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Présidentielle anticipée au Cameroun, Immigration, APE, visas…: Séduction, bluff et coups de gueule des ambassadeurs européens à Yaoundé

Écrit par  Intégration

Madame l’ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, excellences mesdames et messieurs les ambassadeurs, monsieur le chargé d’affaire, distingués invités, c’est ainsi un honneur et un privilège pour la presse francophone de vous accueillir dans le cadre de cette plateforme d’échanges avec le club de la presse de l’UPF.

Il y a une année, presque jour pour jour, nous étions dans cette même salle pour un enregistrement dont le retentissement médiatique a fait entrer cette émission dans une nouvelle dimension. En inscrivant ce «coming out» de l’Union européenne dans une logique de feuilleton, nous pouvons parler d’une mise à risque du deuxième épisode après le premier de l’année dernière, dans une unicité de lieu, de temps et d’action. La valeur informative de cette production n’échappe à personne. Car, si l’Union européenne nous est familière, sa perception n’est pas la même pour tous dans l’imaginaire collectif des Camerounais: terre d’espérance pour les uns, improbable eldorado pour les autres, partenaire stratégique, acteur de développement pour certains, cours de miracle, pour d’autres encore, relation partenariale ou asymétrique. 

Ce type d’échange permet assurément de dire et de redire ce que l’Union européenne est et ce qu’elle n’est pas; ce qu’elle fait et ce qu’elle ne fait pas; ce qu’elle peut faire et ce qu’elle ne peut pas faire. Une certitude avec un volume d’importation et d’exportation qui dépasse la barre des 40%, l’Union européenne se positionne comme le premier partenaire économique du Cameroun. Il en découle une communauté d’intérêts à préserver et un socle de valeur commune à exalter tout en respectant nos diversités. La télévision, comme le disait le Français Hervé Bourges, est une focale où s’ordonne la diversité des expériences du monde. C’est donc aussi la fonction de ce club de la presse de l’UPF qui se veut un véhicule d’images de la coopération fructueuse entre le Cameroun et l’Union européenne.

Aimé-Robert Bihina, président de l’UPF section Cameroun


 

Joseph Emmanuel Ba’ana 

C’est une nouvelle édition du club de la presse que nous vous proposons. Une édition qui coïncide avec deux célébrations importantes à savoir: la journée mondiale de la liberté de la presse et la journée de l’Europe qui se célèbre le 09 mai de chaque année, date anniversaire de la déclaration de Schumann. 

En effet, le 09 mai 1950, Robert Schumann, alors ministre français des Affaires étrangères, propose, dans un discours qualifié d’historique prononcé à Paris, une nouvelle forme de coopération politique pour l’Europe qui rendrait impensable toute guerre entre les nations de ce continent. Et c’est cette célébration qui nous vaut la présence sur ce plateau, pour la seconde fois, de madame Françoise Collet, ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun; de madame Christine Robichon, ambassadrice de France au Cameroun; de madame Samuela Isopi, ambassadrice d’Italie au Cameroun; de monsieur Jorge De Orueta Pemartin, ambassadeur d’Espagne au Cameroun et de monsieur Christian Meerschman, chargé d’Affaires de l’ambassade de Belgique au Cameroun. 

Il va sans dire qu’au cours de notre échange, nous ne saurions éluder un sujet lié avec notre actualité imminente et qui concerne l’avenir de l’Europe à savoir le référendum qui doit se dérouler le 23 juin 2016 en Grande-Bretagne. Un référendum qui porte sur le maintien ou non de ce pays au sein de l’Union européenne. De ce résultat, dépendra l’avenir de l’Europe. Ce sera un entretien courtois, franc et sincère entre vous et les journalistes de la place triés sur le volet. Le club de la presse est une initiative de la section camerounaise de l’Union internationale de la presse francophone (UPF). Ce club de la presse met donc en lumière des hommes et des femmes qui font l’actualité au Cameroun. Pour vous interroger, Yvonne Eloundou, journaliste à la CRTV. Elle évoquera les grands défis mondiaux, les changements climatiques, la Cop 21 et son processus de ratification dans certains pays dont le Cameroun. Ensuite, Georges Alain Boyomo, rédacteur en chef au quotidien «Mutations». Il parlera de nos préoccupations communes: la résolution des crises. Quant à Roger Betala, également journaliste, il parlera des perspectives économiques, de commerce entre autres.

 

Pour commencer, je voudrais poser à Françoise Collet, la question sur cette Europe qui est célébrée ce 09 mai 2016. Quel est le sens de cette célébration? S’agit-il d’un simple rappel historique?

Françoise Collet: Merci beaucoup de nous offrir l’opportunité d’échanger avec vous non seulement sur l’Europe, mais aussi sur le Cameroun et l’Afrique. Et donc sur nos attentes mutuelles, nos espoirs et peut-être nos défis. Je tiens tout de suite à souligner que l’Union européenne, c’est bien 28 Etats membres, mais c’est aussi plus que ça: ceux qui sont ici en ce moment et ceux qui sont résidents au Cameroun, à l’exception de l’Allemagne et du Royaume-Uni qui se sont excusés. L’Europe est une très grande construction juridique et institutionnelle avec un conseil, avec une juridiction, avec un parlement, avec une cour des comptes, une cour de justice et cela va au-delà. Puisque nous avons aussi construit l’espace Schengen au-delà même de l’Union européenne. Donc, il me paraît très important de le rappeler. Nous vous remercions encore une fois de nous offrir cette opportunité d’échanges.

Alors, vous m’interrogez sur le sens de la célébration de l’Europe. Nous ne sommes pas passéistes. Nous sommes tournés vers le futur, nous sommes tournés encore vers notre construction parce que la construction de l’Europe est un chantier ininterrompu. Mais, il est vrai aussi que cette déclaration très célèbre de Robert Schumann nous rappelle combien il est aussi important d’avoir des hommes politiques, des leaders visionnaires. Ce qui me frappe le plus dans cette déclaration, c’est cette vision qu’avait Robert Schumann. Si vous me permettez, je vais juste vous donner quelques idées. Nous sortions de la deuxième guerre mondiale qui avait vu combattre des Etats. Ceux-ci sont aujourd’hui des Etats membres de l’Union européenne. Nous sortions de la plus grande tragédie de l’histoire, d’un génocide. Mais, n’oublions pas ce qui s’est passé au cours de la deuxième guerre mondiale. Et il y a des hommes et des femmes qui ont décidé qu’il n’y aurait plus jamais cela en Europe et ils l’ont construite. Et la manière dont ils l’ont faite, est tout à fait originale parce qu’ils ont commencé par ce qui était des instruments de la guerre. C’est-à-dire le charbon et l’acide. Et ça, c’est quand même une très grande vision. Bien sûr, on n’est pas arrivé à tout où certaines des ambitions n’ont pas été accomplies. Mais, on est allé bien au-delà. Je pense à ce qu’on avait en tête et on n’avait pas oublié aussi le continent africain. Vous pouvez relire dans les déclarations que le continent était présent évidemment dans d’autres circonstances. On n’était pas encore à l’époque des colonies. En tout cas, le développement du monde sur le combat de valeurs partagées, du respect du droit humain, du droit à la vie étaient vraiment des fondamentaux à l’Europe dès ce moment-là.

