de conduite sur une plus longue durée. Surtout que «le marketing politique est une permanence. Ceux qui ne s’en souviennent qu’à un mois de l’élection sénatoriale, municipale, présidentielle vont découvrir la réalité des faits. C’est qu’ils arrivent peut être trop tard sur un terrain déjà quadrillé, ratissé par un parti politique, qui lui est en permanence en campagne. L’Homme politique doit en permanence être en phase avec ses militants, avec ses partisans et avec ceux qui le soutiennent», selon le Pr Jacques Fame Ndongo. Il a raison ; ce d’autant plus qu’il a participé, aux côtés de Jacques Seguela et Denis Ossano (deux publicitaires françaises de renom), à l’élaboration du slogan «L’homme-lion», qui avait permis à Paul Biya de remporter la difficile présidentielle d’octobre 1992.

 Jean-René Meva’a Amougou


Avis: Même le bas peuple n’est pas dupe

Pour le Camerounais lambda, l’attitude du couple présidentiel traduit une projection vers 2018, année électorale.

Les pages officielles Facebook et Twitter de Paul Biya, président de la République du Cameroun sont régulièrement mises à jour. Toute l’actualité ayant une portée nationale suscite ainsi les réactions tant au niveau des commentaires, des mentions «j’aime ou retweeter», que des partages par des milliers d’internautes. Depuis quelques mois, la publication des photos, des discours ou des décrets ne laisse pas leurs « followers » indifférents. Ils profitent ainsi de la toile pour donner leur point de vue et leur appréciation sur ce qu’on pourrait appeler le «nouveau Biya . Nombreux estiment que ce « emblant  d’ouverture laisse entrevoir la préparation d’une campagne électorale prochaine. Tandis que d’autres, d’un regard plus appréciateur encouragent cette initiative de communication et trouvent en ce couple un exemple même d’accessibilité d’où l’appellation de « couple androïd ». 

 

2018 se prépare

« C'est déjà la Campagne? », s’interroge Arantes Fokou sur la page officielle Facebook de Paul Biya le 08 mars dernier. Une réflexion qui vient commenter la participation de la première dame Chantal Biya à la cérémonie des Canal d’Or le 04 mars 2017. Selon cet internaute, cette immense volonté du couple Biya de se rapprocher des Camerounais n’est pas anodine. À en croire plusieurs autres commentaires, à l’instar de Charlotte Belinga « Aka, qui ne voit pas que tu prépares déjà ta campagne prochaine »,le couple Biya a déjà lancé sa campagne pour les élections présidentielles 2018. Pour ces internautes, rien n’est fait au hasard par le chef de l’Etat et madame. Comme d’aucuns le disent « rien ne se fait pour rien en politique ». Pourtant, les quelques mots accompagnant l’image de Chantal Biya entourée d’artistes ne relèvent en rien un quelconque signe politique :«Mon épouse, la première Dame Chantal BIYA, hôte de marque des Canal 2'Or 2017». 

Une situation en appelant une autre, certains ont estimé qu’il fallait profiter de cette apparente période électorale pour émettre quelques vœux. À l’instar de Donaldo Leonardo Ngoma «laissez la place aux autres s’il vous plait», de Jean Paul Nkoto « Et nos ordinateurs sont à quel niveau le père, vous nous avez promis pourtant ». Ou encore de Guy Fabrice Gounoue pour qui « il faut signer un décret qui suspend la famine des Camerounais ».

