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Coopération Sud-Sud: Dakhla, l’Afrique positive et optimiste

Écrit par  Thierry Ndong, envoyé spécial à Dakhla au Maroc

La ville située au sud du Maroc a accueilli la semaine dernière, pour la troisième année consécutive, le Forum Crans Montana. Les travaux étaient placés sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

La session Afrique du Forum Crans Montana 2017 s’est achevée le week end dernier au Maroc sur un message d’espoir au sujet de l’Afrique : le continent noir est l’avenir du monde. « L’Afrique d’aujourd’hui est gouvernée par une nouvelle génération de dirigeants pragmatiques et décomplexés par rapport à des idéologies d’un autre âge ; des dirigeants qui œuvrent avec un patriotisme sans faille et un sens élevé des responsabilités pour la stabilité de leurs pays respectifs et pour l’ouverture politique, leur développement économique et leur progrès social ». Ces propos du Roi du Maroc, lus dans son adresse aux participants du Forum Crans Montana 2017, se prolongent  par de belles perspectives : « Nous sommes ravis d’aller main dans la main avec les dirigeants qui ont à  cœur d’assurer l’unité et le progrès de l’Afrique – le continent de l’avenir – et de veiller sur les intérêts de leurs peuples, et d’œuvrer pour renforcer le rôle croissant de l’Afrique et conforter la position éminente dont elle jouit dans les relations internationales ».  

Au-delà de cet optimisme du Roi du Maroc, force est de constater que les difficultés multiformes actuelles de l’Afrique appellent à une grande réserve. En effet, les indices du contient en matière de développement humain ou de santé sont préoccupants et préjudiciables à l’émergence souhaitée de l’Afrique. Dix millions de séropositifs vivent en Afrique, et seulement dix mille parmi eux sont sous traitement Anti-retro-viraux. 30% d’enfants africains sont frappés de la malnutrition chronique. L’Afrique est la terre fertile des épidémies, des guerres et des problèmes de gouvernance de toutes sortes. La liste des maux est d’être exhaustive.

En finir avec la honte du monde

Pour parvenir à la « Nouvelle Afrique du 21è siècle », les participants au Forum de Crans Montana 2017 font des propositions. Philippe Douste Blazy, secrétaire général adjoint de l’Onu lance un appel pour un plan mondial de solidarité en faveur de l’Afrique. Dans la foulée, il engage la communauté internationale à mettre en place des financements innovants pour répondre aux attentes urgentes des pays du Sud. Non sans dénoncer : « Les Etats du monde entier dépensent annuellement 1850 milliards de dollars pour l’achat des armes. Tandis que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) peine à rassembler 2 milliards de dollars de budget annuel ». Jean Paul Carteron, président de la Fondation « Crans Montana », prône par ailleurs le retour aux valeurs de solidarité et de respect de la dignité humaine. Pour lui, « le monde marche à l’envers. Où va-t-on ? Le Maroc est la bonne destination, pour un retour aux valeurs […] Nous sommes ici parce que le monde est égoïste.  On voit partout la montée en puissance des extrêmes-droites, notamment en Europe. Au Soudan du Sud, personne n’est venu au secours des belligérants, sauf le Maroc ».

La coopération Sud-Sud est aussi l’une des solutions invoquées. Les pays riches sont en difficulté. « Dakhla est le miracle du Maroc et de l’Afrique », lance M. Carteron. Dakhla ambitionne d’être le futur hub portuaire entre l’Afrique occidentale et le Maroc.  Morceau choisi du message du Roi chérifien à Crans Montana 2017 : « La région du Sahara marocain en général, et la ville de Dakhla en particulier, occupent une place de choix dans cette orientation pour remplir le rôle historique qui est le leur en tant que trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine ».

Thierry Ndong, envoyé spécial à Dakhla au Maroc


Philipe Douste – Blazy, SG adjoint de l’Onu 

«En réalité, de l'intégration du continent Africain, dépend la viabilité de la croissance mondiale»

Le président d’Unitaid a présenté au Forum Crans Montana 2017 de Dakhla une communication édifiante sur la mondialisation des questions africaines. Ce qu’il faut en retenir.

 

Une Afrique paradoxale

Nous inviter aujourd'hui à parler de la mondialisation des questions Africaines, c'est aborder une Afrique paradoxale:

• d'une part, des potentialités immenses lui permettant de devenir le moteur mondial du développement économique, social et culturel du 21ème siècle. 

• d'autre part, des défis considérables liés à la gouvernance et à l'instabilité politique avec ses conséquences sur la santé publique et l'éducation, faisant de l'accélération des inégalités un potentiel foyer de déstabilisation mondial. 