 

Joseph Emmanuel Ba’ana: J’imagine qu’une célébration comme celle-là vous donne l’occasion de vous projeter vers de nouvelles perspectives de programmation y compris, comme vous l’avez dit, avec le Cameroun

Françoise Collet: Absolument! Comme vous le voyez, nous sommes présents dans le pays. Nous avons six Etats membres résidents au Cameroun. Nous avons bien d’autres Etats membres accrédités au Cameroun et nous sommes unis par un partenariat en particulier l’accord de Cotonou (qui vise aussi l’ensemble des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). Mais au-delà, nous avons également d’autres accords et d’autres dimensions de notre partenariat avec le Cameroun. En particulier, sur le partenariat économique mais également des accords en matière de commerce, par exemple le bois. Également, au-delà des intérêts politiques, des valeurs communes. Et encore une fois, nous partageons avec le Cameroun des ambitions au plan mondial y compris pour les grands défis internationaux.

 

Georges Alain Boyomo: Parlant de valeurs communes, en ce qui concerne la paix et la sécurité. Et là, nous allons attaquer par une actualité brûlante, celle de la visite du président camerounais au Nigeria. Pour vous, après celle du président nigérian qui a eu lieu en juillet 2015, vous considérez cela comme un pas décisif dans la lutte contre Boko Haram?

Christine Robichon: Le commentaire que je peux faire c’est que nous, Européens, nous sommes solidaires au Cameroun et à des autres pays de la région qui sont menacés, atteints et subissent les exactions du groupe terroriste Boko Haram. Nous européens, nous avons aussi été attaqués. Vous avez tous en tête les attentats perpétrés à Paris et à Bruxelles. Nous connaissons tout ce qui s’est produit dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun. Nous sommes ensembles, solidaires, face à cette énigme qui est l’ennemi de la démocratie, l’ennemi de la liberté et qui cherche aussi bien en Europe qu’en Afrique, à affaiblir les institutions, à déstabiliser, à créer des tensions, des divisions, des ruptures au sein des nations. Nous avons donc des raisons multiples qui tiennent à la fois à nos valeurs mais aussi, à nos intérêts. Parce que la sécurité dans le monde, c’est l’intérêt de tous. Donc, nous avons pour toutes ces raisons des liens forts, des liens de solidarité. Et nous constatons que la guerre contre Boko Baram a régressé, que l’armée camerounaise, par sa capacité à protéger le territoire du Cameroun des incursions, y a joué un grand rôle. Nous sommes aux côtés des forces des différents pays de la région: le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria. Et nous avons, depuis deux ans, à la fois en tant qu’Européens et aussi en tant que France, encouragé les pays de cette région à coordonner davantage leur action face à cet ennemi commun. Nous avons vu que cette coordination a fait des progrès. Nous apportons notre soutien aux forces engagées contre Boko Haram. S’agissant du Cameroun et de la France, ce soutien prend essentiellement deux formes: la forme de renseignement et de formation très spécifique à la guerre asymétrique et à la lutte contre les engins explosifs.

 

Georges Alain Boyomo: Si vous permettez madame l’ambassadeur, qu’on vous relance sur la question. Nous sommes justement deux ans après la déclaration de la guerre du Cameroun contre Boko Haram au terme du sommet de Paris. Est-ce que vous estimez que la contribution de la France a été suffisante dans l’éradication de Boko Haram au Cameroun?

Christine Robichon: Ce que nous disons à nos amis camerounais, c’est que la contribution de la France, à travers le renseignement et la formation est appréciée, qu’elle est jugée utile. Elle n’est peut-être pas très visible. Ce qui a été peut-être le plus visible, c’est un don de matériel de 11 véhicules armés et équipés. Mais, pour ce qui est de la partie non visible de l’iceberg et qui est vraiment important pour les militaires camerounais, c’est donc cet appui renseignement et formation spécialisée. Nos interlocuteurs camerounais nous expriment leur satisfaction et ne nous demande pas autre chose. Et nous avons tout à fait confiance dans la capacité de l’armée camerounaise à protéger le territoire, à jouer son rôle. Il n’est pas question d’envoyer des soldats français dans la région. Notre rôle est donc d’appuyer les armées de la région qui selon nous, ont la capacité et l’ont montré. Puisque depuis deux ans, Boko Haram qui a largement étendu son territoire, contrôlé la force, a été affaibli du fait de la réaction coordonnée et efficace des pays de la région. 

 

Joseph Emmanuel Ba’ana: Toujours pour comprendre le fonctionnement de l’Europe, nous savons qu’il existe une diplomatie européenne qui se déploie à travers le monde dans le domaine militaire. Est-ce que l’Europe n’a pas un autre fonctionnement qui lui permet d’évoluer en groupe ou alors à ce stade, ce sont ces Etats membres qui interviennent de manière sporadique dans certains Etats?

Françoise Collet: L’Europe, d’abord, n’a pas d’armée. Elle n’a pas d’armée permanente et c’était l’une des grandes questions sur la création de l’Europe. La communauté européenne de défense qui a échoué, soyons très clairs, était très compliquée et reste très compliquée. Donc, ça nous différencie effectivement avec d’autres grandes puissances. Par contre sur le continent africain, l’Europe est de très loin le premier supporter de la paix et de la sécurité. Via sous l’égide de l’Union africaine et pour laquelle nous avons déjà dépensé 1,8 milliard d’euros et pour laquelle nous nous engageons encore à hauteur de 900 millions d’euros dont 50 millions d’euros dédiés uniquement à la lutte contre Boko Haram pour les pays du Bassin du Lac Tchad. Donc, notre rôle est d’intervenir sur le terrain sauf dans le cadre des missions civiles et militaires parfois élaborées sur d’autres champs. Mais, par contre, nous sommes très présents pour la formation des militaires également, pour la reconstitution des Etats. Nous avons besoin par exemple des pouvoirs judiciaires, des services de police dont les services sont nécessaires aux Etats. Nous avons intérêt aussi à avoir des Etats stables, à avoir des Etats solides. Bien sûr, le terrorisme effectivement, est une grande menace pour nous.

 

Georges Alain Boyomo: La question des réfugiés intéresse particulièrement l’Europe. Quelle a été la contribution de l’Europe sur ce volet-là ? On sait qu’il y a un flot des réfugiés sur la dorsale Est du Cameroun du fait des incursions des rebelles centrafricains mais également dans l’Extrême-nord, du fait de la guerre contre Boko Haram. Comment cette question est-elle gérée au mieux de l’intérêt de l’Europe et du Cameroun?

Françoise Collet: Je pense que là aussi, nous avons été extrêmement présents. Ce ne sont pas que des mots. Nous sommes présents sur le terrain. En ce qui concerne l’Est, nous avons été les premiers à intervenir. Nous intervenons en particulier, quand je parle de nous, je parle de l’Union européenne et les Etats membres qui sont intervenus via notre bureau humanitaire, le Humanitarian Office. Ce bureau est de très loin le premier organisme humanitaire du monde et qui, à l’Est du Cameroun en particulier, a été le premier à intervenir en délivrant notamment des services sociaux aux réfugiés, aux populations locales, en rétablissant par exemple les services tels que l’éducation, la santé. Nous avons également créé spécifiquement un compte que nous avons appelé le compte Becout pour la Centrafrique et également pour les pays voisins. Et le Cameroun a fait partie des bénéficiaires. 