 

Proximité

Loin des tam-tams et tambours qui annoncent une élection présidentielle prochaine dans le pays, nombreux Camerounais trouvent plutôt en « l’ouverture » de Paul et Chantal Biya une volonté de se rapprocher du peuple. Et encourage une même l’initiative. C’est le cas de Nathan Massoda « Mr le président, je fais partir de ceux-là qui vous écoutent et vous voient juste par le biais des réseaux sociaux et médias... Immense est ma joie de découvrir un président aussi accessible et décontracté, loin de l'image de vous donnée d'homme "lion" inapprochable. Votre proximité avec les familles des défunts lors de l'hommage la dernière fois et les réceptions offerts aux Lions et lionnes pour leurs prestations lors de la CAN... un président tout souriant, proche et ouvert tout comme son épouse; un discours inattendu où diplomatie et convivialité des mots prononcés (..."dans la sauce"...) sont en parfaite symbiose. Tout ceci émane une émotion indescriptible, j'en perds même les mots. Un seul mot à votre endroit : Merci. Vive le Cameroun et paix à son territoire».

Comme ce dernier, Alain Abanda, voit au couple Biya une réelle envie de communiquer avec la nation et cela ne peut qu’être apprécié. «Un bon capitaine d'équipe montre l'exemple. J'apprécie vos efforts de communication, d'autant plus que vos collaborateurs à quelques exceptions près, n'ont pas encore compris la nécessité de s'approprier votre méthode de management. Tant pis pour eux et à vous bravo!!! ». Pour Joseph Blaise Abolo, autre internaute, la présence d’une première dame aux cérémonies culturelles ne peut qu’être l’assurance d’un succès et non la conséquence d’une manipulation politique «Réussite totale de cette fête, galvanisée, par la Première Dame, vraie femme de cœur le peuple camerounais est fier de ses actions multiformes à travers le triangle national».

Certains y vont même jusqu’à implorer une bénédiction divine sur le couple pour toutes leurs actions. C’est le cas Georges Kopegheulack, « Derrière un grand homme se cache une grande femme. Vous êtes bénie Excellence » publié le 15 mars dernier sur le compte officiel Facebook de Paul Biya. Et de Clotilde Éléonore «Une vraie Dame de cœur que Dieu a donné aux Camerounais. Qu’elle soit bénie et demeure bénie pour toujours nous transmettre la bonne humeur» publié une semaine plutôt. François Frédéric Ekani quant à lui n’a pas trouvé mieux que de qualifier Paul Biya de «père est androïd 6G» et d’encourager le travail d’équipe déjà entamé, « le Cameroun, c’est notre Cameroun, bâtissons le ensemble ».

Mercedes Beleheka (stagiaire)


Biographie

Paul Biya est né le 13 février 1933 à Mvomeka’a dans l’arrondissement de Meyomessala, département du Dja- et-Lobo, région du Sud. Fils de Etienne Mvondo Assam et de Anastasie Eyenga Elle. Deuxième chef de l’Etat du Cameroun, il a accédé au pouvoir le 6 novembre 1982 après la démission d’Ahmadou Ahidjo.

Études primaires et secondaires : 

C.E.P.E.: juin 1948 (école catholique de Nden); pré- séminaire saint Tharcissius à Edéa (1948 – 1950) ; petit séminaire d’Akono (1950- 1954) ; 

B.E.P.C.: juin 1953 ; lycée général Leclerc de Yaoundé (1954- 1956) ; 

Baccalauréat 1ère partie: juin 1955 ;

Baccalauréat 2ème partie (série philosophie): juin 1956. 

Études supérieures :

Au lycée Louis le Grand de Paris ; 

A l’université de Paris Sorbonne (Faculté de Droit) ; 

A l’institut d’Etudes Politiques de Paris ; 

A l’institut des Hautes Etudes d’Outre-mer.

Diplômes :

1960 : licence en droit public :

1961 : diplôme de l’Institut d’Études Politiques de Paris ;

1962 : diplôme de l’Institut des Hautes Études d’Outre-mer (IHEOM) ;

1963 : diplôme d’Études Supérieures en droit public. 