En réalité, de l'intégration du continent Africain, dépend la viabilité de la croissance mondiale. Le dynamisme sans précédent dans les domaines économique, numérique, démographique ou encore culturel font des pays Africains des partenaires incontournables. 

 

Les problématiques Africaines

À mes yeux, il y a quatre principales problématiques Africaines. 

Le premier enjeu : l'accès universel aux Biens Publics Mondiaux que sont la nourriture, la santé, l'éducation, l'eau potable et l'assainissement. C'est la clef des crises migratoires. Comment diminuer l'extrême pauvreté? Comment créer un plan mondial de solidarité pour l'Afrique? C'est possible puisque les Chinois l'ont réussi au sein de leurs frontières. Ils nous ont prouvé que l'on peut extraire plus de 500 millions d'êtres humains de l'extrême pauvreté en 30 ans. Avec un plan pensé, programmé, financé et centralisé. J'exhorte l'Union Européenne à le faire. Géographiquement, politiquement, culturellement, elle en a le devoir. Pas uniquement pour les Africains, mais pour elle même. Parce que d'où viendra la croissance demain en Europe demain si ce n'est de l'Afrique?                           

Quel financement? J'ai dédié ma vie depuis plus de dix ans à ce sujet. Nous avons montré l'exemple avec le Président Chirac et le Président Lula du Brésil quand nous avons décidé d'ajouter un euro ou un dollar par billet d'avion pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme dans les pays les plus pauvres de la planète, essentiellement l'Afrique Sud Saharienne. Personne n'y croyait. Et pourtant, nous avons récolté plus de 3,2 milliards de dollars.

Aujourd'hui, neuf pays Européens seraient prêts à rejoindre la France en instaurant une micro taxe sur les transactions financières de 0,1% par transaction et de 0,01% sur les produits dérivés. Cela rapporterait 40 milliards d'euros par an!! 

C'est uniquement par de tels financements innovants que nous arriverons à empêcher à des millions d'êtres humains de quitter leur famille, leurs voisins, leurs villages, de prendre tous les risques du monde pour tenter leur chance dans des démocraties de plus en plus égoïstes, repliées sur elles mêmes car commençant à souffrir à leur tour d'une crise économique et financière. 

Arrêtons ce cercle vicieux. Et la solution n'est que politique. Elle n'est pas humanitaire, elle est politique. 

Les migrants Africains représentent 39% des demandes d'asile déposées en France. En Août 2015, j'ai passé, seul, sans caméra ou journaliste, 15 jours entre les côtes Libyennes et Lampedusa. Et je veux ici féliciter le travail du gouvernement et des ONGs Italiens. Un mercredi soir, je leur demandais pourquoi ils avaient pris de tels risques: 50% souhaitaient échapper à la guerre, 50% souhaitaient échapper à l'extrême pauvreté. Et aujourd'hui, les traversées par la Méditerranée centrale depuis l'Afrique du Nord, essentiellement la Libye, ont pris le pas sur celles de la Mer Egée. Sur les 10 nationalités formant les plus grands contingents de migrants, on retrouve 9 pays Africains tels que le Nigeria, l'Erythrée, la Guinée et la Côte d'Ivoire. 

 

Deuxième grand enjeu: les systèmes de santé de base. C'est à dire développer une couverture sanitaire universelle. Des millions d'êtres humains aujourd'hui n'ont pas accès à des soins et des personnels de santé de qualité. 2/3 des enfants qui ont des diarrhées n'ont pas accès à des sels de réhydratation. 50% des personnes ayant une infection n'ont pas accès à des antibiotiques. 80% des diabétiques insulino dépendants n'ont pas accès à l'insuline. 80% des hypertensions artérielles ne sont pas traités. La moitié des personnes ayant le sida ne sont pas traitées. Et la plupart des budgets consacrés aux Ministères de la santé sont inférieurs à 6%. Il faut impérativement qu'ils soient montés à 15% comme chacun s'y était engagé à Abuja il y a 15 ans. Nous devons comprendre qu'un pays dont les enfants ne sont pas en bonne santé ne peut connaître de développement économique. La malnutrition chronique touche 30% d’enfants en Afrique.

 

Troisième grand enjeu: l'énergie. L'Afrique vit dans ce domaine un paradoxe unique: ses ressources en matière non carbonée, essentiellement solaire, sont quasi illimitées et le continent ne compte que pour 4% de la demande énergétique mondiale. Ce potentiel place l'Afrique comme un leader en devenir de l'énergie durable. Dans ce cadre, l'initiative Africaine pour les énergies renouvelables lancée lors de la COP 21 de Paris en 2015 a pour objectif d'augmenter la capacité énergétique du continent Africain de 300 Giga watts d'ici 2030. 