En ce qui concerne l’Extrême-nord du pays, nous y sommes tout à fait présents et vous le savez sans doute. Nous avons eu ce très grand privilège d’ouvrir officiellement le bureau régional Becout cette année. Celui-ci est installé à Yaoundé Rien que pour le Cameroun, le budget Becout annuel a été doublé. Donc, nous sommes extrêmement présents dans toutes sortes d’intervention. Je tiens d’ailleurs à dire que, pour des raisons à la fois de sécurité et d’organisation, nous ne délivrons pas en direct, nous confions généralement la délivrance à des organismes; soit à des organisations non gouvernementales, soit à des agences onusiennes. Nous travaillons également de concert avec la Croix-Rouge, y compris la Croix-Rouge camerounaise. 

 

Georges Alain Boyomo: Je vais aborder un autre aspect qui est relatif à la démocratie. Alors, le contexte au Cameroun est aux appels et contre appels à la candidature du président Paul Biya, vous vous dites qu’il s’agit d’une démocratie à l’africaine? Ou alors, vous vous dites qu’il s’agit d’une spécificité purement camerounaise, et dans la foulée, j’aimerais que vous réagissiez sur l’annonce d’une supposée ou réelle modification de la constitution. Quelle est la position de l’Europe sur ce sujet?

Françoise Collet: Il n’y a pas de démocratie à l’africaine. Il y a la démocratie. Et cela se définit par des conventions internationales, par des chartes auxquelles le Cameroun y est partie prenante. Il y a la charte africaine, la déclaration des droits de l’homme en particulier. Et je vais me répéter, la démocratie, c’est le pouvoir et le contre-pouvoir. Donc, nous comptons beaucoup sur les Etats et les institutions pour faire respecter les droits de l’homme et la démocratie. Les élections dans la sous-région, comme vous le savez, nous les avons observées et nous avons produit des commentaires. Parfois, nous observons en envoyant une mission d’observation électorale. Mais, dans tous les cas, nous rappelons que nous sommes souvent invités.

 

Georges Alain Boyomo: La révision constitutionnelle, par exemple au Cameroun, vous incommode-t-elle?

Françoise Collet: Les peuples sont souverains. Donc, il n’appartient pas aux diplomates de commenter les décisions souveraines des peuples et des parlements d’Etats tiers. 

 

Georges Alain Boyomo: La France, c’est la même chose j’espère…

Christine Robichon: La France ne peut que confirmer. La France est dans le rang de la menace terroriste d’aujourd’hui qui s’est globalisée et qui s’étend. Pour que les Etats, les nations, les peuples résistent, ils ont besoin d’institutions solides. Les constitutions sont des pierres angulaires des institutions et c’est au peuple d’en modifier, s’ils estiment que c’est dans leur intérêt. Et s’ils souhaitent les modifier, c’est important que ce soit fait après un débat, qu’il y ait un consensus. Et ce consensus est essentiel pour qu’une constitution soit solide et protège le peuple contre les divisions qui peuvent être aspirées par l’ennemi. Donc, c’est au peuple camerounais de décider à travers un débat démocratique. 

 

Georges Alain Boyomo: Il y a une opinion au Cameroun qui met sur votre compte un certain nombre de manœuvres. On voit des leaders d’opposition manifester ces derniers temps, c’est vrai qu’en face, il y a des restrictions. Est-ce que certaines chancelleries manœuvrent et ont pour mains opérationnelles ces leaders d’opposition?

Christine Robichon: Cette question me donne l’occasion de tordre le coup à des rumeurs et à des fantasmes qui existent encore dans l’opinion publique et même dans la classe politique camerounaise. Et je suis heureuse de dire et d’affirmer que la France n’a pas de candidat dans les élections, ni sur aucun continent, pas sur le continent africain, pas au Cameroun. On lui prête beaucoup n disant qu’elle avait un candidat en République Centrafricaine, ou qu’elle en aurait un ou plusieurs au Cameroun. Tout cela, c’est absolument faux. La France n’a pas de candidat. La France considère que, pour être légitime et ce qui fait la légitimité d’un chef d’Etat ou d’un gouvernement, c’est l’élection. Et pour que des institutions soient fortes, il faut une légitimité forte. C’est la meilleure garantie contre une fragilité et c’est encore plus important aujourd’hui à cause des menaces que nous connaissons. S’agissant des élections, elles permettent au peuple de s’exprimer à travers des scrutins transparents, justes et libres.

 

Joseph Emmanuel Ba’ana: La dernière question qui se rapproche d’une certaine façon à la précédente, c’est généralement la saison des rapports qui sont finalement accablants à l’encontre du Cameroun. Je me fais l’écho du ministre de la Communication qui dit que ces rapports découlent d’une coalition entre les forces exogènes et les forces endogènes. Là également, est-ce qu’il y a un agenda caché derrière ces rapports?

Christine Robichon: Les rapports, il y en a dans tous les pays. Il y en a en France et c’est un moyen de montrer, d’analyser des faits et de faire des recommandations en vue d’une amélioration. Voilà ce que je peux dire.

 

Roger Betala: Pour parler des relations économiques entre l’Union européenne et le Cameroun, je vous propose trois centres d’intérêts: d’abord les accords de partenariats économiques, ensuite la coopération économique à travers l’aide publique au développement et de façon globale, les échanges entre l’Union européenne et le Cameroun. Le 04 août 2016, doivent entrer en vigueur les accords intérimaires entre l’Union européenne et le Cameroun. Pour les citoyens camerounais qui nous écoutent, il y a souvent eu un problème de terminologie entre le gouvernement et l’Union européenne sur certaines définitions. L’accord intérimaire que le Cameroun a signé, qu’est-ce qu’il signifie pour l’Union européenne? 

Françoise Collet: Il signifie un partenariat approfondi, pas seulement commercial, mais également axé vers le développement. Les APE, nous les avons négociés partout dans le monde. En tout cas, avec la partie du monde concernée, de celle qui relevait en particulier de l’accord de Cotonou. Nous avons été contraints de la faire afin de se mettre en conformité avec les règles commerciales internationales de l’OMC. Nos régimes en fait, les régimes que nous avons accordés sont extrêmement favorables et ne pouvaient perdurer sous cette forme. Donc, je le disais, nous avons été contraints de revisiter les règles commerciales de l’accord de Cotonou. Ces accords ont été conclus avec quasiment l’ensemble du monde. 