Décorations : 

• Grand Maître des Ordres Nationaux ;

• Commandeur de l’Ordre National, de classe exceptionnelle (République Fédérale d’Allemagne) ;

• Commandeur de l’Ordre National (Turquie);

• Grand Croix de l’Ordre National du Mérite Sénégalais ;

• Grand Officier de la Légion d’Honneur (France) ; 

• Great Commander of the Medal of St- George (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord) ;

• Grand Collier de l’Ordre du Ouissam Mohammadi (Royaume du Maroc) ; 

• Great Commander of the Order of Nigeria (République Fédérale du Nigéria) ; 

• Docteur Honoris Causa de l’Université de Maryland (USA) ; 

• Professeur Honoraire de l’Université de Beijing (République Populaire de Chine) ; 

• Titulaire de plusieurs décorations de divers autres pays.

Carrière : 

Octobre 1962 : Paul Biya est nommé chargé de mission à la présidence de la République dès son retour de Paris. 

Janvier 1965 : Paul Biya est nommé directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Culture. 

Juillet 1965 : Paul Biya est secrétaire général du ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Culture.

Décembre 1967 : Paul Biya est nommé directeur du cabinet civil du président de la République.

Janvier 1968 : Tout en gardant le poste de directeur du cabinet civil, Paul Biya se voit hissé aux fonctions de secrétaire général de la présidence de la République.

Août 1968 : Paul Biyaest nommé ministre, secrétaire général de la présidence de la République.

Juin 1970 : Paul Biya devient ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. 

Juin 1975 : Paul Biya est nommé premier ministre de la République Unie du Cameroun.

06 novembre 1982 : Paul Biya prête serment comme président de la République Unie du Cameroun. Elu le 14 janvier 1984, il sera réélu le 24 avril 1988, 11 octobre 1992,11 octobre 1997, 10 octobre 2004,9 octobre 2011.

Au moment de son accession à la magistrature suprême, Paul Biya est le 1er vice-président du comité central de l’Union Nationale Camerounaise (UNC) et membre du bureau politique de ce parti.Elu président de l’Union Nationale Camerounaise, le 14 septembre 1984.

Elu président du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) après la transformation de l’UNC en RDPC le 24 mars 1985 à Bamenda.

Publications : 

Paul Biya est l’auteur d’un essai politique, « Pour le Libéralisme Communautaire », éditions Marcel Fabre, Lausanne 1987.

« Paul Biya, un nouvel élan ». Ouvrage entretien avec Charles Ndongo, Editions Africa Multi Media, Yaoundé, 1997.

« L’Emergence de l’Afrique. Regards croisés de Paul Biya, Abdoulaye BioTchane, Youssou N’dour », Editions Le Cherche Midi, Paris, 2010.

Vie conjugale : 

Paul Biya est marié à Chantal Pulchérie Biya. Il est père de trois enfants : Franck Biya, Paul Biya Junior et Anastasie Brenda Biya Eyenga.

Source PRC


Vox Populi: Paul Biya et le Rdpc en action…

Le 24 mars 1985 à Bamenda, il y exactement 32 ans, naissait le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), du changement de nom de l’Union nationale camerounaise (Unc) qui était réunie là-bas en congrès ordinaire et dont on venait de faire le constat de la faillite. S’adressant aux délégués au congrès, le président Biya disait: «Les évènements d’une nature exceptionnelle qui ont marqué la vie du parti et de la nation, depuis note dernière rencontre à Bafoussam, nous ont imposé la nécessité de nous interroger sur la capacité de l’Union nationale camerounaise, d’apporter des réponses adaptées aux exigences nouvelles de l’œuvre de construction nationale, ainsi qu’aux préoccupations d’avenir du peuple camerounais1». Avant de poursuivre: «en réponse à cette inquiétude, exprimant alors la volonté de nos militants et de nos compatriotes, dans leur immense majorité, délégués par ceux-ci, vous avez unanimement demandé qu’il soit procédé au changement de la dénomination de notre parti… Le Congrès en a pris acte».  Malgré la clôture dans les faits du débat sur le changement de nom et la continuité politique, le Rdpc ayant assumé tout l’héritage légué par l’Unc: héritage politique et héritage humain, de nouveaux évènements d’une nature exceptionnelle marquent la vie du parti et de la nation depuis le mois d’avril 2014. Ce sont la guerre asymétrique imposée par la secte islamiste Boko Haram d’une part, et l’insurrection dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest d’autre part. 