Quatrième élément clef: une jeunesse positive et innovante qui montre la voie vers une croissance digitale, durable et inclusive. 

Propos rassemblés à Dakhla par Thierry Ndong 


Bon à savoir sur le Forum Crans Montana 2017

-La session Afrique du Forum Crans Montana 2017 avait pour thème : « Vers la nouvelle Afrique du 21è siècle. Stabilité, cohésion et solidarité pour le développement durable. Le rôle structurant du Maroc ». 

-La cérémonie protocolaire d’ouverture a accueilli un parterre impressionnant d’intervenants sur le thème « Vers la nouvelle Afrique du 21 siècle, le temps de l’intégration mondiale est venu ». Parmi les intervenants: JESSE JACKSON ; Philippe Douste Blazy, United Secretary General of the United Nations; Mr Baldwin Lonsdale, President of the Republic Vanuat ; Mr. Rupiah Banda, former president of the Zambia; Mrs. Freda Tuki Soriacomua, minister of women, youth and family affairs Salomon islands; Sheikha Hissah Saad Al- Salem Al Sabah, chairperson Council of Arab Businesswomen Kuwait; Président du Parlement de la CEDEAO, Mr Moustapha Cisse LO.

-Des sous –thèmes suivants ont été traités: stabilité, cohésion et solidarité pour un développement durable ; l’amélioration des conditions de vie des populations ; éducation et santé mais aussi sécurité alimentaire ; l’ouverture des nouveaux hubs à la coopération Sud–Sud ; le rôle structurant du Maroc ;agriculture et sécurité alimentaire en Afrique, partage d’expérience autour du plan Maroc vert ; la lutte pour la promotion, la réhabilitation et l’autonomisation de la femme ; stratégie et solutions pour la gestion durable de l’eau et des sols agricoles en Afrique : expérience marocaine et potentiel d’utilisation dans les pays africains ; solutions pour le financement de l’adaptation de l’agriculture africaine : solutions innovantes pour le financement des petits agriculteurs ; quels modèles d’assurance climat pour l’agriculture en Afrique ?

-La séance de clôture du Forum Crans Montana a été marquée par la remise des Prix de la Fondation 2017. Tous célèbrent la dignité humaine et la lutte contre les inégalités. L’artiste Yvonne Chaka Chaka, la guest star, a interprété deux de ses chansons préférées.


Mohammed VI parle de Crans Montana

Morceaux choisis du message de Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux participants du Forum Crans Montana 2017.

 

Le Forum de Dakhla est devenu une étape saillante parmi les rendez-vous intellectuels et culturels majeurs, compte tenu de la qualité et de la stature des éminentes personnalités qui y participent, et qui sont issues du monde de la politique, de l’économie, de la culture et de l’information, ainsi que de la société civile… Le Maroc a foi dans la capacité de l’Afrique à relever les défis auxquels elle est confrontée, et à favoriser le développement humain durable de ses peuples, eu égard aux ressources naturelles considérables et aux importantes compétences humaines dont elle dispose.

Toutefois, la renaissance africaine souhaitée reste tributaire du degré de confiance que nous avons en nous-mêmes et de la nécessité de compter sur nos potentialités et nos capacités propres et d’en faire un usage optimal, dans le cadre de la coopération Sud – Sud rentable et d’un partenariat stratégique et solidaire entre les pays du Sud.

La coopération Sud – Sud, axée sur la culture du partage et de la solidarité, est le mécanisme qui offre à nos pays la possibilité d’un partage direct et immédiat de nos expertises, d’un développement harmonieux de nos expériences sur le terrain et d’une fructification optimale de nos complémentarités. Elle nous habilite aussi à élargir nos marchés nationaux, à s’offrir des opportunités pour un investissement efficient et bénéfique et à réaliser un développement humain efficace, dans le cadre de la souveraineté nationale et du respect mutuel entre partenaires égaux.

Notre orientation africaine sincère procède de notre foi profonde dans la capacité de l’Afrique à relever les défis qu’elle affronte. Elle illustre aussi notre souci de contribuer aux côtés de nos frères à l’essor de notre continent.

Le but ultime est de renforcer la complémentarité et l’intégration africaines et d’ouvrir un éventail plus large de perspectives devant la coopération entre les pays du contient et avec le reste des groupements régionaux et continentaux, et ce, dans le respect des spécificités et des constantes nationales de chaque pays.

 

Mohammed VI, Roi du Maroc

 

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