 

Roger Betala: Si vous nous donnez directement la définition d’accord intérimaire, nous aurons l’occasion de nous étendre ou de parler de l’arrivée même des APE après l’accord de Cotonou. L’accord intérimaire entre le Cameroun et l’Union européenne, qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Françoise Collet: L’accord intérimaire signifie encore une fois la conclusion d’un accord de partenariat commercial et de développement avec la Cameroun. Et le Cameroun étant le pays économique leader de cette sous-région. Donc, nous pensons que c’est mutuellement bénéfique et je sais que le Cameroun partage cette appréciation parce qu’il ne faut pas croire que les négociateurs camerounais n’étaient pas avisés. Le Cameroun a compris où était son intérêt, et a signé. Et a non seulement signé cet accord, mais la également a ratifié et s’apprête à le mettre en œuvre. Donc, c’est un instrument d’intégration sous régionale mais et également, une opportunité de renforcement des relations commerciales au-delà du développement. C’est ainsi pour l’APE ensuite les accords avec l’union européenne.

 

Roger Betala: Lorsque vous parlez de relance, de renforcement de la coopération, mais on se rend compte que le Gabon et le Congo ont décidé de ne pas s’associer à l’accord intérimaire. Est-ce que l’Union européenne ne va pas démanteler totalement ce qui reste de la coopération de la Cemac en mettant en œuvre dès le 04 août 2016, l’accord intérimaire avec le Cameroun? 

Françoise Collet: Je reviens d’un séminaire régional à Libreville et j’ai eu l’occasion de m’entretenir à la fois avec des dirigeants de la Cemac et de la CEEAC. Et le constat qui est partagé est que, ces institutions régionales ne se portent pas déjà très bien aujourd’hui et si l’on considère le commerce régional et les chiffres, l’on se situe entre 1 et 3%. Donc, je doute fort que l’APE ait un apport négatif sur un chiffre qui est déjà extrêmement minime. Et au contraire, l’APE vise à renforcer l’intégration régionale, promouvoir le rôle du Cameroun dans la coopération sous régionale.

 

Joseph Emmanuel Ba’ana: Que pense madame Samuela Isopi qui semblerait avoir un avis sur la question?

Samuela Isopi: Je voudrais tout simplement compléter en mettant l’accent sur un aspect que madame l’ambassadeur Françoise Collet a mentionné tout à l’heure sur l’APE. Ce n’est pas seulement un instrument de commerce mais, c’est pour nous un outil de développement. L’aide au développement, c’est quelque chose de très positive pour le Cameroun, pour tout le monde. Mais, ce n’est pas l’aide au développement qui va faire du Cameroun un pays émergent. Ce qui va faire du Cameroun un pays émergent, c’est le développement de l’économie et du secteur privé. Et nous pensons qu’à travers cet accord, on peut effectivement aider le Cameroun vers cela. Je crois qu’il y a eu une communication négative sur l’APE, peut-être pour un manque de compréhension. Donc, il n’y a pas un understanding correct sur les APE. Les APE donnent au Cameroun la possibilité d’avoir accès à un marché de plus de 600 millions de consommateurs en Europe, sans droit de douane. De l’autre côté, l’Europe peut bien sûr apporter au Cameroun. Mais, ce qui est important pour nous, c’est d’offrir au Cameroun notre technologie, notre équipement. C’est ça donc la première étape des APE, c'est-à-dire offrir au Cameroun les outils qui sont nécessaires pour son développement. 

 

Jorge De Orueta Pemartin: Je suis tout à fait d’accord avec mes collègues de la France, d’Italie et de l’Union européenne. Mais, je voudrais ajouter une chose très importante. Par exemple, l’UE est devenue le deuxième client du Cameroun après la Chine à cause des APE. C'est-à-dire qu’on importe des quantités de choses. Les exportations du Cameroun vers l’Espagne sont maintenant montées véritablement en croissance. En d’autres termes pour le Cameroun, c’est un injecteur d’argent et de commerce favorable. Alors, il n’y a que des avantages sur les APE. Une chose est sûre, si on va apporter la technologie de l’Europe, où va être le problème? 

 

Roger Betala: Mon objectif est que les uns et les autres comprennent les enjeux qui sont tellement importants. Toujours sur les APE, qu’est-ce que cela représente pour vous, qu’est-ce que cela peut avoir comme conséquence sur le Cameroun ? Lorsque l’UE parle des accords de Cotonou pour les APE, elle a donné comme raison l’OMC qui le dit. Mais, quand vous allez à l’OMC, elle vous dit: «non! Nous n’avons pas demandé à l’UE de passer des accords de Lomé, de Cotonou aux APE». Quelle différence fondamentale y a-t-elle entre le système préférentiel généralisé qui existait et les APE? Quels sont ses avantages?

Françoise Collet: L’avantage des APE est l’intégration sous régionale et de l’aspect développement. Nous avons remarqué que nous vous avons offert un marché sans aucune limitation, ni tarifaire, ni quantitatif. Ceci était déjà offert en particulier aux autres pays moins avancés. Vous le savez. C’est ce régime qui est le plus favorable du monde. Juste par comparaison de la douane avec les États-Unis, il y a moins de 50% des lignes douanières, des portes qui sont ouvertes. L’UE, c’est tous les produits, tous les services, que des avantages et aucune limitation de services. Qu’est-ce qu’on a remarqué? Les Etats ne sont pas en mesure de bénéficier d’un tel régime favorable. Et cela nous désole. Et nous avons réfléchi, nous avons voulu construire quelque chose sans doute qui soit en rapport avec ce que nous avons fait en Europe. Là aussi, c’est quelque chose que nous répétons à satiété. Les premiers partenaires commerciaux des Européens ou des Européens entre eux, ou de la Suisse, c’est évidemment ses voisins. Et en ce sens-là, nous nous félicitons de la visite du président Paul Biya au Nigeria et de l’accord commercial qui a été signé. Le développement, la croissance, la richesse se produisent aussi par l’ouverture, non pas par le protectionnisme, ou alors un protectionnisme bien conçu comme l’a fait le Cameroun par exemple dans le cas de l’APE. Mais, le commerce en lui-même crée des richesses. Et le commerce, vous le faites d’abord avec vos voisins. Voilà ! L’APE c’est ça aussi.

 

Roger Betala: Parlons maintenant de l’accord d’étape avec le Cameroun. L’APE, c’est généralement trois choses: les délais de mise en œuvre, les produits éligibles à l’APE et le financement de la mise à niveau des entreprises que vous appelez financement de regroupement après la signature. On a l’impression qu’ici au Cameroun, vous avez été un peu plus durs qu’avec les pays de l’Afrique occidentale. Je crois qu’au Cameroun, ça doit être 20/80 alors qu’ailleurs, c’est 30/70. Pourquoi le délai de mise en œuvre est plus court ici et le nombre de produits éligibles?

