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Le 08 pour la Femme, le 09 pour les faits divers

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«Les femmes dans un monde de travail en mutation : planète 50-50 d’ici 2030». Cette année encore, le 08 mars est porté par un thème évocateur. Il sonne presque comme un défi ou un but à atteindre.

Comparé  à celui de l’année dernière («Egalité de sexes, et autonomisation des femmes : gagner le pari, surmonter les obstacles»), celui de cette 32ème édition  de la journée internationale de la femme signe la marche continue vers la recherche de l’équilibre des genres. Sur le site, femmes.info, on peut même lire «la Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer». Sous l'apparente légèreté de cette posture, se dessine un débat profond sur la pertinence de cette «journée». Certains défendent l'importance du 08 mars pour raviver, une fois dans l'année, des préoccupations qui devraient par ailleurs exister tous les autres jours. Le 08 mars devient de ce fait une journée où il faut profiter de l'attention du public et des médias sur ces questions. Comme tout événement ponctuel destiné à attirer l'attention sur un sujet, il s'agit d'une opportunité de parler d'un sujet de fond qui n'existe que pendant 24 heures. Questionner au quotidien la question des discriminations et du rapport entre hommes et femmes sera donc sans aucun doute tout aussi utile que de souhaiter un bon 08 mars aux connaissances féminines. 

Au nom changeant, raillée parce qu'elle serait non paritaire, contre-productive... D’autres estiment que la journée du 08 mars reste obscure. Faut-il supprimer la Journée de la femme? On est dubitatif sur le but de cette journée. On est tout aussi dubitatif sur les critiques ou interrogations que ce moment engendre. La question se pose chaque année le 08 mars. En une journée. C'est presque devenu la journée des pleurnichardes. De plus, elle est instrumentalisée. Cela fait partie du «package» de certaines d'aller dans une association pour faire un discours fleuve sur le droit des femmes. Le 08 mars, le monde s’éveille soudain aux problématiques et abus que vivent les ladies. Durant cette journée des Droits des femmes, vous entendrez parler d’inégalités, d’excision, de violences, d’autocensure. Le 09 mars, il n'en reste rien, on passe à autre chose. C’est-à-dire aux faits divers généralement ornés de drames sexuels, de comas éthyliques et de bastonnades. Et puis, on va se calmer… Pour attendre l’autre 08 mars, avec un autre thème fidèle au répertoire de la revendication de l’égalité femme-homme.

Jean-René Meva’a Amougou


Parité femme-homme: Le Cameroun encore loin du compte

A l’orée des discours et autres appels, le pays de Paul Biya ne brille toujours pas par l’exemple. 

Selon le rapport national sur l’état de la population en 2014, «l’égalité de genre est encore loin d’être acquise ; d’où la nécessité d’axer d’avantage la recherche sur les facteurs structurels à l’origine des inégalités fondées sur le sexe, notamment les normes et comportements sociétaux discriminatoires vis-à-vis des femmes». Le constat flirte avec désolation, ce d’autant plus qu’il émane d’une institution publique dirigée par une femme (Bernadette Mbarga, la directrice générale du Bureau central des recensements et des études sur la population, Bucrep). Deux ans plus tôt, avec environ 51 % de femmes de sa population totale, le pays occupait encore le 138ème rang sur les 187 pays sur le classement de Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) relatif à l’indice d’inégalité du genre (IIG). «Malgré les efforts considérables qui ont été consentis, les mesures réglementaires semblent d’une relative inefficacité dans la lutte contre les inégalités. Sur le plan pratique, les problèmes de discrimination liés au sexe demeurent un phénomène récurrent qui inhibe l’action d’une bonne partie des femmes dans le développement de leurs compétences», soulignait le rapport

Comme antidote à cet état de choses, Paul Biya était monté au créneau lors de la campagne mondiale «He to She» des Nations Unies en 2011. «Nous souhaitons plus de femmes dans les parlements et comme décideurs, car c’est une question d’équité et de respect du genre. L’égal accès des femmes aux postes de décision et la lutte contre toutes les formes de discrimination sexiste participe indéniablement à la construction d’une société humaine plus ouverte et juste», avait lancé le président de la République du Cameroun.

 

Légère embellie

Qu’il s’agisse des domaines tels que la politique, l’administration, les élections, le gouvernement, l’armée etc, la présence effective de la femme reste insignifiante. Son implication par exemple lors des élections le démontre à suffisance. Lors des dernières élections en 2011, le nombre de femmes inscrites sur les listes étaient de 3 537 047 sur 7 525 532 électeurs soit 47%. Une nette augmentation comparée à 2007 où les chiffres s’élevaient à 4 940 203 pour une participation féminine de 1729 563 soit 35%. Toutefois on peut féliciter le progrès, aussi léger soit-il de celles-ci après ces élections, le nombre de femmes maires est passé de 23 à  31%. À l’assemblée nationale par contre, la montée a été plus considérable, de 10 en 2002 à 56 en 2013. 