Ces évènements font peser des inquiétudes sur le Cameroun et, légitimement, de nombreux compatriotes s’interrogent sur la capacité du binôme Biya/Rdpc d’apporter des réponses adaptées aux exigences de la poursuite de la construction nationale, à l’aune de l’élection présidentielle de 2018 qui est désormais certaine et proche. Le délaiement de la tenue du 4ème congrès ordinaire du parti est venu renforcer le questionnement y compris chez les plus fervents soutiens du président Biya. Disons d’emblée que quelle que soit la pertinence de ces inquiétudes, il semble qu’elles n’iront pas jusqu’à susciter un nouveau changement de la dénomination du parti. Mais, la question de fond demeure : le binôme Biya / Rdpc a-t-il des réponses contre Boko Haram et contre l’insurrection anglophone ? Au-delà de ces deux séries d’évènements, le binôme Biya/Rdpc a-t-il encore des réponses aux autres problèmes camerounais ? Qu’y-a-t-il encore chez le président Biya qui puisse susciter l’adhésion à sa candidature en 2018? Finalement, y-a-t-il encore des ressources non révélées dans la politique du Renouveau national ? N’a-t-on pas tout vu, tout entendu, tout dit, tout donné, tout reçu, tout demandé? Y-aurait-il encore quelque atout qui n’ait été révélé, utilisé ou dévoilé ? Y-aurait-il encore quelque individu qui n’ait été promu? Tutti quanti.

S’agissant de la guerre imposée par Boko Haram, qui peut oser dire que le président Biya n’a pas pris la bonne mesure de la menace que fait peser la secte sur l’intégrité territoriale et l’unité du pays ? Depuis ce jour de mai 2014, où il a déclaré la guerre à la secte, le président n’a ménagé aucun effort, aucune ressource financière ni matérielle pour endiguer les assauts des barbares. Tous les moyens de la science militaire camerounaise et de la diversité de la coopération avec les puissances amies ont été dépêchés au front pour repousser l’ennemi à ses positions ante bellum. Aujourd’hui, il est incontestable que la branche armée de Boko Haram a été vaincue par les forces de défense camerounaises. La semaine dernière encore, un assaut des forces civilisées a fondu sur un lieu de retraite des barbares, tuant une soixantaine d’entre eux et libérant cinq mille otages ! La branche terroriste de la secte quant à elle est réduite à commettre des attentats aveugles. Elle reste donc active, tapie dans les foules, prête à frapper. D’où les appuis multipliés par les autorités, sous la conduite du chef des armées lui-même, à plus de vigilance civile. Le président Biya et son gouvernement, fait remarquable dans un contexte camerounais extrêmement pluraliste, versatile et contestataire, ont bénéficié du soutien de la très grande majorité des camerounais. Le soutien du Rdpc dès lors est naturel. Celui des autres partis politiques de la majorité présidentielle est compréhensible. Celui, enfin, des partis politiques y compris ceux les plus opposés à la politique du président Biya est encore plus significatif. Face à cette guerre donc, le binôme Biya/Rdpc a donc  convenablement et honorablement relevé le défi qui lui a été lancé par Boko Haram.

 

… l’élection présidentielle de 2018, de l’inédit et le peuple qui attend

Quant à l’insurrection dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, les masques sont très vite tombés. L’opinion est plus divisée et il est fréquent d’entendre un militant du Rdpc critiquer la position ou les actions du gouvernement, la parole mesurée et la fermeté du président Biya. Les revendications étant désormais politiques, le défi lancé au binôme Biya/Rdpc est double: préserver l’unité du parti, préserver l’unité nationale.  D’où le thème choisi pour la célébration du 32ème anniversaire du Rdpc2.