Françoise Collet: Nous sommes entre partenaires, c’est une négociation. L’APE c’est le résultat d’une négociation entre l’Union européenne et le Cameroun à un moment donné. Le délai de mise en œuvre était extrêmement long. Nous avons mis en œuvre le délai en 2008. Vous bénéficiez déjà de l’APE de notre côté. Cela a déjà eu des résultats extrêmement bénéfiques. Et encore une fois, pour l’opinion publique camerounaise, la balance commerciale avec l’Europe est bénéficiaire, donc excédentaire de votre côté, pas de notre côté. Et nous nous en félicitons et je vous donne un exemple même s’il n’est pas représenté en tant que tel. Mais, le Cameroun est devenu le premier producteur ACP de banane plantain en 2015. Et je suis personnellement très heureuse des résultats parce que nous avons créé l’industrie de la banane plantain au Cameroun et évidemment, le marché européen, le premier consommateur de banane plantain camerounaise. Nous nous en félicitons. Sur les produits éligibles, c’est le Cameroun qui a fixé le cadre des négociations avec l’Europe. Il a compris son intérêt encore une fois. Protéger ses produits agricoles et comme nous le soulignons, nous ne sommes pas en concurrence, nous sommes complémentaires. Les produits que vous importez de l’Europe ne sont pas similaires à ce que vous exportez vers l’Europe. Donc, il est très important de comprendre que c’est un mécanisme gagnant-gagnant puisque nous ne sommes pas en concurrence. Nous ne sommes pas en compétition sur les produits, parce que nous accordons un régime asymétrique. Vous avez pris des mesures de protection de vos industries décentes les plus importantes pour vous. 

 

Roger Betala: Après le 04 août 2016, à quoi va ressembler le marché camerounais pour les produits venant d’Espagne, de France, d’Italie et de Belgique?

Christian Meerschman: Je veux d’abord remercier l’ambassadeur de l’Union européenne qui a pris ses compétences et je suis tout à fait d’accord avec ce qu’elle dit. En ce qui concerne l’avenir des échanges, nous sommes la plus grande mission commerciale existant depuis longtemps. Je parle du fait que nous sommes intéressés pour apporter des minerais et des bananes par le port de Kribi, le port de Limbé et le port de Douala, même comme nous sommes en rude compétition avec la France pour les bananes qui arrivent sur le port français et les bananes caribéennes qui arrivent aux côtes belges. Je pense qu’il y a un grand avenir pour le commerce bilatéral.

 

Samuela Isopi: Comme je venais de le dire, dans notre perspective, ces accords sont des grandes opportunités de développement pour le Cameroun et surtout dans la première étape d’avoir accès à la technologie pour le développement de l’industrie camerounaise. Comme vous le savez bien, l’Italie est la deuxième économie manufacturière européenne après l’Allemagne et le cinquième au niveau international. Notre premier secteur de production n’est pas les «made in Italy», ou bien les produits agroalimentaires. Mais, c’est la mécanique, les équipements pour le développement industriel. Nous avons déjà de bons échanges et donc, nous comptons surtout sur le développement de cette filière. Le gouvernement nous a demandé d’organiser une mission économique ciblée sur le développement de certaines filières surtout les petites et moyennes entreprises. On a ciblé les secteurs comme l’agro-industrie. Comment transformer vos produits? Le Cameroun c’est un pays qui exporte ses produits alimentaires dans d’autres pays mais, importe tout ce qui est produit manufacturé ou transformé. Et c’est important pour la création d’emplois. Donc, c’est ça notre target et notre objectif. La balance commerciale, les échanges, on est encore parmi les dix premiers partenaires commerciaux du Cameroun. La balance commerciale est encore excédentaire en faveur du Cameroun.

Jorge De Orueta Pemartin: Pour l’Espagne, je l’ai déjà dit, nous sommes le deuxième client du Cameroun après la Chine et vous pouvez voir que nous tenons, au lieu du 17ème rang, finir 15ème. Alors, s’il n’y a plus de produits espagnols ici, ce sera bon pour le Cameroun, ce sera bon pour l’Espagne aussi.

 

Joseph Emmanuel Ba’ana: Donc après le 04 août 2016, le marché va exploser? 

Jorge De Orueta Pemartin: Non! Pourquoi exploser. Enfin, s’il y a la possibilité d’importer les produits de l’Union européenne à de meilleurs prix, ce serait bon pour le consommateur camerounais et dans tous les sens. C’est-à-dire, qu’est-ce que le Cameroun va apporter qui soit mauvais pour le Cameroun. Il va y avoir une compétition. L’Espagne est un pays producteur agroalimentaire très important, c’est une compétition avec le Cameroun. N’oublions pas que l’Espagne est le seul pays producteur de banane au sein de l’UE aux Canaries. Cela a déjà affecté négativement nos productions de Bananes. C’est que la banane camerounaise est très bonne, donc c’est la concurrence. Alors, pour l’Espagne, ce sera une opportunité d’investir. Par exemple au Cameroun, ce sera une opportunité pour les entreprises de transformation espagnole de venir et investir au Cameroun, d’apporter notre technologie et ce sera gagnant-gagnant.

 

Roger Betala: L’industrie métallurgique du Cameroun ne contribue que pour 18% du PIB. C'est-à-dire de manière très faible. Alors, comment cette industrie faible va-t-elle se comporter d’ici 2023? Est-ce qu’elle ne sera pas totalement étouffée par l’ouverture du marché national du fait de cette éligibilité défavorable au Cameroun dans l’APE qui est de 20/80? Quand est-ce que le Cameroun bénéficiera de l’APE qui doit financer la mise en œuvre au niveau des entreprises?

Françoise Collet: Je suis un peu surprise de vous voir citer la métallurgie. Parce que si vous regardez ce secteur, il n’est pas aussi développé qu’en Europe. Je pense qu’il faut se tourner du côté de l’Asie, s’il faut parler de métallurgie. Comme les autres, nous avons déjà eu notre révolution industrielle qui n’est pas allée dans le sens que nous n’aurions pas souhaité. Vous le savez très bien que nous avons perdu nos parts d’industrie. En revanche, nous avons gagné sur d’autres secteurs. Par exemple, le secteur tertiaire et les services. Et nous sommes extrêmement forts et tout est vraiment fort dans le domaine agricole. Donc, ce n’est pas pour faire une concurrence déloyale. Il est question que chacun trouve sa place. Il est très important de comprendre une seconde fois que ce mécanisme ne vise pas à affaiblir le Cameroun. Bien au contraire, il est déjà appliqué et extrêmement favorable surtout qu’il permettra à l’industrie camerounaise de se développer de façon particulière avec les machines agricoles qui pourraient être importées sans taxes. Et donc, c’est un bénéfice pour les entreprises et les consommateurs. Plus vous produirez, plus vous élargirez également votre assiette fiscale et plus vous aurez des dépenses et des recettes publiques pour l’investissement. Donc, c’est cela qui est en jeu.

 

Roger Betala: Où est la différence avec le laisser-faire? Où est la marge d’œuvre entre les APE et la théorie économique que vous connaissez qui est le laisser-faire? Quelle est la marge de manœuvre là-dedans? 

Françoise Collet: Nous préférons être dans un monde régulé. Nous sommes les grands défenseurs des mécanismes internationaux de régulation. Nous sommes parmi les plus grands défenseurs de l’OMC. Là aussi, l’OMC ne se porte pas spécialement bien. Mais, nous restons très attachés aux mécanismes multilatéraux notamment dans le règlement des conflits quels qu’ils soient, y compris les conflits commerciaux. Et nous estimons que l’OMC par exemple, protège en particulier les pays en voie de développement et on est extrêmement attaché à cela. Je ne suis pas sûre que cette vision soit partagée par d’autres grandes puissances que je ne nomme pas. Mais, ce n’est pas une position partagée et pour nous, c’est extrêmement important. Nous sommes extrêmement attachés au développement de l’Afrique et pour cela, nous estimons qu’il faut un monde régulé et non pas le laisser-faire. Et avec le laisser-faire, vous auriez une concurrence sauvage et qui ne serait pas nécessairement favorable à l’Afrique.