 

Cas d’école

Au sein de l’administration publique, les chiffres  provenant d’une enquête menée en 2008 sont révélateurs. «Dans les services centraux de trente-quatre départements ministériels, 4 935 postes de responsabilité, allant du rang de ministre et assimilé à celui de chef de bureau et assimilé ont été identifiés. Sur les 4 935 postes disponibles, 3 565 sont effectivement occupés, soit 72,24%. Les hommes occupent 74,89% desdits postes contre 25,11% pour les femmes. L’analyse par poste de responsabilité montre que les femmes sont confinées à des postes de chef de bureau (34,86%), de chef de service (27,81%) et de sous-directeur (21,17%). 

Le domaine de la justice n’en ait pas épargné « Sur l’ensemble des magistrats, les femmes ne représentent que 24,3% des effectifs. Elles sont encore moins représentées par poste de responsabilités. Elles représentent : 14,7% de présidents de tribunaux de 1ère et de grande instance ; 10,0% de procureurs généraux ; 2,8 % de procureurs de la République ; 9,1% de présidents de cour d’appel et 10,5% de conseillers à la Cour Suprême». 

Selon quelques experts, les idées pré conçues depuis la Genèse et une éducation différentielle c’est-à-dire l’influence du sexe sur la scolarisation entretiennent toutes ces inégalités.

Mercedes Beleheka (stagiaire)


Mars 2016-Mars 2017: Camerounaises, elles ont crevé l’écran ici et ailleurs 

Parfois, les exemples réjouissants sont des meilleures armes que des chiffres pour combattre les clichés. Focus sur ces amazones inspirantes.

Au Cameroun, il en y a qui sont audacieuses et nagent à contre-courant. Il y en a qui triomphent de toutes les normes et obstacles qui leur sont imposés, prouvant que le féminin ne se conjugue jamais avec impossible. En effet, du sport à l'art en passant par la littérature et même la technologie, les femmes se sont positivement démarquées tout au long de l'année. Lionnes indomptables La retransmission de tous leurs matches et leur décorticage auraient agi comme une efficace et salutaire leçon de choses. Entre le 19 novembre et le 03 décembre 2016 au Cameroun, la Coupe des Nations féminine a fait sortir les femmes de leur proverbiale inculture sportive ! Celles qui ont rabattu le caquet des critiques, ce sont les Lionnes indomptables. Surfant délicieusement sur les victoires, Christine Mani et ses copines ont servi l’euphorie à grosses louches à la nation entière. Au fil des rencontres, elles se sont présentées sous leurs meilleurs profils, même si les Super Falcon («indésirables briseuses de rêves») les ont écartées du boulevard du bonheur. Normal qu’elles fassent la couverture des magazines célébrant la naissance d’une nouvelle image d’Épinal. Celle d’une équipe pétillante de bonheur, toute de tricolore vêtue et peinturlurée, brandissant l’étendard national. Grâce à de jeunes camerounaises, la Can 2016 a été servie sous les oriflammes de la joie. Tout un pays a été concerné et convié à mettre en veilleuse l’idée selon laquelle «seuls les hommes pensent foot». Surtout qu’au finish, Gabrielle Aboudi Onguene et Annette Ngo Ndom ont été sacrées respectivement meilleure joueuse et meilleure gardienne de but de la Can 2016. La musique qui adoucit les… cœurs Avec un naturel chaleureux et désinvolte qui la rend immédiatement sympathique, Charlotte Dipanda fit son entrée dans la salle historique de l’Olympia Bruno Coquatrix de Paris. Trois albums plus tard, la belle voix du « makossa glamour » s’apprête à réaliser son rêve : Chanter à guichets fermés. Journalistes et public anonyme, dans un grand élan commun, en font un personnage romantique «torturé par le démon du makossa glamour». C'est là qu'il faut creuser : à travers ce rythme et tout au long de l’année 2016, Charlotte Dipanda a fait découvrir au monde entier l’originalité des détritus folkloriques de la côte camerounaise, étendant du coup son public bien au-delà du pays... A peine trente ans. Des voix qui emportent, on ne manque pas d’évoquer celles de Kareyce Fotso, Sanzy Viany ou encore Daphnée. Sur les traces des premières, cette dernière vient de remporter un prix aux Etats-Unis. Seul le travail paye 15 octobre 2016, à The Black Academy of Arts & Letters de Canton St, Dallas (l’Académie noire des Arts et des Lettres du Texas) dans l’Etat du Texas AFRIMM A 2016. Nous sommes bel et bien aux USA, dans cette cérémonie qui récompense les artistes africains. La talentueuse chanteuse a valablement représenté le Cameroun dans cette compétition qui nominait également: Anna Joyce de l’Angola, Laurette la Perle du Congo, Betty Akna de Guinée Equatoriale, Chikune de Namibie, Arielle T du Gabon et ses deux compatriotes Charlotte Dipanda et Reiniss de Newbell Music. Catégorie très compliquée («meilleur artiste féminin d’Afrique centrale») qui au final a choisi de mettre Daphnée dans l’enveloppe des vainqueurs. Enfin ! Elle l’a remporté son premier award international.

Kissy Abeng (stagiaire) 

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