De l’inédit ! Jamais, depuis mars 1985, le Cameroun n’a connu une secousse d’une telle amplitude. Même la crise économique, dans ses moments les plus douloureux, n’a autant menacé la paix civile, la stabilité du Cameroun et l’unité nationale. Le défi est d’autant plus fortement lancé que les insurgés sont des civils, des camerounais d’une part, et des militants du parti pour certains d’autre part. Oui! Sinon, comment comprendre qu’une région comme le Sud-ouest où la majorité des élus nationaux et locaux est du Rdpc réclame à tue-tête la sécession et le retour au fédéralisme qui ne sont ni dans les 31 thèses du Rdpc, ni dans le programme de son candidat élu président de la République en 2011? Si le président Biya ne cède pas, dira-t-on qu’il a échoué ? Peut-on en vouloir à un président de ne pas donner une chose qu’il n’a pas promise ? Dans ce contexte précis, que feront les militants du Rdpc partisans du fédéralisme ou de la sécession ? Peut-on dire que les militants des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont des appuis glissants? Peut-on considérer que la machine locale du parti et son moteur national soient coulés dans ces régions? La question de l’unité du parti est donc posée! C’est ici que se trouve, à notre avis, l’enjeu de l’élection qui se prépare déjà. Les insurgés l’ont bien compris eux qui multiplient les appels aux villes mortes pour avoir leur mot à dire dans le jeu dont certains dés semblent jetés. L’affaire étant donc politique, les partis politiques qui inscriront le fédéralisme dans leurs programmes pour 2018 ont-ils plus de chances de gagner que le Rdpc ? Il est donc clair que quelles que soient les solutions appliquées au problème par le président Biya, son gouvernement et le Rdpc, rien ne bougera dans le sens de l’apaisement dans ces régions tant qu’il n’y aura pas le fédéralisme ou la sécession. Faites affecter tout le budget de l’Etat dans les deux régions contestataires, aucune ligne ne bougera ! Sur cette question donc, les réponses du binôme Biya/Rdpc sont attendues. Elles devront convaincre. Elles ne sont pas militaires, pour l’instant.

La création d’une commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme a le mérite de responsabiliser des hommes et des femmes à cette fin. Jusqu’ici, personne n’était vraiment chargé d’assurer la promotion et l’égalité des deux langues officielles, malgré la clarté de la constitution à ce sujet3. La deuxième réponse attendue est la mise en place des régions à la lumière de la loi fixant les règles applicables aux régions et celle d’orientation de la décentralisation. Le parachèvement de la décentralisation n’est pas une panacée, mais le peuple est convaincu de sa pertinence. Le conseil constitutionnel et la haute cour de justice sont attendus. Le peuple attend aussi un rééquilibrage de la haute préséance républicaine, inspiré de la vision des pères fondateurs. 

Dès lors, qui peut penser que cela soit injuste d’envisager un président du sénat, originaire de l’une de ces deux ères géographiques ? Le peuple attend aussi un remaniement du gouvernement. Cette solution du remaniement a toujours été efficacement utilisée depuis 1972 dans le containment des revendications catégorielles. Les réponses attendues devront préfigurer les thèmes qui seront développés par le candidat du Rdpc pendant la campagne présidentielle de 2018. Naturellement, le peuple attend aussi que le président Biya déclare, le moment venu, sa candidature. Les lois en vigueur l’y autorisent, les statuts du Rdpc aussi . Sur la question anglophone donc, le binôme Biya/Rdpc dispose d’atouts décisifs. Cependant, l’opinion adhèrera-t-elle? Sur l’élection présidentielle, les 34 ans de pouvoir du président Biya et les 32 ans du Rdpc ne seront-ils pas être un lourd handicap? L’opposition relève fort à propos cette longévité du président Biya et du Rdpc, insistant sur la lassitude et la monotonie, au moment où une partie de l’opinion et le président lui-même déplorent le faible renouvellement du matériau humain, la rigidité des méthodes d’action, la corruption et l’inertie. Assurément, 2018 est déjà proche! Vox populi, Vox Dei ! 

Engelbert Essomba Bengono

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