 

Roger Betala: J’aurai voulu savoir le montant de l’aide accordée aux Etats qui signent les accords intérimaires. Quel est le montant pour le Cameroun et comment sera débloquée l’aide publique au développement? Quels sont les contours que cette aide publique va prendre avec les APE et avec tout ce que nous savons des problèmes de l’UE sur ses propres comptes publics?

Françoise Collet: Malgré ces problèmes, l’UE se présente non seulement comme le premier partenaire économique et commercial du Cameroun. Nous sommes non seulement le contributeur humanitaire mais aussi, le premier donneur d’aide dans le monde et de très loin. Et une chose qui est extrêmement rassurante pour nous tous est que, cette enquête publique très récente sur les citoyens européens a confirmé à 90% qu’ils étaient favorables à l’aide au développement malgré la crise que connait l’UE. Ceci est un signe. Et pourquoi il y a une telle attitude? Parce que les citoyens européens font le lien entre croissance, développement, commerce et également crise migratoire et sécurité. Ils veulent pour cela que les pays en difficulté se développent pour que leurs citoyens puissent vivre avec des standards acceptables pour qu’ils n’aient pas à migrer pour des raisons économiques. C’est aujourd’hui l’une des opinions européennes. L’aide publique au développement est énorme. Pour le Cameroun, rien que pour le programme national, c’est 250 millions d’euros sous le FED, c'est-à-dire près de 27 milliards de F CFA. Mais au-delà, nous avons d’autres instruments de coopération. Nous avons les coopérations bilatérales avec la France par exemple sur les C2D. Peut-être même l’ambassadrice va dire un mot sur ce qui est à venir. Mais également, nous avons un programme régional dont j’ai parlé. Et pour lequel j’étais à Libreville tout récemment. Malheureusement, nous constatons que le programme régional est très peu engagé, évidemment de l’ordre de plus de 200 milliards de F CFA. Et enfin, lorsque nous serons en rythme de croisière, nous avons un programme qui s’appelle le Prada. C’est effectivement un programme d’appui pour les pays qui ont signé les APE. Ce sera pour l’ensemble de la sous-région Afrique centrale. Mais également, nous avons déjà des programmes en faveur de la mise à niveau des entreprises que nous réalisons soit nous-mêmes, soit en partenariat avec l’Onudi. Tout ceci existe et est déjà présent. Nous contribuons à la mise à niveau.

 

Yvonne Eloundou: La dernière partie de notre entretien sera portée sur les grands défis mondiaux. Nous en avons retenus deux: les changements climatiques et les problèmes de migrations. Pour parler des changements climatiques, en décembre 2015, l’accord de Paris a été adopté. Et depuis avril 2016, on est encore à faire une ratification à New York, au siège des Nations unies pour l’entrée en vigueur en 2020. Pour ceux qui ne savent pas ce qui s’est passé à Paris, madame l’ambassadeur de France puisque c’est la France qui portait le sommet, qu’est-ce qu’on peut retenir de cet accord?

Christine Robichon: L’accord de Paris est un moyen qui a été négocié et par l’ensemble des défis du monde pour protéger l’ensemble du monde des effets négatifs des perturbations du changement climatique et essentiellement, la hausse de température sur notre planète. Ce qui a des conséquences: désertification, inondations, cyclone, etc. Des conséquences qui sont très négatives pour les hommes, pour l’économie, pour la nature elle-même. La conscience a donc été prise par tous de la nécessité de contenir, de limiter ce réchauffement climatiques de façon à ce que, entre l’ère industrielle et 2030, que la température n’augmente pas de plus de 2°C et si possible 1,5°C. Ce qui implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Donc, l’accord a été conclu. Il prend en compte les intérêts qui sont différents selon les pays, selon qu’ils sont industrialisés, selon qu’ils sont en développement ou selon qu’ils sont insulaires. Il y a les risques particuliers pour les petits pays insulaires. La conférence a été un lieu d’échanges qui ne se sont pas d’ailleurs tenus à Paris seulement. Paris a été le point final. Il y a eu de nombreux exercices qui ont précédé et ont fait progressé tous les négociateurs vers un accord agréé et ouvert à la signature depuis le 22 avril. Et par cet accord, les pays s’engagent, chacun en fonction de son propre objectif, à réduire, selon des degrés et des pourcentages, leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

 

Yvonne Eloundou: Nous savons très bien qu’en matière de réchauffement, on ne va pas se voiler la face, ce sont les pays industrialisés qui sont les premiers pollueurs de la planète, alors que les pays en développement polluent moins. Lorsque vous dites que cet accord est une demande pour que les pays s’engagent. Cela va rester un simple engagement? Si c’est le cas, où est la différence avec ce qui s’était passé avant? Cet accord n’a-t-il pas d’originalité, c’est-à-dire un aspect contraignant juridiquement les Etats, du moins, les plus pollueurs?

Chistine Robichon: Il a un aspect contraignant. C’était un des objectifs de la présidence française. C’était aussi un objectif de l’UE. Ce caractère contraignant met en place des mécanismes pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques; à lutter contre la désertification chez eux et à financer aussi les adaptations nécessaires à leur vie et leurs économies.

 

Yvonne Eloundou: Au niveau de la ratification, chaque pays européen ratifie en tant qu’Etat et l’UE ratifie en tant que groupe. Quelle est la situation de l’état de la ratification? Combien d’Etats ont ratifié aujourd’hui?

Christine Robichon: Le Cameroun a signé !

 

Yvonne Eloundou: Quel est le nombre de signatures déjà obtenues au niveau de l’UE?

Françoise Collet: Au niveau de l’UE, nous sommes une construction unique parce que nous avons été les premiers à mettre sur la table les propositions communes. Elles ont été débattues au nom de l’UE et avec un engagement unilatéral de nos Etats. Donc, il n’y aura aucune difficulté pour la ratification. C’est déjà un acquis.

 

Yvonne Eloundou: Pour l’instant, que pouvons-nous retenir ce soir? Quel est l’état de ratification à l’UE ? Sur les 28 Etats membres?

Françoise Collet: Ce qu’on peut dire, c’est que nous ne sommes pas encore au niveau de la ratification.

 

Yvonne Eloundou: On donne un an au départ pour signer. Je voudrais savoir combien de pays européens ont déjà signé?

Christine Robichon: Je n’ai pas de comptes. Mais la France, l’Italie, l’Espagne, la Belgique ont signé. Et la France a fait campagne et j’ai porté ce message ici au Cameroun en tant que ambassadrice de France au Cameroun. La France a fait campagne dans le monde entier pour que plus de pays signent et le Cameroun a signé. Étant donné que nous avons fait campagne dans des pays non européens pour qu’ils signent, j’en déduis que pour ce qui est, c’est madame Collet qui est mieux placée pour parler des engagements pris depuis de longues dates par l’Union européenne. Je n’ai pas de doute que tous les pays européens ont signé. Maintenant, on en est à l’étape de la ratification. La ratification renvoie souvent des délais importants dans les pays entre la date de signature et la date de ratification. Et c’est le cas pour certains accords au Cameroun. Le président qui a joué un rôle en participant à la conférence à Paris pour inciter toute la région Afrique centrale, a d’ores et déjà annoncé qu’il présenterait à la session de juin au vote des parlementaires, le projet de loi portant ratification. J’espère que les parlementaires adopteront cette loi. Ce qui est important, c’est que la France, qui assure la présidence de la Cop 21 jusqu’au mois de novembre prochain avant de passer le relais au Maroc, agit beaucoup avec ces partenaires européens, auprès de tous ces amis étrangers pour une ratification rapide. Parce que pour que cet accord entre en vigueur, il y a des dispositions très particulières. Il faut qu’il soit ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des Etats d’émissions des gaz à effet de serre. Et à ce moment-là, il entrera en vigueur et tous les dispositifs prévus seront mis en œuvre pour aider les pays qui ont besoin d’adaptation et de soutien pour tenir leurs engagements.

 

Yvonne Eloundou: Parlons d’aide justement, que faut-il attendre de cet accord par rapport à la disparition du Lac Tchad? Depuis des décennies, le Lac Tchad ne fait que se vider de ses eaux. Il faut attendre quelque chose de cet accord pour le sauver?

Françoise Collet: Je suis désolée de devoir intervenir à ce stade. Mais, le Lac Tchad ne se vide pas. Il monte et il descend. Cela a été démontré par une équipe de scientifiques européens et en particulier français, camerounais et tchadiens. Et c’est une très bonne nouvelle pour tout le monde. C’est un système assez compliqué, mais le Lac Tchad n’est véritablement pas en danger. D’ailleurs, en ce moment, il remonte. Le Lac Tchad ne disparaîtra pas, il peut être invisible. C’est une excellente nouvelle pour tout le monde. Mais, nous nous préoccuperons au-delà du Lac Tchad. Nous nous préoccupons de la préservation en particulier de la forêt du Bassin du Congo. Et ici, nous sommes extrêmement actifs et l’UE a repris effectivement la présidence de cette initiative sur les forêts du Bassin du Congo en concert avec la Comifac pour co-présider cette initiative. Ainsi, des pays du monde sont réunis, pas seulement les Européens, pas seulement les Américains mais également le Japon et bien sûr les pays de la sous-région concernée. Et dernièrement, la Norvège, si je ne me trompe pas, a annoncé la mise à disposition d’un montant de 200 millions d’euros, rien que pour la préservation des forêts du Bassin du Congo. Nous y sommes extrêmement actifs là aussi.

 

Yvonne Eloundou: Concernant les problèmes migratoires actuels. Depuis 2012 et depuis plusieurs années, nous voyons ces flots de personnes qui frappent aux portes de l’Europe. On a l’impression que, malgré toutes les dispositions prises pour l’instant par les Etats, ces flots ne font qu’augmenter et d’ici peu, l’Europe a décidé d’autoriser officiellement un nombre de personne, surtout l’Europe de l’ouest, à entrer officiellement. Est-ce que cela ne réduit pas les chances des Africains qui pourtant, vont en Europe pour étudier, pour travailler?

Jorge De Orueta Pemartin: Pour moi, c’est une question très intelligente. Mais, je dis non. Les Africains qui veulent aller en Europe régulièrement ne vont jamais être affectés. C’est-à-dire, les étudiants qui vont en Europe avec des visas, des travailleurs qui y vont, ceux qui sont en train de vivre régulièrement en Europe ne vont jamais être affectés. Il n’y a aucune préoccupation de ce point de vue. La politique européenne, les visas Schengen, les visas bilatéraux continueront à être les mêmes comme pour quelqu’un qui veut aller travailler en Europe.

 

Yvonne Eloundou: L’impression qu’on a c’est que l’immigration clandestine semble être organisée. C’est-à-dire, on connait bien les passeurs, les cargos affrétés, il y a même des villes: Tanger, Seoutar, etc. Mais, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas une action forte? Au contraire, on crée des foyers pour accueillir ces gens, notamment en Italie. 

Samuela Isopi: Je pense que c’est un problème très complexe et surtout, il faut comprendre que ce n’est pas un problème nouveau. C’est un problème qui se porte depuis des années et s’est posé au moins pour l’Italie qui est la porte d’entrée de l’Europe. Le problème s’est aggravé ou détérioré. À notre avis, pour plusieurs raisons. Et surtout qu’il y a une situation d’instabilité, pas seulement en Syrie ou en Irak qui sont les pays d’origine des flux migratoires utilisant la route orientale. Il y a aussi la situation de la Libye qui avant, pour l’Italie, était un partenaire avec qui on avait une coopération dans le domaine même de la migration et de réadmission. Pour nous, nous pensons que le phénomène migratoire n’est pas quelque chose de nouveau. Mais surtout, c’est quelque chose qui va durer et qui va même augmenter dans le futur. Même si on règle les problèmes de crises qu’on vient d’évoquer, il y a une réalité à laquelle il faut faire face. Ça fait un an, en Europe, on n’avait que l’Italie et Malte qui avaient ces problèmes et qui essayaient aussi de passer ces problèmes à Bruxelles. Nous reconnaissons que dans les derniers 12 mois, beaucoup de choses ont changé. On n’est pas encore arrivé à une solution idéale. L’Europe a mis en place des instruments. Nous soutenons les initiatives qui ont été prises et qui ont été annoncées. C’est-à-dire, la création d’une garde côtière européenne annoncée par l’UE. Nous y avons récemment déposé une proposition. L’Italie, oui. Simplement comme point de départ pour une discussion pour stimuler et continuer à stimuler cette discussion. C’est-à-dire que les mesures qu’on a mises en place jusqu’à ce moment, sont des mesures pour répondre à la situation d’émergence et d’urgence. La crise migratoire n’est pas simplement une situation d’urgence. Il faut aussi avoir une mission et se doter des outils et des instruments qui sont nécessaires pour maîtriser le phénomène migratoire dans le futur. Nous espérons que les mesures prises vont aussi être mises en place dans tous les Etats qui affectent surtout la dimension interne. Et il y a aussi une dimension externe c’est-à-dire à l’extérieur. Donc, la coopération avec les pays d’origine et de transit. On a signé cet accord avec la Turquie qui a aussi obligé les discussions. Mais, la coopération avec les pays africains est très importante. On n’a pas seulement le problème de la Libye parce qu’on sait que c’est un problème politique. Et on soutient l’action des Nations unies pour essayer de régler la question libyenne. Il y a aussi la question des migrants économiques. Nous connaissons bien la situation de l’Afrique, l’explosion démographique qu’il y aura aussi dans les années à venir, les changements climatiques. La proposition que nous avons faite qui va dans la direction des conclusions de l’UE du sommet de la Vallette, où on a déjà à notre avis, posé des bases sur cette coopération, est le fait de trouver des formules et des instruments innovants pour voir comment on peut encourager cette coopération. C’est-à-dire, trouver des formes de financement innovantes pour être concrets. L’UE a déjà plusieurs instruments. Pour devoir mieux les utiliser, on propose de faire aussi des reload bind pour les crises migratoires. De l’autre côté, ce qu’on demande aux pays partenaires, c’est un engagement plus fort et des mesures plus fortes dans les admissions, dans le rapatriement et dans les accords. C’est donc des propositions qui sont en discussion. Ce qui est sûr, cela ne peut pas arriver d’ici un jour. Je crois qu’il faut retenir deux choses: premièrement, beaucoup de choses ont changé, si on pense seulement à la tragédie de Lampedusa d’avril 2015. Il y a cette prise de conscience en Europe. Il y a des discussions parce que c’est un sujet qui est sur toutes les réunions et sur toutes les tables des sommets. Et la deuxième chose, c’est aussi la ligne de l’UE. Nous donnons la priorité à la dignité humaine et au sauvetage des vies humaines. Les journaux, peut-être, n’en parlent pas. Mais, on a continué à sauver des vies humaines. Concernant les réseaux de trafiquants, là aussi, il faut que les deux côtés travaillent ensemble. L’UE a créé une mission qui a pour mandat de lutter contre la migration illégale. Là aussi, je crois que la Libye représente encore un problème parce qu’on n’a pas la possibilité d’entrer. Car, ce sont des opérations qui ne peuvent pas dépasser les frontières.

 

Yvonne Eloundou: Madame l’ambassadeur de France au Cameroun, l’office français de l’immigration offre un retour digne, dit-on, à ceux qui veulent rentrer et auxquels peuvent s’ajouter une aide financière. J’aimerai savoir au Cameroun, combien de personnes avez-vous fait rentrer dignement?

Christine Robichon: Je n’ai pas de chiffres en tête, quant aux personnes qui, Camerounais en situation irrégulière en France revenus au Cameroun. Le chiffre que j’ai en tête c’est celui des personnes appartenant à cette catégorie des ressortissants camerounais en situations irrégulière en France qui sont rentrés dans leur pays et qui ont sollicité et obtenu une aide pour se réinsérer dans la société et dans l’économie camerounaise en créant une micro entreprise. Là, j’ai un ordre de grandeur en tête, c’est quelques dizaines chaque année. Ce n’est pas énorme mais, c’est très réconfortant de voir la capacité qu’ont ces personnes à monter un projet, à le mener à bien grâce à une subvention qui est apportée par la France à travers un mécanisme spécialement conçu où on voit des petites entreprises agricoles, des petites entreprises liées aux nouvelles technologies. Et c’est une démonstration de l’utilité pour les pays qui vont profiter de l’économie de ces personnes. Les personnes qui tentent l’immigration illégale parce qu’elles y sont poussées par des passeurs et des mafias qui cherchent à leur prendre de l’argent en exposant leurs vies, sont souvent des jeunes qui ont souvent de l’énergie, de la vitalité, débrouillards et qui, en quittant leur pays, font perdre des capacités à leurs pays. Et ce petit programme leur permet de se prendre en main parce qu’une fois rentrés, ces jeunes peuvent se réinsérer, gagner leur vie et contribuer au développement économique du pays.

 

Yvonne Eloundou: Je ne saurais clore ce débat sans évoquer nombres de visas délivrés mais, également l’accueil. Est-ce que vous êtes conscients que dans vos ambassades, l’accueil n’est pas bon.

Christine Robichon: On nous dit le blanc et le noir. Cela dépend de l’interlocuteur. Certaines personnes se plaignent, d’autres s’en félicitent. Je vous rapporte les témoignages que je reçois. Nous faisons des efforts. Nous avons des projets d’aménagement de nos locaux. Je parle des sections de visas à Yaoundé et à Douala. Elles ne sont pas ce que nous pouvons avoir de mieux et nous faisons aussi beaucoup d’efforts, nous apportons beaucoup de vigilance aux comportements de nos employés. Quand ce sont des cas compliqués pour éviter qu’il y ait des situations, le chef de la section des visas reçoit personnellement. Les efforts sont là. La situation s’améliorera lorsqu’on aura fait des travaux.

Samuela Isopi: C’est vraiment intéressant de savoir ce que les gens disent. Du côté italien, depuis mon arrivée, on a même changé le siège de l’ambassade pour avoir des locaux plus appropriés et pour avoir une section visas. 

 

Yvonne Eloundou: Il s’agit de la courtoisie. Lorsque quelqu’un vient à l’ambassade pour demander un visa, la manière de le recevoir, c’est la suspicion. On vous traite comme des immigrés clandestins.

Samuela Isopi: Je peux vous dire non. Nous avons une agence, nous avons aussi forcé des agences à Douala et à Yaoundé, à déménager pour avoir des structures que nous avons en commun avec les Espagnols où il y a des Africains qui travaillent. Mais, on n’a jamais reçu de plainte. On ne doit pas confondre courtoisie et la décision finale sur le visa. C’est important le rôle des médias qu’il n’y a pas de barrière, il faut avoir des bons dossiers et des dossiers solides. Il y a des règles madame. Nous avons effectivement une agence qui reçoit le public. Mais, il y a des horaires qui sont publiées sur les sites ou sur internet. Mais, moi je reçois beaucoup de communication.

Christine Robichon: Nous apportons des formations à des personnes que nous employons pour faire ce travail. Nous insistons auprès des chefs de section de visas pour qu’ils soient vigilants, ils le sont. Et ce qu’ils disent, c’est que beaucoup de personnes confondent la courtoisie et le résultat final. Surtout, beaucoup de personnes vivent mal et psychologiquement, on peut le comprendre. Qu’on soit dans l’obligation qui impose le droit de leur demander de justifier certaines choses, qu’on vérifie leur salaire. Ce n’est pas agréable mais, c’est comme cela. Les personnes qui demandent un visa doivent produire un certain nombre de choses. Ce qui est exigé par les textes pour obtenir ce visa. Je comprends que c’est un phénomène qui est plus ou moins mal vécu. J’ajouterai aussi que, l’une des grosses difficultés que nous avons, c'est qu'il y a des personnes qui viennent demander le visa en présentant de faux documents. Et souvent, elles ne sont pas très à l’aise parce que psychologiquement, elles ont peur de se faire prendre. Vous voyez! Ce sont des observations factuelles. Nous accordons des visas à 70% à ceux qui nous les demandent, compte tenu des documents qu’on nous présente et des lois à observer. Là, la moitié des personnes qui nous présentent des faux documents auraient pu nous présenter les vrais documents. Mais, ces personnes se laissent abuser par des intermédiaires qui leur vendent des faux documents. Ce qui fait que, nous leur refusions les visas alors qu’elles auraient pu en bénéficier si elles avaient expliqué leur situation en disant la vérité. 

Christian Meerschman: Nous délivrons 5 000 visas par an et nous donnons la priorité aux étudiants et qui réussissent d’ailleurs très bien. Ce qui nous fait plaisir. Et là aussi, ceux à qui on refuse, c’est pour des faux diplômes et il y a une personne spécialement de L’UE qui vérifie systématiquement tous les diplômes et les actes d’états civils. Du point de vue de la courtoisie, je crois que nous n’avons pas de problème. Nous avons un agent belge qui est dans la salle de visa, derrière les guichets. Donc en principe, nous sommes au courant du moindre incident.

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